Auteur/autrice : Sylvain Genel

Destination l’Alhambra

Elle nous accueille par une belle journée de mai, dans son restaurant, « Le restaurant de Miéline » avec le grand sourire et la bonne humeur qui la caractérisent. Elle, c’est Malika, plus connue sous le nom de Miéline, figure incontournable de la restauration à Roubaix. Niché en plein milieu de la rue de Lannoy, ce lieu est le premier hammam traditionnel qui a ouvert après Paris, en 1999. Il est aujourd’hui tenu par la fille des fondateurs, Mohamed et Dahvia Boubakeur. À la rédaction d’Alternatif, on aime bien tester avant de vous parler d’un endroit. Il y a pire comme expérience, nous voilà parties pour un soin au savon noir suivi d’un gommage. Authentique est l’adjectif qui revient dans toutes les bouches des clientes habituées. C’est ce qu’elles aiment dans ce lieu et c’est également ce qui me saute aux yeux. On se sent « comme à la maison », les effluves de thé à la menthe et de fleur d’oranger embaument l’entrée. Enroulée dans un peignoir et chaussée de claquettes à l’effigie du hammam, j’entre dans la salle tiède avec ma coupelle traditionnelle en cuivre. Un point d’eau rien que pour moi pour rincer le savon noir, après m’être frottée tout le corps avec le gant à la texture rugueuse. Petit passage dans la salle chaude, je m‘allonge sur un banc en marbre, et je me laisse envahir par la chaleur douce. Un ou deux allers et retours plus tard, Gavelyne, l’esthéticienne qui va s’occuper de moi, m’attend en salle froide. Partout sur les murs, de magnifiques mosaïques directement rapportée d’Algérie et des tablettes en marbre de Turquie. Gavelyne enfile le gant et frotte les différentes parties de mon corps. Elle s’inquiète de savoir si la pression n’est pas trop forte et c’est parti pour un gommage tonique. L’impression que ma peau part en lambeaux mais non, Gavelyne m’explique que c’est l’accumulation de peaux mortes, de gel douche et autres produits. Un soin idéal avant l’été, avant de s’exposer au soleil ou lors de tout changement de saison. L’Alhambrahammam-alhambra.com181 rue de Lannoy, 59100 Roubaix03 20 20 09 40

