Auteur/autrice : Sylvain Genel

About a Worker

Kim Hou et Paul Boulenger, créateurs d’About a Worker ont choisi Roubaix pour y installer leur atelier de fabrication textile en février 2024. Une longue histoire qui a commencé en 2017 au moment de la création de leur entreprise à Paris. Avec pour moteur et constante, la fidélité à un modèle économique responsable et humain assez unique. Un combo éthique et agile L’atelier installé rue du Vieil Abreuvoir à Roubaix raconte beaucoup de l’ADN d’About a Worker. Paul partage son temps entre le studio design orchestré par son associée Kim situé à Paris et la production dans le Nord. Son chef d’équipe Phuong, coordinateur des 3 couturiers roubaisiens, est fier de nous parler de la commande en cours pour un grand groupe de luxe français. Il précise, « à partir de leurs chutes de tissus couture, on va fabriquer 3 000 pochettes, futurs cadeaux pour les salariés en interne et pour leurs partenaires. » Ailleurs dans l’atelier, des rebus de dentelle de Calais seront bientôt recyclés en sacoches, bobs ou encore chouchous pour la boutique du musée. Pour La Piscine à Roubaix, la transformation de bâches en PVC fera naître des sacs originaux uniques. « On travaille pour de nombreux clients, des grands groupes mais aussi des structures engagées comme le studio de design roubaisien U-Exist, spécialisé dans la personnalisation des prothèses », précise Paul. Des aventures humaines uniques En parallèle d’une production sur commande, About a Worker se démarque depuis sa création, avec des actions de design collaboratif hors sentiers battus, basées sur la participation et l’adhésion de personnes en marge. Ainsi, leur première collection textile est élaborée par quatre talents issus du chantier d’insertion Mode Estime à Saint-Denis. Une autre avec des femmes emprisonnées se réalisera lors de la Biennale de Venise en 2018. Les expériences se multiplient, elles sont riches et valorisantes. Cependant, Kim et Paul se rendent compte que le modèle économique est défaillant. Ils revoient leur copie et l’adaptent pour se positionner en tant que partenaire d’entreprise, d’association… pour proposer des prestations de réflexion et de création autour du textile, avec des personnes qu’on a peu l’habitude de solliciter et qui en ont toute la légitimité. « La chaire de l’école d’architecture de Lille qui travaille depuis trois ans sur la réhabilitation des habitats miniers nous a contactés. Ensemble, et avec la participation active des locataires des maisons, on a cherché et testé des solutions pour créer des rideaux/parois à partir de matériaux recyclés thermiques pour optimiser l’isolation des portes et des fenêtres. » Au fil des rencontres En 2018, l’invitation à participer à l’événement Anti-Fashion – programme de mentoring destiné à accompagner un public éloigné de la formation et de l’emploi vers les métiers de la mode – à l’ENSAIT, a provoqué la première venue de Paul et de Kim dans la cité nordiste. Les rencontres s’y sont nouées, notamment avec la Responsable Partenariats Créateurs de La Redoute qui leur passera commande d’une mini collection en collaboration avec les ouvriers du centre logistique Quai 30 à Wattrelos. Plus tard, les Parisiens cherchent un atelier inclusif pour produire la ligne de vêtements WRKR et choisissent l’atelier inclusif de confection textile Résilience à Roubaix. Ils y rencontrent Phuong qui deviendra en 2024 le chef de leur propre atelier. La boucle est bouclée, les Parisiens sont devenus en partie Roubaisiens. About a Workeraboutaworker.com

Ismaël Jamaleddine, directeur de La Condition Publique Itinéraire d’un faiseur de lieux

