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La Visitation… un couvent dans le vent

Le Couvent de la Visitation, dans le quartier de l’Hommelet, attendait une nouvelle vie depuis plus de 10 ans. Après le succès de la guiguette estivale et de l’exposition collaborative d’art urbain et contemporain, le Couvent s’est mis en hibernation… réveil prévu, après quelques mois de travaux vers juin 2022. Le lieu deviendra à partir de l’été 2022 un lieu de vie avec une halle gourmande, des rendez-vous festifs, une brasserie, et accueillera des commerces (tatoueurs, fripiers et boutiques éphémères)… Un lieu alternatif, « habité », que l’on est impatient de revoir bouillonner. Le Couvent se situe à Roubaix, près du canal au 128 boulevard de Strasbourg. Facebook Le Couvent – Roubaix Dame Castagne Les lieux comme les personnes sont très souvent chargés d’histoires. Celles du Couvent de la Visitation et de sa directrice artistique, Julie Antoine, n’étaient pas forcément vouées à se croiser, mais le hasard (ou tout autre choses, chacun jugera…) en a décidé autrement. Rencontre avec celle qui veut redonner une âme à ce bâtiment longtemps abandonnée… Issue d’une famille ouvrière, d’origine gitane, enfant turbulent, Julie a connu les « année galères« . Mais ses parents lui ont aussi permis de vivre très tôt ce qu’elle appelle « la Grande vie« , en accédant aux arts, à la culture, au sport… Depuis le sud de la France où elle est née, en passant pas Bruxelles, Genève, Verviers… Julie s’est joué des frontières : géographiques et sociales, économiques et culturelles. La voici posée à Roubaix : « ma ville idéale, mélange de Berlin, Liège et Marseille. » Maman célibataire très jeune (elle a désormais 4 enfants), cette ancienne boxeuse, ayant flirté parfois à l’adolescence avec la délinquance, a gagné son surnom de « Dame Castagne« . Elle se bat aujourd’hui pour ses projets roubaisiens : mélanger les populations, créer des passerelles entre les habitants du quartier aux origines multiples mais en partageant la même fierté roubaisienne. J’aime les bizarres, les tordus, les écorchés… Elle est aussi à la tête d’un studio créatif baptisé « VULGARITE NOBLE ». Mais qu’est-ce que la noblesse, selon elle ? Sans hésitation : « L’intégrité« . Et la vulgarité ? Éclat de rire : « MOI ! Mais attention : vulgaire vient du latin « vulgus », qui signifie « peuple »… cela n’a rien de péjoratif ! Et puis j’assume : j’aime les bizarres, les tordus, les écorchés…«  En sortant du Couvent elle nous montre la maison actuelle des Sœurs de la Visitation : « Elles habitent en face… je les adore ! Elles sont entièrement dévouées aux pauvres et aux malades. au sein de l’Eglise, ce sont des rebelles, indépendantes… ». Julie Antoine qui prend la relève de ces sœurs au Couvent : heureux hasard ?  