Des effets spéciaux servis sur un plateau d’argent

ARTFX existe depuis 1958. Avec 65 ans d’ancienneté dans la formation aux métiers du cinéma, il en est sorti des intermittents du spectacle de cette école !  Installé à Montpellier, à Paris et enfin à Roubaix depuis 5 ans, la petite dernière (version « School of Digital Arts ») façonne les créateurs de demain dans les coulisses de la Plaine Images. Place à l’image 2.0 Les écoles d’animation 2D et 3D poussent de partout, à l’allure rapide des évolutions techniques. Le phénomène émane de l’engouement des industries créatives (jeux vidéo, applications mobiles, industries audiovisuelles…). Rien que la Plaine Images accueille trois écoles au cœur de son écosystème, favorisant ainsi les relations entre campus, startups, studios, entreprises de l’industrie numérique… Le marché de l’image, du son et des effets spéciaux est « en effet » très porteur. FX No limit C’est une évolution constante, un échange permanent. La limite entre étudiants et enseignants est un peu comme un flou artistique, comme un effet spécialement conçu pour que les compétences des uns et des autres se mutualisent dans un perpétuel tourbillon de connaissances. La proximité entre les élèves et enseignants permet « de rester en veille permanente des nouvelles technologies grâce aux étudiants qui, informés constamment, pratiquent les nouveaux logiciels tous les jours avec une grande facilité. Les étudiants sont rapides » nous racontent Reignier et Manon, enseignant les cours de 2D et de 3D. Silence, on crée ! Un studio de 400 m² pour les tournages en intérieur, des caméras, une salle de sculpture éclairée d’une lumière naturelle zénithale, une salle de projection de film qui permet de vérifier toutes les étapes de création des projets de courts métrages à présenter en fin d’études… Rien n’est scolaire, tout est axé sur la pratique des professionnels en devenir. Réalité ‘virtuelle’ Les étudiants sont mis en face de la réalité du marché grâce aux intervenants extérieurs, workshops ou au matériel d’experts dans l’école. Beaucoup d’autonomie, de mise en pratique, de travail de groupe les aident à former les équipes comme sur un vrai plateau, mais autour de leur projet de fin d’étude cette fois-ci, pour réaliser des courts-métrages souvent primés !  Les étudiants sont déjà les professionnels de demain ou considérés comme ayant le niveau à partir de la 3ème année ! Ca forme du beau monde : animateurs, compositeurs, modeleurs, textureurs, storyboardeurs, scénaristes… Plus d’image sans IA « L’IA permet de gagner du temps », nous raconte Anaïs, étudiante en 2D en 4ème année, « mais ne remplacera pas la créativité ». Comme Reignier et Manon, Anaïs se dit curieuse de voir le fonctionnement, de l’intégrer à son apprentissage, et d’observer, d’évoluer avec elle, mais « rien ne remplace la passion du dessin et de l’animation ». Récompenses ARTFX se distingue comme « école N°1 des effets spéciaux » dans le classement mondial du jury The Rookies pour la 6e année consécutive et prépare ses étudiants à intégrer les plus grands studios Clap de fin sur l’actualité de l’été ARTFX propose des Summer camps aux 14-18 ans pour s’initier aux effets spéciaux, animations 2D et 3D. Cette initiative, conçue comme un stage d’immersion, stimule l’ouverture d’esprit, favorise les rencontres et permet de vivre une première expérience au sein du campus ARTFXartfx.school111 boulevard Constantin Descat, 59200 Tourcoing