Un parcours en mouvement, celui d’Ismaël Jamaleddine. Né en banlieue parisienne, il débute son chemin dans des squats. Il se développe ensuite au sein d’une compagnie vocale et instrumentale. Aujourd’hui, il trouve un nouveau souffle à La Condition Publique, un lieu hybride et sans frontières, situé au cœur du quartier du Pile à Roubaix. Depuis sa prise de fonction en septembre 2024, il impulse une dynamique renouvelée à ce lieu unique, porteur d’une vision ambitieuse et résolument ouverte. « J’ai toujours été obsédé par les lieux. Les lieux vides, à réinvestir et à partager. » Dans sa voix, résonne une énergie et une soif de créer. C’est celle d’un homme qui n’a jamais cessé de croire en la puissance collective de l’action. Un faiseur, pas un rêveur. Ismaël Jamaleddine a grandi « serré » dans des appartements ou des maisons étroites entre le Val d’Oise et les Hauts-de-Seine. Il développe un appétit féroce pour l’espace et une conscience militante très tôt ancrée. À l’université, il choisit le droit, presque par stratégie, tout en nourrissant sa passion pour la musique. Un équilibre subtil entre la tête et les mains, qu’il explore pleinement quand, avec des camarades, ils obtiennent un deal improbable : un propriétaire privé leur cède temporairement une usine vide. Ce sera trois ans de vie collective et de création brute, à fabriquer des chambres, un bar, une salle d’escalade, une salle de concert, un studio son… « On faisait tout nous-mêmes. On s’est rendu compte que tout était possible. » Ce sens de l’organisation, du collectif, et cette capacité à fédérer le mènent quelques années plus tard à l’administration de l’orchestre La Tempête. Il y passera dix ans. « On est partis d’une petite association pour devenir une compagnie reconnue, qui tourne partout en Europe. » Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Parce qu’à côté des concerts et des dossiers de subventions, l’obsession des lieux vacants ne le quitte pas. Et un jour, une discussion autour d’un bâtiment oublié au cœur d’Argenteuil attire son oreille. Ancien musée de la ville, fermé depuis une décennie, le lieu devient le terrain d’une nouvelle aventure collective : le Musée Sauvage. Réunions ouvertes, intelligence collective, chantiers en auto-réhabilitation… En deux ans, le bâtiment reprend vie grâce à un collectif d’habitants, d’artistes et d’associations. « On a remis un lieu au service des gens, sans attendre des millions, juste en faisant. On a prouvé que c’était possible. » Aujourd’hui, c’est à Roubaix, à La Condition Publique, qu’Ismaël pose ses valises et son énergie. « Je connaissais la CP depuis longtemps. C’est un lieu qui m’a toujours fasciné par son esprit pirate, utopiste, et sa place centrale dans les dynamiques locales. » À la tête de cet établissement public de coopération culturelle (EPIC), son objectif est clair : ouvrir grand les portes. « Beaucoup s’autocensurent. Ils voient un lieu culturel, ils pensent art contemporain, ils se disent que ce n’est pas pour eux. On veut casser cette image. » Avec la fabrique (le fablab, l’atelier menuiserie, les ateliers créatifs), il mise sur l’émancipation par le Faire.  « Je veux qu’on soit un service public de la création. Que chacun comprenne que ce lieu, c’est aussi le sien. » Ce parcours est aussi celui d’un trait d’union entre deux territoires : la banlieue parisienne et le Nord. « Argenteuil et Roubaix se ressemblent. Ce sont des villes populaires, riches en ressources humaines et artistiques. Mais à Roubaix, j’ai vraiment pris une claque culturelle. » La Condition Publiquelaconditionpublique.com14 place du Général Faidherbe, 59100 Roubaix  