Fanny Bouyagui, un point c’est tout

Cheville ouvrière d’ArtPointM depuis le début des années 1990, Fanny Bouyagui traverse les disciplines artistiques avec aisance et ne se laisse pas enfermer dans une case. Du défilé de mode au spectacle multimédias, en passant par le Vjing, la céramique ou la direction artistique d’événements d’envergure comme le NAME, festival de musique électronique ou encore la Braderie de l’Art dont c’est la 30e édition cette année, elle abreuve de sa créativité le paysage culturel de la métropole lilloise et bien plus loin encore. Pour Alternatif, Fanny Bouyagui se prête au jeu du portrait chinois et nous livre un aperçu de sa personnalité plurielle et hors normes. Si vous étiez…  Un platTous les plats du chef Simone Zanoni, chef italien extraordinaire que j’ai suivi en vidéo quasiment tous les jours pendant le premier confinement. Une couleurNOIR – Noir, c’est noir. Une matièreLA PEAU – ça veut dire plein de choses : toucher, contact, odeur, câlin, tattoo… Un lieuLE BERGHAIN A BERLIN – un club techno mythique, un espace de liberté. Les plus grands artistes s’y produisent. Le club a été reconnu « lieu culturel » par les autorités allemandes. On attend la même chose pour les clubs en France. Un tatouageUN TATOUAGE RATÉ – J’adore les tatouages ratés parce que c’est drôle et émouvant… Un vêtementAVEC UN BEAU SAC ET DES BELLES CHAUSSURES TU ES STYLÉ – du coup, le reste importe peu. Un animalL’ÉLÉPHANT – parce qu’il est en voie d’extinction et qu’il faut le protéger. Parce qu’il est Ganesh, dieu de la sagesse, de l’éducation et de l’intelligence. Une danseAU REX CLUB SUR DE L’ÉLECTRO – c’est le temple techno à Paris, immanquable. Une boissonVIN ROUGE, aujourd’hui ce serait les vins natures ou en biodynamie. Une saisonL’AUTOMNE – parce que j’aime les intersaisons. Un jour de la semaineDIMANCHE MATIN EN AFTER – no comment. Une œuvre d’artLES INSTALLATIONS DE BOLTANSKI – un artiste majeur malheureusement disparu depuis peu. Un événement cultuelLE NAME, évidemment. Un souvenir d’enfanceLes rendez-vous des copains africains de mon père le dimanche à la maison. Un pur bonheur. Une chanson sous la doucheJE CHANTE PAS SOUS LA DOUCHE – en vrai je préfère les bains. Je sais, c’est pas écolo. labraderiedelart.com artpointm.com

Dép’Art urbain annoncé !

Vingt artistes ont été invités à venir s’exprimer sur les murs des coursives du parking de la gare de Roubaix. Avec le projet Dép’Art Urbain, une nouveau parcours à vivre, à voir et à photographier est né. Laissez-vous embarquer. « C’est bien souvent ici qu’on arrive à Roubaix, que ce soit en train, en métro ou en voiture, expose Loïc Trinel, directeur de l’Office de Tourisme. Quel meilleur endroit que le Parking Gare pour commencer son exploration du street art roubaisien ? » L’art urbain ou street art, qui colore nos villes et embellit nos vies à coup de bombes et de poésie, connaît un intérêt croissant, a fortiori quand les musées doivent garder leurs portes closes. Roubaix, fer de lance des cultures urbaines, est devenue une destination tendance pour ces parcours street art. Une galerie « à ciel ouvert » ou l’art déconfiné Le site du parking de la gare devient musée, galerie… les coursives se font cimaises, jusqu’au roof-top et son sublime point de vue sur la ville. Les vingt artistes sélectionnés avec une parité hommes/femmes, nationaux/locaux, stars absolues/talents émergents (Kelu Abstract, Ouroboros, Miss Tic, Lady Alezia, Moogli, Carole B, Jimmy C, Soco…) témoignent dans leur pratique de la diversité de l’art urbain… C’est l’immense Jef Aérosol qui a lancé les « hostilités » début avril. > Accès gratuit par l’entrée Place de la Gare ou 33 rue de l’Alma, du lundi au vendredi de 7h30 à 19h30, le samedi de 12h à 19h. Fermé le dimanche. roubaixtourisme.com Ce projet est un partenariat Roubaix Tourisme – Ville de Roubaix – Ville Renouvelée. Dép’Art Urbain fait partie des destinations proposées du Guide du street art Lille Métropole, publié par Gallimard aux éditions Alternatives, en partenariat avec l’Agence d’attractivité Hello Lille, avec la participation de l’Office de Tourisme de Roubaix. 144 pages, 8 itinéraires, dont 3 roubaisiens.