Plaine Images : berceau de la NextGen créative

Roubaix mêle audace artistique et esprit d’innovation, fidèle à l’énergie qui animait, à la fin du XIXe siècle, ses manufactures textiles. Plus d’un siècle plus tard, l’élan créatif ne s’est jamais tari : Roubaix est une ville où l’on crée et où l’on réinvente sans cesse. Un symbole frappant de cette transformation est la Plaine Images, un lieu phare à cheval entre Roubaix et Tourcoing, qui s’impose comme le premier hub européen dédié aux industries créatives et culturelles (ICC). De l’usine textile à la fabrique d’idées   Installée sur l’ancienne usine Vanoutryve – autrefois fleuron du textile roubaisien – la Plaine Images est l’exemple même d’une reconversion industrielle réussie.    Là où 3 000 ouvriers manœuvraient les métiers à tisser, 2 000 professionnels imaginent aujourd’hui des univers innovants où se croisent jeu vidéo, audiovisuel, réalité augmentée et virtuelle, design, musictech, développement web, marketing digital, e-learning et bien d’autres secteurs encore. La première pierre de cette métamorphose apparaît dès 1995, avec l’installation du Fresnoy – Studio national des arts contemporains – à quelques pas du site. L’idée d’un pôle dédié à l’image et à la création commence alors à prendre forme. Puis, en 2007, le tournant s’accélère : Ankama, la pépite roubaisienne du jeu vidéo mondialement célèbre pour Dofus, investit l’ancien bâtiment des grands magasins. Cet événement marque le lancement de la mutation du site en quartier innovant. Un écosystème unique et dynamique de 5 hectares Dès 2010, les premières entreprises investissent le site. Deux ans plus tard, l’ouverture de l’Imaginarium – bâtiment totem de la filière – marque l’ouverture officielle de la Plaine Images : 8 000 m² consacrés à l’innovation et à l’entrepreneuriat.  Aujourd’hui, ce sont plus de 150 entreprises, allant des start-ups aux grands noms des industries créatives, qui y prospèrent. Chaque année, près de 50 nouvelles pépites rejoignent cet écosystème effervescent et sont accompagnées dans la structuration de leur projet. Le tout dans un cadre de vie agréable : espaces verts, restaurants, foodtrucks, salles de réunion, mais aussi événements, afterworks et activités bien-être. Un campus où l’on prend plaisir à travailler et à échanger. Un carrefour entre la recherche, la formation et le monde économique Ce qui fait la force de la Plaine Images, c’est la synergie entre les entreprises, les étudiants et le monde de la recherche. Trois établissements de renom – ARTFX, Piktura (anciennement Pôle IIID) et Le Fresnoy – forment chaque année des centaines d’étudiants aux métiers de l’image et du numérique. Ce réseau académique alimente directement les entreprises, créant une dynamique de collaboration constante. C’est aujourd’hui au tour de Rubika de venir renforcer le site avec l’arrivée prochaine d’une antenne dédiée au design. Le site met à disposition des plateformes technologiques et des laboratoires de recherche. Ce lien crée un cercle vertueux, alimentant l’innovation. Un modèle d’écosystème qui va bien au-delà des murs du quartier. Un mantra : « Where imagination creates value » À la Plaine Images, l’imagination se transforme en valeur économique, en donnant naissance à des entreprises innovantes et en rayonnant à l’échelle internationale. Mais cette créativité a également une forte valeur humaine, puisqu’elle rassemble des talents venus de tous horizons, unis dans la construction des industries créatives de demain. La Plaine Images constitue aujourd’hui un pilier essentiel de la stratégie économique de la Métropole européenne de Lille, qui reconnaît les industries créatives et culturelles comme un levier majeur de développement économique. Ce pôle d’excellence s’inscrit dans un réseau plus large de quatre autres pôles de compétitivité : la santé, le textile, la foodtech et le numérique. Un lieu en perpétuelle évolution La Plaine Images ne cesse d’évoluer et d’accueillir de nouveaux projets. D’ici fin 2025, l’innovation s’amplifiera encore avec le lancement d’un tout nouveau campus e-sport de 10 000 m². Ce projet ambitieux comprendra un centre de formation et une résidence étudiante. Il proposera également des équipements modernes pour les compétitions, comme une arena pour retransmettre les matchs en direct et des gaming houses pour l’entraînement des équipes. [Audiovisuel] Agence Reflets Vidéo – L’image qui fait vibrer les idées Reflets Vidéo réalise des films corporate haut de gamme, des spots TV créatifs et des vidéos de formation pour les entreprises. L’agence sublime les messages de ses clients grâce à des productions émotionnelles et mémorables, alliant exigence artistique et impact stratégique. refletsvideo.com [Jeux vidéo] Ishtar Games – Des récits épiques aux commandesStudio indépendant reconnu, Ishtar Games est spécialisé dans les RPG exigeants et accessibles comme The Last Spell ou Dead in Vinland. Acteur du renouveau du jeu indépendant français, Ishtar Games cultive l’excellence narrative et l’innovation ludique, tout en multipliant les collaborations sur des projets de gestion et de stratégie.ishtar.games [Divertissement musical] KaraFun – Le plus grand karaoké d’EuropeLeader mondial du karaoké en ligne, KaraFun compte près de 8 millions d’utilisateurs. Avec des studios et bars karaoké ouverts à Lille, Paris, et Bruxelles, l’entreprise illustre la réussite d’un modèle mêlant digital et lieux physiques pour proposer une expérience musicale conviviale et internationale. Karafun [VR] New Atlantis – Explorer le passé en réalité virtuelleNew Atlantis explore une nouvelle frontière : celle du métavers culturel. Grâce à des environnements 3D immersifs, cette startup permet de revivre des lieux historiques disparus et d’assister à des performances artistiques inédites, ouvrant la voie à une nouvelle manière de transmettre le patrimoine et d’expérimenter la culture. newatlantis.fr Entretien avec Emmanuel Delamarre, directeur de la Plaine Images Comment est née la Plaine Images ? C’est la Métropole européenne de Lille qui a porté le projet, dans la lignée des grandes reconversions impulsées par Pierre Mauroy, comme Euralille ou Eurasanté. L’ambition était claire : accompagner la transition d’un territoire industriel vers des filières d’excellence, en associant entreprises, enseignement supérieur et recherche. Pourquoi avoir conservé les bâtiments d’origine ? Garder ces bâtiments de briques de 150 ans, c’est plus coûteux que de tout raser, mais c’est aussi beaucoup plus fort symboliquement. Ce sont des cathédrales industrielles qui racontent l’histoire du territoire, ses réussites, ses fragilités aussi. Traverser ce site rappelle que nous venons d’un passé industriel impressionnant, que nous avons su nous…
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Holberton School : Ctrl + Alt + RBX