Broder pour ne pas oublier

Nebuleuz brode. Chez elle, le fil est un cri, un poing levé. Artiste plasticienne née à Roubaix, elle baigne dès son enfance dans un univers façonné par le travail manuel : une mère couturière, un père peintre en bâtiment. Le geste est quotidien, instinctif. Alors elle brode. Pas par passion, par nécessité pour dire ce qui ne peut rester silencieux. « Je déteste ça. C’est long, frustrant… mais c’est aussi là que je reprends le contrôle du temps. » Nebuleuz brode sur des photographies, elle y mêle la peinture. Une esthétique polymorphe pour une pensée en étoiles. C’est d’ailleurs tout le sens de son pseudo choisi à ses 15 ans. Elle refuse les cases, les techniques figées. Elle explore, bifurque, expérimente. Toujours en friction. La répétition l’ennuie, l’erreur la nourrit. « Je n’ai aucun code. Si j’avais des procédés plus ancrés, j’irais plus vite. Mais j’ai besoin d’apprendre par la difficulté. Mon travail artistique réside autant dans la production que dans le processus de recherche pour y parvenir. Chercher parfois longtemps. Et chercher seule. » « Si je devais définir mon travail, ce serait celui de quelqu’un qui n’a pas le choix. Je crée avec ce qui m’entoure, avec les médiums et les sujets qui s’imposent à moi. » Ses œuvres parlent d’invisibles : des femmes puissantes qu’on a rayées des récits, des quartiers effacés sous la gentrification. Elle travaille à partir de ce qui dérange. Et elle le montre, frontalement. Avec humour souvent. Avec rage parfois. Toujours avec sincérité. Son art est politique, mais aussi intime. Militant, mais aussi égoïste. Elle le dit sans détour : « C’est aussi un acte narcissique. » Un moyen de panser, de dire, de résister. Et surtout, de rendre visible. « Ce que je montre, c’est ce que j’aurais voulu voir. Dans les musées. Dans la rue. Dans les livres d’histoire. » Dans la rue, elle colle ses œuvres à hauteur de regard. Loin des galeries élitistes. « L’art doit descendre en bas des tours, circuler librement, casser les codes », dit-elle. Elle salue les associations comme Arts et Développement, qui montent des ateliers au pied des immeubles. Pour elle, la culture ne doit jamais être un délit d’initié. Avant d’entamer son travail artistique, Nebuleuz a eu mille vies professionnelles : elle a occupé divers rôles à la croisée des ressources humaines, de l’engagement public et de l’économie sociale et solidaire. Puis un événement personnel survient. Un coup d’arrêt. Le besoin de ralentir. De faire. À l’aube de la quarantaine, elle se tourne vers ses mains pour retrouver du sens dans cette vie à cent à l’heure.  Aujourd’hui, elle crée, mais refuse d’en vivre. Pas question de plier son art aux lois du marché. Garder sa liberté, coûte que coûte. Nebuleuz

Roubaix, sur le toit du rap

Quand on parle hip-hop, on pense souvent à Marseille, Paris ou même Bruxelles, véritables capitales du mouvement en France. Mais en parallèle de ce triangle d’or, Roubaix s’impose comme un point de départ de carrières à succès. Comment expliquer que la ville aux mille cheminées soit aussi celle aux mille possibilités ? Pour le savoir, nous sommes allés à la rencontre de deux artistes qui œuvrent à mettre leur ville sur la carte du rap. Les Roubaisiens qui ouvrent la voie Roubaix n’en est pas à son coup d’essai. Depuis plusieurs années, le nom de la ville résonne dans les textes de rappeurs de premier plan, qui revendiquent fièrement leurs racines. On pense à Gradur, sans doute le plus emblématique, disque d’or en seulement trois jours avec son album L’Homme au bob. À ZKR, dont les clips réunissent des millions de vues. Ou encore à Bekar, qui s’apprête à remplir le Zénith de Lille en octobre 2025. Pour mieux comprendre l’effervescence actuelle, nous avons rencontré deux figures locales : Dalibido, rappeur indépendant, et Heaven Sam, producteur et directeur artistique. Tous deux incarnent une génération qui croit au potentiel de la ville et à sa capacité à faire émerger des talents. « Roubaix, c’est synonyme de fierté » Dalibido est un véritable porte-étendard de l’identité roubaisienne, « Roubaix, ça peut devenir la capitale de la culture« , lance-t-il. Pour lui, le rap roubaisien est bien plus qu’un courant local : « Sans Roubaix, tu ne vas pas écouter le petit gars de Douai. Roubaix peut être le porte-drapeau de toute la région. » En évoquant sa ville, il est rempli d’espoir et de détermination. Pour lui, rien n’arrête les artistes roubaisiens, bien décidés à aller au bout de leurs projets. Ancré dans la réalité de sa ville, Dalibido insiste sur l’importance de porter haut les couleurs de Roubaix malgré les clichés, « On est fiers. Déjà parce qu’on nous confronte à notre identité de Roubaisiens. On est obligés de bomber le torse« , dit-il. Créer, transmettre, inspirer De son côté, Heaven Sam revendique un parcours hybride. Producteur, compositeur, performeur… Il compose pour des artistes, des films, des publicités, tout en montant sur scène lors de festivals. « Roubaix, pour moi, c’est une richesse. J’ai puisé beaucoup de mes inspirations ici. Mes rencontres, mes erreurs, mes exploits. » Loin de se contenter de son propre succès, il reste investi localement. « Je continue de collaborer à des projets locaux, comme le festival URBX dont je suis le parrain. » Il insiste sur une chose : transmettre. « Ce qui me motive, c’est de donner la possibilité aux autres de croire que tout est possible. Il y a des opportunités à Roubaix, et c’est important de les montrer. » Lorsqu’on lui parle des figures comme Gradur ou Bekar, Heaven Sam répond avec fierté. « C’est devenu des exemples. C’est à nous de faire perdurer cet héritage-là. Quand je dis que je viens de la même ville qu’eux, les gens captent tout de suite. » Une scène en mouvement Les deux artistes évoquent une ville en transformation, où la culture urbaine s’infiltre dans les rues, les studios, les clubs. Heaven Sam le dit clairement : « Roubaix, c’est une pépinière de talents. Il y a des choses très prometteuses. On dit souvent que c’est le nouveau New York, ici. » Il fait le lien entre scène locale et scène nationale, et voit dans les jeunes artistes d’aujourd’hui les voix de demain. Dalibido, lui, n’a pas l’intention d’attendre une validation extérieure : « Roubaix est en train de prendre une vraie place. Nos talents mangent une part du marché. On est atypiques, mais justement, c’est une force.«  Dalibido Heaven Sam