Luc Hossepied, plus petit galeriste du monde… ou presque

Ancien journaliste, il a crée La Plus Petite Galerie du Monde (ou presque) il y a 26 ans à Roubaix. Entre exposer les faits ou l’art sous toutes ses formes, il n’y a qu’un pas… OU une fenêtre ! Fenêtre OU cimaise ?La fenêtre. Mettre l’art aux fenêtres c’est lui offrir une ouverture à tous sur la rue. Il devient en quelque sorte médiateur. Mais la cimaise aussi, car l’artiste a besoin d’un cocon. Peinture OU céramique ?Les deux sont complémentaires, présenter deux artistes en complémentarité permet d’enrichir le regard du visiteur. Rue des Arts OU arts de rue ?L’art de la rue plutôt. Modestement, je crois que ça a changé quelque chose rue des Arts. Ça adoucit la vie, ça adoucit la ville. Ça permet de faire se rencontrer les gens, ça crée de la complicité entre voisin. Entrevues OU entre vous ?Pas d’entre-soi en tout cas ! J’y suis complétement opposé. Plume OU micro ?Le micro ! Parce que j’aime provoquer, faire rire tout en étant sérieux. Mais la plume, c’est l’émotion… Quoi qu’il en soit, être journaliste c’est être honnête. Portrait OU paysage ?Plutôt portrait parce que les gens ! Derrière chaque personne, il y a une histoire, une aventure. Mais un paysage peut ouvrir une fenêtre sur ce qu’on avait pas vu et provoquer un changement de regard. J’aime être dérangé par un artiste qui va m’offrir un nouveau point de vue et m’interroger. Photo OU cliché ?Il faut se battre contre les clichés, donc photo. Roubaix OU les blés ?Roubaix parce que c’est une ville attachante. Ici, ce n’est pas calme, ça va vite. Roubaix, ce sont les possibles ! Et du blé pour tous les Roubaisiens ce serait bien aussi ! Dare-dare OU d’art ?Dare-dare bien sûr, faut que ça aille vite, que ce soit intelligent. D’ailleurs, on peut tout dire en peu de temps… © Anaïs Gadeau Le Plus Petite Galerie du Monde (ou presque)69 rue des Arts – RoubaixVernissage de 11h30 à 12h et ouverture jusque 18h chque premier dimanche du mois.Permanences tous les samedi après-midi de 15h à 18h sur RDVTél. : 06 15 79 18 25 lapluspetitegalerie.fr Page Facebook Instagram

Vianney présente… L’alternateur !