École de programmation internationale spécialisée dans le développement informatique, Holberton School accompagne les étudiants à plonger dans le grand bain de la tech. Installée à la Plaine Images, cette école d’un nouveau genre, accessible à tous, sans prérequis technique ni limite d’âge, casse les codes de l’enseignement classique. Pas de cours magistraux, pas de profs, mais des « bootcamps », des « stand-ups » quotidiens, du « peer learning » à haute intensité, des « check in », des « wrap up », le « speaker of the day »… L’apprentissage est basé sur la « méthode projet » : chaque semaine, un nouveau défi, une nouvelle collaboration. Les élèves deviennent autonomes, apprennent à travailler en équipe, à documenter, à présenter (souvent en anglais) leurs avancées. Les différents campus (Paris, Rennes, Toulouse, Roubaix…) communiquent en réseau, et le partage prime sur la compétition. L’objectif : former des développeurs Web Full-Stack, spécialités AR/VR, Blockchain, Cybersécurité, IA, Machine Learning… mais surtout des professionnels adaptables, capables de coder, de comprendre, de collaborer. Warren, 30 ans, a bossé dans la vente en ligne. À Holberton, il voulait comprendre ce qui se cache derrière les interfaces qu’il utilisait chaque jour. « Ce que j’aime le plus, c’est travailler sur du concret, avec des objectifs et un agenda, comme en entreprise. Il y a une entraide incroyable, entre élèves, entre promos, entre campus. »Gabriel, licence LEA en poche, ne s’épanouit pas professionnellement et souhaite se reconvertir pour « apprendre un métier où il y a de vrais débouchés ». Il apprécie l’autonomie qu’on lui donne : « Ici, tu apprends à apprendre. Personne ne te tient la main, mais tout le monde est là si tu bloques. » Brahim a roulé sa bosse à la FNAC et chez OVH. L’envie de « passer de l’autre côté de la relation client » le pousse vers Holberton. « Je voulais comprendre les outils qu’on utilisait tous les jours. Et je cherchais un programme complet, pas juste une formation express. Aujourd’hui, je me sens légitime pour chercher une alternance en développement. » Stan, diplômé en marketing digital, voulait se réorienter après une expérience en cabinet de courtage. Pas question pour autant de replonger dans une ambiance trop scolaire… « Ici, j’ai retrouvé l’autonomie du monde pro, mais avec le droit à l’erreur. On fonctionne par projets, en mode agile. C’est challengeant, mais stimulant. Pour moi, c’est clairement l’une des meilleures formations Tech de la région. » Holberton schoolholbertonschool.fr 25 Rue Corneille59100 Roubaix