Sonia Poli, à la conquête des grands espaces

À Roubaix, l’art de Sonia Poli est omniprésent, se déployant à travers la ville de multiples façons. Ses œuvres ornent les façades, le mobilier urbain, transformant l’espace public en une galerie à ciel ouvert. Ne vous fiez pas à sa taille : ce petit bout de femme n’hésite pas à s’attaquer aux grands formats avec audace. Pour ce numéro, la rédaction a eu le plaisir de confier la 4e de couverture à l’une de ses créations. L’illustratrice s’est prêtée au jeu du portrait chinois, entre deux coups de pinceau, en toute décontraction ! Si vous étiez… Une couleur LE BLEU OUTRE-MER. Quand j’ai commencé la gravure, j’ai utilisé du bleu outre-mer plutôt que du noir, cette couleur ne m’a plus quittée. Une forme LE BLEU OUTRE-MER. Quand j’ai commencé la gravure, j’ai utilisé du bleu outre-mer plutôt que du noir, cette couleur ne m’a plus quittée. Une matière LE PAPIER. C’est ma matière première. Elle définit l’illustration et non l’inverse. Le papier fait partie intégrante de mon processus de travail. J’essaie de ne pas gaspiller, chaque chute est soigneusement triée pour ensuite refaire du papier. Un ustensile UNE GOUGE pour graver les plaques. Je pratique la gravure sur linoléum et sur gomme. Un souvenir d’été LES VACANCES EN CORSE AVEC MON FRÈRE. En arrière-saison, les touristes étaient partis, le temps était magnifique, c’était parfait. Un bruit LE VENT DANS LES FEUILLES. À mon sens, il n’y a rien de plus apaisant que de s’allonger dans l’herbe et prendre le temps d’écouter le vent chanter dans les feuilles. Un parfum LE CHÈVREFEUILLE, très présent dans mon jardin. Un lieu LE LAC DES CERCES. Très beau lac de plateau à Valloire, une randonnée magnifique ! Un animal UNE MÉSANGE. Il y a un couple de mésanges installé dans mon jardin depuis des années, ils reviennent chaque hiver et c’est toujours un plaisir de les voir s’activer depuis la fenêtre. Un péché-mignon LE CHOCOLAT. Une mauvaise habitude DORMIR AVEC MES CHAUSSETTES. Une maison de vacances N’IMPORTE OÙ DANS UN LIEU CALME. Un personnage de fiction JO DANS “LES QUATRE FILLES DU DOCTEUR MARCH”. Féministe et engagée, elle m’a montré, très jeune, que l’on pouvait prendre le contrôle de notre vie. Elle a été ma première grande inspiration. Un projet, un rêve PEINDRE UN MUR AVEC LE COLLECTIF PALM parce que leurs projets sont canons.

Where is Pipin ?