Quand on bosse au magazine Alternatif et qu’un nouveau lieu appelé L’Alternateur débarque littéralement à 20 mètres des bureaux, on ne peut que se rendre sur place ! L’occasion de faire connaissance avec un des locataires de cet espace de vie dédié à l’art en général : Vianney Daltes. Il nous a ouvert les portes pour nous présenter le lieu, son travail et certains de ses collègues. Qui est Vianney ? On pourrait croire que Vianney Daltes est un nouveau venu dans le paysage de l’art urbain de Roubaix. Pourtant, une simple discussion aves ses confrères et lui suffit pour se rendre compte qu’il est un acteur incontournable – et même l’archiviste principal ! – de ces 20 dernières années d’explosion du graffiti dans la 2e ville des Hauts-de-France. Vidéaste et animateur d’initiation au graff à ses heures perdues, Vianney collabore depuis des années avec les collectifs Renart, Dr Colors, Mikostic et JonOne en tant que « couteau-suisse » ou « Mc Gyver attitré » de ces acteurs incontournables du street art ! © Anaïs Gadeau © Simon Séreuse Vianney ❤ RBX Après plusieurs années dans l’ombre, il sort du bois ces derniers temps avec deux faits d’armes principaux : Une inondation sauvage de peinture « I LOVE ROUBAIX » à côté de l’Office de tourisme de cette même ville : « C’était pendant le confinement, la peinture me manquait, j’ai agi sur un coup de tête et ça m’a pris deux jours de travail ! Au déconfinement, beaucoup de passants se prenaient en photo devant, j’ai ensuite été contacté par l’Office de tourisme. » un partenariat avec l’entreprise Jules, dont les 50m² de murs de l’entrée sont maintenant recouverts de ces stickers, une ligne de t-shirt et 60.000 tote bags ont aussi été crées, comme pour rappeler le lien entre Roubaix et cette entreprise fleuron du textile. Une réalisation qui a demandé plus de six mois de travail. L’Alternateur… un Eldorado Depuis quelques mois, il a intégré LE nouvel Eldorado des artistes de tous bords de la métropole lilloise : L’Alternateur ! A l’intérieur : une trentaine d’ateliers et autant d’artistes aux univers différents : culture urbaine certes, mais pas seulement : céramique, couture, savonnerie, peinture, architecture, art moderne, photographie, tatoueur. Coucou Benjamin Kluk ! Vous l’avez découvert dans le dernier Alternatif – lui aussi a emménagé ici. En plus de ce casting de qualité, c’est le lieu en lui-même qui a tapé dans l’œil de Vianney : l’architecture art déco, la vue imprenable sur l’hôtel de ville de Roubaix, la lumière… A L’Alternateur, la créativité déborde dans chaque recoin : l’atelier de Vianney n’est pas très grand, mais la porte est souvent ouverte et les rencontres avec ses collègues Resco, Roobey, Cholé Kowalka ou Benjamin Kluk sont fréquentes. Sans oublier Camille, la coordinatrice, indispensable pour gérer ce lieu et cette synergie. L’Alternateur6, rue de l’hôtel de ville – RoubaixTél. : 03 61 05 56 39 Page Facebook L’Alternateur Hommage à Salah A ajouter au palmarès de Vianney : la réalisation d’un portrait géant hommage à Salah, véritable figure locale et tenancier du café du même nom, décédé en 2019. Vianney raconte : « C’était une grosse opération de graff dans le quartier de l’Union (entre Roubaix et Tourcoing) par Renart et Des Friches et Des Lettres. Au départ je venais juste pour filmer mais j’ai eu envie de peindre ! Je me suis glissé entre deux œuvres pour réaliser cette fresque hommage à Salah, en accord avec la famille. Moi qui suis habitué aux lettre, c’est mon premier portrait. Le café « Chez Salah », c’était mon terrain de jeu d’enfance.« 