Ce qui se passe à l’intérieur…

Rien ne laisse présager ce qui s’est développé derrière le porche bleu situé au 12 rue du Bois à Roubaix. Un regroupement d’architectes a transformé cet espace inoccupé jusqu’en 2005, en un lieu surprenant qui garde les stigmates du passé tout en lui amenant une transformation épurée contemporaine Deux parties indépendantes cohabitent depuis 20 ans, séparées par une grande cour intérieure. D’un côté, Bertrand et Nicole Wibaux ont transformé leur ex-cabinet d’architecture en habitation privée. En arrière bâtiment, Guillaume Da Silva et Théo Vynckier, architectes d’intérieur partagent un immense plateau décloisonné très inspirant. Guillaume Da Silva, affirmer une certaine différence Ici, on ne forme pas seulement des techniciens. On forme des artistes. Des esprits critiques. Des passionnés du détail qui savent que tout part de l’observation. Théâtre, peinture, architecture, photographie… Tout est bon pour aiguiser le regard, pour comprendre comment une lumière caresse un visage ou comment un mouvement trahit une émotion. « Je leur dis souvent : il faut que vous ayez un cerveau de 40 ans, alors que vous en avez 20. », lance Carlos de Carvalho, directeur de la filière animation 2D / 3D. Son rôle ? Pas celui d’un prof qui dicte, mais d’un accompagnateur qui pousse ses étudiants à faire mieux. À aller plus loin. À fouiller dans leurs souvenirs, leurs douleurs, leurs joies, leurs combats. À se demander : pourquoi ce sujet ? Pourquoi maintenant ? Et comment le raconter différemment ? Car ici, tout se fabrique de A à Z. De la musique au montage, du décor à l’émotion. Et tout doit faire sens. Théo Vynckier, prolonger l’histoire avec une vision rock Fils de Jean-Marc Vynckier, copropriétaire du lieu avec Guillaume Da Silva depuis 2005, Théo s’inscrit dans la continuité et la relève. Pas la même génération, ni la même sensibilité et encore moins le même caractère que son prédécesseur. Théo est un novateur qui entend bien marquer cet espace de son empreinte. Il y a travaillé aux côtés de son père pendant 4 ans avant de se mettre à son compte. « Je connais cette ville depuis toujours. J’ai habité boulevard du Général de Gaulle pendant des années puis j’ai rejoint mon père rue d’Isly. Tous les matins, je prends mon petit déjeuner chez Paul au niveau du parc Barbieux avec des habitués roubaisiens. » Musicien et batteur rock métal du groupe belge MINGAWASH, Théo amène une nouvelle énergie doublée d’une vision artistique.  aproposdelieu.com Bertrand et Nicole Wibaux, garder un pied dans la dynamique arty En 2018, année où le couple cesse une longue activité de cabinet d’architecture, la question du devenir des locaux professionnels se pose. « On adorait ce lieu acquis en 2005. Et comme on a une brique dans le ventre, l’idée de transformer les bureaux en habitat nous ouvrait la possibilité de nous lancer un défi et de nous faire plaisir. » Actifs dans la vie roubaisienne depuis leur première installation boulevard du Général de Gaulle en 1995, ils s’intègrent au tourbillon culturel de l’époque. « Si tu avais l’envie de monter un projet, tu trouvais toujours l’association qui en serait porteuse. » Nicole rejoint Art-Action dont l’objectif était de faire du bruit pour faire parler du patrimoine remarquable de la ville. Puis intègre Le Fil Rouge, galerie d’art roubaisienne spécialisée dans la céramique contemporaine. Bertrand et Nicole s’amusent par ailleurs toujours avec autant de plaisir à embarquer des amis d’ailleurs dans La Nuit des Arts pour leur faire vivre Roubaix de façon décalée.  