In the kitchen ! C’est effectivement dans sa cuisine que vous trouverez Pipin le plus clair de ses journées. Mais pas dans n’importe quelle cuisine ! Une cuisine nichée dans une ancienne chapelle, rue Saint-Jean. C’est dans cette pièce qu’on arrive tout de suite en entrant dans cette « chapelle loft ». Quatre petites fenêtres en forme d’alcôves donnent sur le jardin. C’est bucolique et d’un calme absolu, loin des fracas de la ville. A côté du piano de cuisson, Pipin a installé des plaques électriques amovibles pour accueillir ses élèves d’un jour. Chaque samedi, elle propose un atelier de deux heures pour confectionner un plat thaï. Réservation à l’avance conseillée ! Ce samedi, ils sont neuf à se presser autour des fourneaux, en binôme. On tranche les oignons, les champignons et les lamelles de calamar pour les faire sauter dans le wok à 1 000 degrés. Pipin donne les instructions au fur et à mesure, l’ambiance est détendue, ça cuisine et ça papote gaiement. Ici on vient découvrir l’atelier et on revient souvent ! Des binômes mères-filles – il y a même un bébé qui fait sa sieste bercé par le doux brouhaha et les bonnes odeurs qui émanent des plans de cuisson – , des collègues se retrouvent pour une leçon de « croquant croustillant » façon thaï. Pipin ne se départit jamais de son grand sourire et passe vérifier que tout se passe bien pour chacun des apprentis cuisiniers. Une heure plus tard, ça sent vraiment bon et surprise… la table est dressée dans le salon de la chapelle, baignée de lumière grâce aux magnifiques vitraux dans les tons jaunes, bleus et rouges. Le salon est également une galerie d’art, tenue par le mari de Pipin, Eric Delecourt. C’est un véritable régal pour les papilles et pour les pupilles ! Monique le promet, elle reproduira la recette chez elle. Elle est venue en voisine et habite l’autre partie de la chapelle, juste derrière le mur du salon. Tout le monde repart ravi d’avoir passé un moment suspendu dans un lieu hors du temps. La recette du jour Calamars sautés au basilic thaïKra phera pla muck thaï (en thaï) Ingrédients : 2 calamars 1 grosse courgette 6 champignons de Paris 2 gousses d’ail 1 oignon Basilic thaï frais 10 feuilles de combawa 1 piment rouge (optionnel) 1 cuillère à soupe de pâte de chili ½ poivron 5 cuillères à soupe d’huile de tournesol 2 cuillères à soupe de soja salé 2 cuillères à soupe de sauce huître 2 cuillères à café de sucre blanc   Couper la courgette en ½ lamelles de 1 cm Couper le calamar en 2 puis le ciseler délicatement en tranches de 2 cm Couper grossièrement les champignons Couper le poivron en lamelles Emincer l’ail et l’écraser Couper le piment et l’écraser Ajouter le basilic feuille par feuille Ajouter les feuilles de combava en enlevant la tige du milieu Chauffer la plaque Faire dorer l’huile, l’ail et le piment, ajouter la pâte de piment, mélanger Ajouter la sauce soja, la sauce huître Ajouter l’oignon, le poivron et les champignons puis la courgette ½ verre d’eau Ajouter enfin le basilic et la combava Pipin