Aequo, Egaux no ego

Depuis 2018, Tim Defleur et Arthur Lenglin créent ensemble, l’esprit ouvert et les pieds ancrés dans le sol, celui de la région qu’ils aiment, la nôtre. Pour profiter de la dynamique Design qui pointait à l’horizon 2020, les deux compères issus de l’ISD, Institut Supérieur de Design de Valenciennes, ont lancé une maison d’édition, aujourd’hui revendiquée comme studio de création, au nom évocateur. « Aequo parce que patrons, ouvriers… nous sommes tous égaux », scandent-ils en chœur. L’humain avant tout, tel est leur credo. Dans leur atelier-boutique de Maisons de Modes à Roubaix, qu’ils ont investi en 2020, deux imprimantes 3D tournent à plein régime, tandis que la machine à broder marque des bleus de travail d’un motif de fil rouge symbolisant la brique. Ici, on peut découvrir les pièces fétiches de leur première collection, résolument « territoriale ». Coups de cœur pour le soliflore terril, l’usine bougeoir/serre-livres (née lors d’une Braderie de l’Art), mais aussi pour les nouvelles pièces qui mettent le design à la portée de tous. Mention spéciale à Beer & Add’on, système ingénieux imprimé en 3D qui transforme n’importe quelle bouteille de bière en soliflore. C’est joli, intelligent, utile, éco-conçu et local. Du design comme on l’aime. Photos : @sloftmagazine et @aurelienbacquet le photographe aequo.design AEQUO : LE PORTRAIT CHTInois Ils sont profondément ancrés dans le territoire nordiste et le revendiquent haut et fort. Tim Defleur et Arthur Lenglin, designers co-fondateurs du studio de création Aequo se prêtent au jeu du portrait chinois à la sauce locale. crédit photo : ©Aequo Si vous étiez… Une année 2020, avec un objectif fixé : faire partie de l’aventure Lille Capitale Mondiale du Design… Un métier Designer, le nôtre. Ou ouvrier. Trop peu valorisé alors qu’il fabrique, produit, certes avec des machines ou en appuyant sur des boutons, mais avec un véritable savoir-faire. Un objet du quotidien La cafetière italienne qui tourne en boucle. Une invention L’imprimante 3D, qui nous sert à imprimer les modules de Beer & Add’on Un vêtement Le bleu de travail. L’uniforme de l’ouvrier devenu le nôtre, que nous nous amusons à broder avec des motifs ou à transformer en coussin par exemple. Une région Le Nord bien sûr ! C’est la région qui nous inspire, des falaises de la côte d’Opale aux terrils du bassin minier, une promenade dans la forêt de Mormal puis un apéro dans le Vieux-Lille… Un lieu La Cité des Electriciens, une cité minière réhabilitée en centre culturel, qui nous à fait confiance pour notre premier projet d’agence de design. Nous y avons posé nos valises, rencontré les habitants et travaillé avec eux pour concevoir une exposition sur le lien entre design et territoire. Un architecte ou un artiste L’architecte Gabriel Pagnerre, originaire de la région, qui nous inspire par ses architectures Art déco récurrentes autour de Lille. Une matière La brique, symbole de notre région. Elle nous inspire au quotidien, nous la travaillons et réinventons les usages de ce matériau. Une couleur Le bleu ! C’est la couleur de notre logo, de notre bleu de travail. Elle représente pour nous l’humain, la vie et la créativité. Une boisson/un plat La bière ! Une triple de préférence 😉 Le welsh (mais sans jambon :/) Un fromage Le Maroilles en référence au plateau-paysage en pierre bleue réalisée avec le marbrier Sansone. Un musée La Piscine, près de laquelle nous avons notre atelier-boutique. Avec la proximité de ce musée, nous bénéficions du contact avec notre public, qui partage avec nous l’amour du patrimoine et comprend notre démarche. Un paysage Le Boulonnais. Une ville Roubaix, une ville éclectique et créative, super inspirante !!

Pickles* design

De Limoges à Roubaix… en passant par le grenier Elle sont piquantes mais n’ont rien de cornichons, mettent du piment sur nos tables, mais en douceur. Virginie Wauters est graphiste/architecte d’intérieur et Axelle Brétignière peintre/décorateur/professeure d’arts-appliqués. De leur rencontre est née une belle amitié et l’envie de faire ensemble. Amoureuses des belles choses et sensibles à l’impact environnemental des process de fabrication, elles ont décidé de jouer les up-cycleuses et ont créé Pickles design. Leur idée ? Sortir la vaisselle de mamie du placard et lui donner une seconde vie à coup de créativité, aux Ateliers Jouret. La porcelaine chinée, porteuse d’histoires et d’émotions familiales, se pare de jolies couleurs tendances ; la peinture ose le pari des formes géométriques ou de la transparence, matche en recto-verso, en négatif-positif. Et vice-versa. Entre élégance passée et décalage assumé, nostalgie et modernité, chaque pièce vintage revisitée devient une création unique. Les arts de la table se font ludiques, esthétiques, mais aussi pratiques. Assiettes et tasses finement parées sont passées au four à très haute température, pour résister au quotidien et au lave-vaisselle. Irrésistibles. *Conserves au vinaigre ou en saumure Photo : Anaïs Gadeau legrandbassin.fr ateliersjouret.fr FB : Pickles_design