Dans les coulisses d’un tournage à Roubaix avec Alice Majka

Loin des studios parisiens, c’est à Roubaix que de plus en plus de réalisateurs viennent planter leur caméra. Ville brute, vibrante et chargée d’histoire, Roubaix s’affirme comme un terrain de jeu cinématographique. Avec ses briques rouges, son héritage industriel, ses lieux réhabilités et ses rues pleines de caractère, Roubaix coche toutes les cases pour séduire les cinéastes en quête d’authenticité. Chaque année, la ville accueille des tournages prestigieux. Parmi eux : L’Amour Ouf de Gilles Lellouche, Six pieds sur Terre de Karim Bensalah, Roubaix, une lumière d’Arnaud Desplechin, sans oublier les séries à succès HPI, Les Papillons Noirs, Les Petits Meurtres d’Agatha Christie ou encore Stalk… En 2024, Roubaix a atteint un record : 155 jours de tournage pour 37 projets, et 2,5 millions d’euros de retombées économiques. Membre du réseau Film Friendly de Pictanovo, Roubaix mise sur un accueil sur-mesure. Alice Majka, chargée de mission rayonnement audiovisuel à la Ville, est l’interlocutrice incontournable des équipes de tournage, la cheville ouvrière qui fait le lien entre les exigences artistiques et les réalités du terrain. Entre autorisations, coordination technique, sécurité et logistique, elle orchestre chaque étape, du premier repérage au dernier clap. Une mission à la fois artistique, stratégique, logistique… et profondément humaine. Suivons-la dans les coulisses. Tout commence par le dépouillement du scénario. À partir des décors recherchés – friche, bistrot rétro, appartement typé, marché animé… – Alice travaille main dans la main avec les repéreurs pour dresser une sélection de lieux roubaisiens. L’objectif : coller à la vision du réalisateur, tout en proposant des alternatives parfois inattendues. Car Roubaix, c’est aussi une mine de pépites cachées. Le Couvent des Clarisses, avec sa sérénité monastique, attire les fictions intimistes ou les scènes de tension contenue. Le restaurant L’Impératrice Eugénie, avec son charme suranné, offre un cadre feutré idéal pour les atmosphères d’époque. L’ancienne Banque de France, avec ses volumes d’origine et son cachet institutionnel, inspire les thrillers comme les drames historiques. Vient ensuite le repérage avec le réalisateur, puis le repérage technique avec l’équipe (décors, régie, production…). Là, on entre dans le concret : loges, circulation, stationnement, branchements… Alice coordonne les services de la Ville pour que tout s’articule harmonieusement, en préservant au maximum la vie locale. Pendant le tournage, elle reste disponible, mobile, réactive. Une urgence logistique ? Un accès à sécuriser ? Une solution à trouver dans l’heure ? Alice est là, en coulisses, pour que tout se passe bien jusqu’au clap final. Alice Majka Chargée de mission rayonnement audiovisuel03 59 57 32 24amajka@ville-roubaix.fr

Construire l’e-sport autrement

L’e-sport fait partie du paysage culturel. S’il brille souvent à travers les grandes compétitions internationales, une autre réalité prend forme : celle d’une discipline empreinte de résilience, riche en potentiel et animée d’une grande vitalité. Telles sont les valeurs de la structure roubaisienne RPV e-sport. Fondée par Dimitri Jean-Baptiste, elle repose sur une idée simple : offrir un cadre sain et formateur à celles et ceux qui souhaitent s’investir dans l’e-sport, sans forcément viser le très haut niveau. Dimitri découvre l’e-sport sur la franchise Rainbow Six Siege, où il progresse vite. Mais en rejoignant différentes équipes, il réalise que le manque d’encadrement nuit souvent à l’évolution des joueurs. Certains arrêtent, découragés. « J’ai commencé à jouer dans des mixtes où je ne connaissais ni les joueurs, ni la structure qui m’encadrait. Je me suis rendu compte, au fil de mes expériences, de ce qui n’allait pas. J’ai vu des joueurs talentueux arrêter à cause d’un mauvais management. J’ai voulu construire quelque chose à mon image, en accord avec mes valeurs, qui me permettrait de développer des talents, de les accompagner, pourquoi pas jusqu’au sommet. » C’est ainsi que naît RPV. Ici, les joueurs sont accompagnés, écoutés, encouragés. Roubaix, un terreau favorable Originaire de la région parisienne, Dimitri choisit Roubaix pour lancer RPV. Il y découvre un environnement propice. « J’y ai trouvé beaucoup plus d’opportunités et de mains tendues. Loin des clichés qu’on peut voir un peu partout. » Cette énergie locale correspond parfaitement à l’esprit de la structure, qui valorise l’entraide, le travail collectif et l’ancrage territorial. Car pour Dimitri, comme pour beaucoup de passionnés, l’e-sport ne se limite pas à la compétition. C’est aussi une quête identitaire. Un maillot, un écusson qui rassemble autour d’une vision commune. Cette énergie se retrouve dans son staff, notamment du côté de la communication. Manon, par exemple, a rejoint l’aventure par curiosité. En quelques semaines, elle a bâti toute la stratégie de communication de la structure. Chez RPV, le dépassement de soi est central. Vers un E-Sport plus accessible « On a une équipe académique, avec de jeunes joueurs très talentueux mais qui ne sont pas encore mûrs pour la compétition. Ils ont besoin d’un cadre pour évoluer. On croit en eux. » Ce modèle va dans le sens des récentes évolutions du secteur. Riot Games, par exemple, propose désormais des formats de tournois plus ouverts sur League of Legend, Valorant et Teamfight Tatical, afin de permettre à tous de tenter leur chance. RPV eSport s’inscrit dans cette nouvelle génération de structures plus inclusives, plus humaines, plus proches du terrain. C’est ici, à Roubaix, que l’e-sport invente l’un de ses futurs possibles. RPV ESPORT