Du houblon et de l’audace

Henri-Luc d’Halluin, le fondateur de la Brasserie des Lys, ne cache ni son intention ni son message : fabriquer des bières de caractère, à Roubaix, et le montrer. Cette brasserie revendique son lien au territoire, fière de s’inscrire dans la tradition brassicole locale et forte d’une ambition commerciale innovante. Fin 2024, la Brasserie des Lys reprend la Maison DB, brasserie créée en 2019 : 1 200 m² de locaux, une identité visuelle assumée et une gamme volontairement orientée « premium ». Cette reprise part d’un double coup de cœur de la part d’Henri-Luc d’Halluin, formé professionnel auprès de brasseries trappistes. D’abord pour un outil de production moderne, déjà opérationnel. Ensuite pour son emplacement : au cœur d’un bassin brassicole historique et accessible : « L’outil nous a plu. Le territoire nous a convaincus ». Le nom lui-même traduit cette logique : Lys. En 1860, les villes de Roubaix et de Tourcoing s’associent pour lancer d’importants travaux consistant à capter l’eau d’une rivière, la Lys, qui coule à une dizaine de kilomètres, et de l’acheminer jusqu’aux usines. Un lien à une histoire et à une géographie, mais pas seulement. On retrouve le lys, stylisé, sur les verres de dégustation, mais aussi la fleur de lys, la vraie, intégrée aux brassins pour une signature florale subtile. En parlant du goût, la brasserie a également une exigence : lisibilité et identité nette. La bière sera blonde, maltée et levurée. Ici pas d’« effet collection ». La gamme se lit d’un coup d’œil : la Q8 se décline en simple, double, triple et quadruple. La triple maison a d’ailleurs déjà été couronnée d’une médaille d’or au concours international de Lyon dans la catégorie bières fortes. La gamme Maison DB signe le haut de gamme premium, avec un univers graphique élégant et sérigraphié. Le site de la brasserie n’est pas qu’un site de production : c’est un lieu vivant qui participe par exemple à la Nuit des Arts, et qui accueille, chaque jeudi et vendredi dès 17h30, des afterworks en mode taproom. L’idée est même de créer des soirées thématiques roubaisiennes réunissant les professionnels des technologies de l’information ou du monde du vélo Brasserie des Lys – Maison DB et QHUITwww.brasseriedeslys.fr / www.maison-db.comInstagram : @brasseriedeslys / @maison.db

Les jolies marques engagées

Babel Brune Jeune label engagé de mobilier de fabrication française, Babel Brune dévoile ses premières pièces en 2020. Adossée à un outil productif artisanal de proximité, et fondée sur une création libre et prolixe, Babel Brune offre des pièces singulières, pour des projets d’intérieur de caractère. Son fauteuil d’inspiration seventies, décliné régulièrement grâce à sa technique exclusive du Motif placé©, s’est vite confirmé comme pièce iconique. Babel Brune Pepin Pepin rend le soin des plantes simple, ludique et agréable. L’Olla en terre cuite, conçue avec soin par des artisans potiers dans les ateliers d’Ana et Vitor au Portugal, offre une hydratation sur-mesure à chaque plante en régulant naturellement l’écoulement de l’eau. Sa céramique microporeuse permet un arrosage automatique optimal pour vos plantes d’intérieur, faisant de cet objet au design harmonieux un élément essentiel de votre décoration. Adoptez le rituel Plantcare Pepin ! Pepin Labossa Labossa, sac en catalan, est une boutique-atelier spécialisée dans la vente et le travail du cuir. Elle se distingue par sa démarche unique : les sacs sont réalisés à partir de chutes de cuir, provenant d’excès de production des grandes maroquineries italiennes, pour offrir une nouvelle vie à cette matière noble. Chaque pièce est conçue et fabriquée à la main, alliant savoir-faire artisanal et respect des ressources. Labossa Saint-Lazare Un sac à dos élégant et durable, fabriqué en France par des personnes en situation de handicap, à partir de matières issues de l’upcycling comme le caoutchouc, la toile nautique, la ceinture de sécurité, la toile d’ameublement. Ce sac illustre un savoir-faire local minutieusement travaillé. Chaque détail est conçu pour créer un produit durable et fonctionnel, ancré dans une démarche éthique. Saint Lazare Coucot Les joncs en corne Coucot allient élégance intemporelle et savoir-faire artisanal, avec des semainiers personnalisables et uniques. Fabriqués de manière éthique à partir de cornes, ils respectent l’environnement tout en célébrant votre individualité. La corne est devenue la matière phare de la Maison, cette matière naturelle est unique par ses couleurs riches et diverses. Pour une touche de féminité, des pierres fines colorées s’associent harmonieusement avec la corne, ajoutant caractère et magie à chaque pièce. Coucot