KNGB Création, L’art et la lumière

Natacha Kopec et Gary Berche, créateurs de KNGB, marque de luminaires chic, design et artisanale, concentrent un savoir-faire digne des maisons de haute couture françaises. Perfectionnistes et esthètes, ils prennent le temps de peaufiner un premier lampadaire en 2015, point de départ d’une collection aujourd’hui composée de cinq modèles iconiques, personnalisables. Rencontre avec un couple de designers aussi talentueux qu’attachant. Natacha et Gary sont tous deux originaires du Pas-de-Calais. Ils ont été formés à l’Ésaat (voir encadré), école nationale publique de design à Roubaix, avant de rejoindre l’Académie des Beaux-Arts de Brera à Milan. C’est en Italie que les deux esthètes se rencontrent pour la première fois, qu’ils tombent littéralement d’amour et qu’ils commencent l’aventure KNGB.   Une romance à l’italienne « On suivait notre formation dans le quartier de Brera, réputé pour son double ancrage design & mode. On a été bercé par ces deux cultures. Un stage chez Poliform (entreprise artisanale italienne, leader du mobilier et du design) nous a fait découvrir la finesse et la précision du travail des artisans, les techniques d’assemblage des matières, le mélange du design et des tissus… », explique Gary. En 2015, après avoir remporté le concours des auto-producteurs à Milan, ils sont invités à participer à la Design Week où ils présentent pour la première fois leur lampadaire qui marque l’ADN de KNGB. A savoir un parfait équilibre des matières entre le bois tourné, le métal, le cuir et le tissu diffusant blanc sur la partie éclairante.   Une gamme haute couture Installée depuis septembre 2018 au Vestiaire à Roubaix et labellisée Maisons de Mode, la marque KNGB, qui vient d’ailleurs de remporter cette année le Grand Prix Maisons de Mode Lille-Roubaix catégorie accessoires/lifestyle, n’a cessé d’évoluer. Ses créateurs ont développé leur réseau d’artisans pour la fourniture de bois, chêne, noyer tourné et de cuir. Natacha confectionne à la main la fabrication des abat-jours, l’assemblage du tissu fourni exclusivement par la maison CASAMANCE® basée à Willems dans le Nord. Entre la flanelle et les tweeds magnifiques, les deux designers ont la possibilité de proposer une gamme haute couture de tissus.Aujourd’hui, leur collection s’axe autour de 5 modèles (la potence murale, le lampadaire, la lampe à poser, l’applique et la suspension) que chacun peut personnaliser en choisissant sa finition bois, tissu, cuir et même câble électrique. Des créations composées en intégralité à Roubaix et qui s’affichent aujourd’hui dans les grands hôtels et chez les particuliers partout en France et à l’étranger. La 5e participation de KNGB au salon international Maison&Objet à Paris est devenu LE rendez-vous vente de leur collection. Un hôtel by KNGB Gary et Natacha ont été sollicités pour la direction artistique de l’hôtel Bercail à Wambrechies, inscrit dans un concept Ecospace. La décoration et la création de la ligne de mobilier sur mesure des 48 chambres, ainsi que celles du restaurant leur ont été confiées.« C’est une chance d’avoir été choisis pour imaginer, dessiner, concevoir les éléments intérieur de cet hôtel restaurant : bar, accueil, mobilier, espace cosy, rooftop, chambres, suites, salles de bain et salles de réunion n’ont plus de secret pour nous. On a beaucoup appris et on apprend encore chaque jour. C’est une nouvelle carte créative qui s’est ouverte pour l’agence KNGB ! » L’essentiel » est notre dernière création lumineuse, 100% recyclée. Pour créer les platines de nos suspensions, nous utilisons une fraiseuse numérique qui sort d’un côté des ronds que nous utilisons, et de l’autre, des plaques carrées de bois évidées dont on ne savait que faire. Depuis peu, on s’est appuyé sur ces chutes de bois et sur celles de cuir et de feutrine pour créer un modèle alternatif. kngb-creation.com L’Ésaat, un établissement public unique dans la région Née en 1989, l’École Supérieure des Arts Appliqués et du Textile de Roubaix est héritière de l’École Nationale des Arts Industriels créée 100 ans plus tôt. L’Ésaat est donc une école de création artistique appliquée s’inscrivant dans une longue tradition, mais dont l’enseignement actuel repose bien sur les réalités économiques et les contraintes du design d’aujourd’hui. Elle offre à ses élèves et ses étudiants des formations qui couvrent tous les champs du design, de la communication visuelle et du cinéma d’animation. esaat-roubaix.com