Artimuse : Sculpteurs de cagettes

Artimuse, c’est l’histoire de deux trentenaires créatifs et passionnés, Méli Juestz et Simon Durand. Complices depuis leurs études aux Beaux-Arts en Belgique, ils fondent leur collectif en 2018. Tout démarre lors des Journées Européennes des Métiers d’Art : face à un budget serré, ils construisent un stand en cagettes. Le public accroche, le matériau séduit. L’idée germe : et si ce résidu oublié devenait terrain d’expérimentation artistique ? Décryptage d’une aventure collective. « Objet banal pour beaucoup, la cagette est, pour nous, matière à création. Nous arrivons à la transformer de manière à ne plus la reconnaître et à lui donner des formes en tous genres. » Éphémère, mais vivante La cagette, c’est comme un clin d’œil au temps qui passe. À l’intérieur, elle résiste aux variations d’humidité et de température, sans faillir. À l’extérieur, elle se dégrade, se patine, change de couleur avec le temps. Les sculptures d’Artimuse, vivantes et éphémères, occupent l’espace pendant trois à cinq ans avant de s’effacer. Monumentale et organique Avec leur aspect modulaire, léger, facilement assemblable, les cagettes permettent d’imaginer des œuvres d’envergure. En ville comme à la campagne, elles deviennent arches, totems, structures immersives. Artimuse s’inspire de l’artiste brésilien Henrique Oliveira et de ses installations organiques en écorces de bois. Leurs pièces, elles aussi, interpellent : elles signalent qu’un lieu bouge, qu’un projet pousse. Collective et joyeuse Pas question de créer dans son coin. Méli et Simon embarquent les habitants dans la construction. Chacune de leurs œuvres est une expérience à plusieurs mains, où la cagette devient prétexte à la rencontre. « On part du principe que tout le monde a de l’or dans les mains« , rappellent-ils. Chaque projet est aussi l’occasion d’une immersion dans un quartier, une ville, un territoire. Engagée et circulaire Artimuse, c’est aussi une démarche profondément éco-responsable. Plutôt que de produire, les artistes récupèrent. Les cagettes sont glanées dans les circuits courts, grâce à des partenaires comme El Cagette à Roubaix ou Les Jardins de Cocagne à Villeneuve d’Ascq. L’art comme outil de revalorisation, à transmettre, surtout aux jeunes. « Parler de réemploi, c’est essentiel aujourd’hui.«  Accessible, forcément Artimuse s’engage à rendre l’art accessible à tous. Ateliers participatifs, co-construction, rencontres : ils multiplient les formats pour désacraliser la création. Ancré à Roubaix, le collectif puise dans cette ville vivante, populaire et inventive, un terreau fertile pour faire fleurir la culture autrement. Artimuse