Les 6 bonnes raisons de rentrer au Couvent

Un Couvent à Roubaix ? Mais oui ! Depuis un an, ce lieu de recueillement a repris vie, très lumineux et ouvert sur l’extérieur. Et si on rentrait au Couvent ? 1/ Un lieu magique avec une belle âme « J’ai senti tout de suite le potentiel énorme du bâtiment. » explique Julie-Anne Antoine, la directrice des lieux. Véritable puits de lumière, le Couvent essaime ses « good vibes » à travers tous ses espaces, colorés et vivants. Avec une déco 100 pour cent récup’ et vintage, imaginée par Julie-Anne. Une véritable bulle, « un village au milieu de la ville. » 2/ Une équipe au top emmenée par la tonitruante Julie-Anne Antoine « L’équipe, c’est la force du projet ! » annonce Julie-Anne. Au Couvent, on travaille en famille. Julie-Anne assure la direction générale, son frère Olivier est président de l’association et directeur financier. Jules Elias, son fils, est directeur commercial. Thibaut, son mari, a créé l’identité graphique et prend en charge toute la partie logistique. Léa, 23 ans, s’occupe de toute la communication. Julie-Anne s’entoure également ponctuellement de stagiaires et de services civiques. 3/ Une cour des miracles conviviale « Ici, la mixité sociale étonne tout le monde. ». Tout le monde a sa place et se côtoie dans la bonne humeur. « Je veux continuer de proposer des choses simples mais innovantes. Le Couvent est un lieu d’expérimentation sociale et artistique. » poursuit Julie-Anne. 4/ Des boutiques et un food court Les Tatoueurs des « Mots bleus », les friperies de Vulgarité Noble, du Collectif Squadra ou encore de La Casa Vintage ont investi les lieux et croisent leurs univers. Petite info en exclusivité, le Couvent va bientôt accueillir de nouveaux points « food » grâce à un incubateur pour favoriser le développement de leurs projets. 5/ Une programmation inclusive et joyeuse Au Couvent, on ne manque pas d’humour : des rendez-vous réguliers pour le Bal des tordus, le Pace-maker Club, ou encore Les Daronnes. Les enfants sont aussi les bienvenus et ont leur Disco-Kids. 6/ Des espaces privatisables à souhait Au Couvent, tout est privatisable, modulable, sur mesure ! Pour les entreprises, les associations ou les particuliers, les différents espaces peuvent être loués pour des événements divers : anniversaire, mariage, séminaire, … Un seul contact pour construire votre projet clé en main : juleselias@lecouvent-roubaix.com Le Couvent

Hugo Delahaye : Des idées à la pelle

Mineur urbain depuis 2022 à la Ville de Roubaix, il repère les “gisements” de matières secondaires et met en relation les acteurs économiques autour, pour faciliter l’émergence de projets circulaires. Fouiller, étudier un concept, approfondir une idée, agrandir le réseau, réfléchir… OU, en un verbe, creuser ! Économie ou écologie ? L’écolonomie ! C’est un concept existant, l’écologie appliquée à la sphère économique ou comment produire de manière écologique. Local ou global ? Local, pour impacter le global. Recycler ou surcycler ? Surcycler. Parce que ça va plus loin que recycler : la matière est mise en valeur, on développe la valeur économique du produit. Cœur de métier ou métier de cœur ? Métier de cœur ! Ça me plaît beaucoup. Au-delà de l’aspect technique, c’est un métier où il faut écouter, être humain. Fil ou filon ? Le filon, pour son côté gisement, mais aussi pour ma casquette financement par les projets européens. Déchet ou ressource ? Ressource bien sûr ! Voir la matière comme une ressource, c’est la base du métier de mineur urbain. Développement ou transformation ? Les deux : on fait du développement économique en transformant le territoire pour qu’il soit plus résilient et plus écologique. Invention ou innovation ? Notre métier nous demande d’être innovant tout le temps, d’aborder les problèmes avec un œil différent. Relever le gant ou raccrocher les gants (NDLR : clin d’œil à son sport, la savate) ? Le relever, au quotidien je passe mon temps à relever des défis. Creuser ou miner ? Miner, parce qu’on creuse sa tombe, par contre, on ne la mine jamais (rires). Bibliothèque ou matériauthèque ? La matériauthèque bien sûr, je lis peu ou alors en ligne. Pelle ou pioche ? Sans hésiter, pelle ! J’adore le jardinage ! Et donc ville ou nature ? Nature, évidemment, j’aime la randonnée et la pêche, être en plein air. Je peux en suggérer une ? Ecrevisse ou perruche (NDLR : il a fait son mémoire de fin d’études sur les espèces invasives…) ? Alors ? Ecrevisse, parce que j’ADORE la pêche aux écrevisses, j’en ai même eu une de compagnie, il y a bien longtemps (rires).