Elisa Uberti, L’art en douce

Rencontre sous la verrière des Ateliers Jouret avec la jolie brindille Elisa Uberti. La petite fée du grès s’est pliée avec espièglerie au jeu du portrait chinois. Morceaux choisis. Si vous étiez une forme ? Je ne serais pas une forme géométrique bien définie, mais plutôt une forme organique, avec des courbes féminines et réconfortantes, à l’image de mes céramiques. Un nombre ? Le 22. C’est la date de naissance de ma fille, la mienne, celle de son père… et celui qui ressort quand on additionne tous les chiffres de la date de naissance de mon fils. Mon atelier est aussi le n°22. (NDLR : l’entrevue a lieu un… 22) Un paysage ? L’océan Atlantique pour le côté sauvage, un paysage de forêt ou de montagne. Bref la nature, de préférence avec de vastes horizons. Un tatouage ? Le prochain. Peut-être un nouveau tatouage de Lia November, que j’aime beaucoup. Un personnage avec un léopard et des fleurs, ce n’est pas encore bien défini. Ou un tatouage en rapport avec mon travail, mais je ne pas encore quoi.  Une émotion ? Une émotion positive, l’enthousiasme, l’envie de faire ! Une couleur ? Les couleurs neutres et plutôt naturelles comme les beiges, les nudes, les ivoires ou les noirs ? J’utilisais déjà beaucoup ces teintes quand j’étais styliste. Un vêtement ? Un pantalon d’homme à pinces, porté par une femme. J’aime bien les ambiguïtés. Ou alors un vêtement de travail, un tablier ou une biaude***. En tout cas un vêtement ayant vécu, pas un vêtement neuf.  Un lieu à Roubaix ? Les Ateliers Jouret, où je travaille entourée d’une belle famille d’artistes et d’artisans. Le quartier de l’Epeule où j’habite et le Non-Lieu, un endroit atypique qui a gardé son âme d’ancienne usine textile. Une matière ? Si je m’en réfère à mon travail, je serais le grès, une terre argileuse que je cuis à basse ou haute température selon l’effet désiré. Je l’aime pour son aspect brut, très primitif. D’une façon générale, j’aime les matériaux qui me rapprochent de la nature, comme le bois et l’osier. Un outil ? Mes mains. Je me dis souvent que si je ne les avais plus ce serait une catastrophe. Même si j’utilise une estèque* pour finaliser mes œuvres, ce qui m’intéresse le plus dans la technique du colombin**, c’est que je n’ai besoin de rien d’autre… que de mes mains. Un animal ? Un petit oiseau, pour la liberté de voler et celle de regarder le monde de loin avec de la hauteur.   Un créateur ? Xavier Corberó, sculpteur catalan, connu pour ses arches monumentales, ou les architectes Jean-Louis Chanéac et Antti Lovag connus pour leurs habitats bulles. Tous des créateurs utopistes, avec des idées folles et des rêves d’enfants.  Une période de l’histoire ? Les années 70, pour le côté « on va refaire le monde », utopiste, hippie.  Un parfum ? Un parfum à porter, ce serait plutôt un parfum mixte. Sinon les odeurs du printemps, l’odeur des fleurs ou de l’herbe fraîchement coupée.  Une fleur ? Une pivoine, une renoncule ou un freesia… du moment que la fleur est blanche.  *Outil de bois ou de métal dont le potier de terre se sert pour terminer ses ébauches. **Boudin de pâte molle servant à façonner des céramiques sans utiliser le tour. ***Blouse de paysan. Facebook Elisa Uberti ateliersjouret.fr