Immersion dans un cours de boxe française avec Sabrina Maroufi

18h05. Roubaix. 48 rue Nabuchodonosor. Un nom de rue difficile à retenir pour un lieu peu visible. Dehors, le décor est brut : un parking silencieux, bordé de friches et de bâtiments fatigués. Rien ne laisse présager ce qui m’attend à l’intérieur. Je pousse la porte de cette salle discrète, une bulle coupée du reste du monde. Elles sont là. Leur énergie emplit chaque recoin.   Direction le vestiaire. J’enfile la tenue de combat. On commence l’échauffement. Un cercle se forme. On court, on sautille, on chauffe les corps et les esprits. Sabrina Maroufi prend les commandes. Son regard accroche, ses mots claquent. Sa voix donne le tempo. Posture de base : pieds ancrés, genoux souples, mains en rempart devant le visage, poings fermés, coudes verrouillés contre les côtes. Chaque détail compte. Mes bras hésitent, mes gestes tâtonnent, mon corps cherche ses marques. Sabrina sourit et me glisse : « C’est normal, c’est le début. » Elle corrige, encourage et pousse, toujours dans la bienveillance. Chez Sabrina, la boxe va bien au-delà du ring. Lors d’un exercice, je me retrouve face à elle. J’enfile les gants qu’elle me tend. J’envoie un direct : elle esquive. Un crochet du droit : elle sourit et esquive. À chaque mouvement, je comprends un peu mieux ce que la boxe peut transmettre. À chaque souffle, je m’ancre un peu plus dans le sol. Ici, pas de compétition mais du soutien.  Sabrina Maroufi, c’est une figure locale, une boxeuse au parcours inspirant. Championne de France en savate et en boxe anglaise, cette fille de boxeur a dû se battre pour s’imposer dans ce sport longtemps réservé aux hommes. Petite, elle s’entraînait dans l’ombre. Aujourd’hui, elle partage sa passion avec les femmes, épaulée par sa sœur Sefora. Ensemble, elles ont fondé ces ateliers 100 % féminins, mêlant pratique sportive et accompagnement personnel. Plus qu’un entraînement, c’est un espace de reconstruction pour certaines marquées par des violences ou des traumatismes. La boxe devient un outil de libération et une histoire de sororité. Le cours s’achève. On range les gants, on souffle, on débriefe. Avant de partir, Sabrina remercie le club AFC MMA de Roubaix, qui lui ouvre ses portes chaque semaine. Mardi 18h15 et mercredi 18h30 : des rendez-vous devenus incontournables pour quatre-vingt-dix femmes. Ici, elles apprennent à boxer mais surtout à se tenir droites. En 1998, Sabrina a fondé le club Punch Boxe Française Savate Tourquennois (PBFST). Après plusieurs années de passion partagée, elle se tourne désormais vers Roubaix, avec de nouveaux projets en tête. Smaroufi Boxe Smaroufi Boxe

Le Vélo Club trace sa route

Cyril Saugrain est arrivé au Vélo Club en tant que manager général. Il va succéder à Daniel Verbrackel, figure du club. Ancien coureur professionnel, Cyril a un objectif en tête : accompagner l’équipe Van Rysel vers le niveau pro. Une carrière bien gérée Cyril est passé pro en 1995, sous les couleurs de Auber 93 Peugeot, aussi appelé « Les P’tits gars d’Auber ». Il gagne une étape du Tour de France en 1996. Cette victoire lui ouvre de nouvelles perspectives et il signe avec Cofidis en 1997 puis à la Française des jeux avant de terminer sa carrière de 2001 à 2003 dans son équipe d’origine devenue Bigmat Auber. Une reconversion réussie « J’adorais le vélo, mais le métier de cycliste, c’est difficile car on est souvent seul à l’entraînement. » Une clavicule cassée met fin à sa carrière en 2003. Il est accompagné dans sa reconversion par l’Union nationale des Cyclistes Professionnels. Neuf mois plus tard, il est diplômé du Centre National Professionnel des Commerces du Sport. Il entre chez Décathlon, d’abord en tant que chef de rayon cyclisme, tant qu’à faire ! Il gravit les échelons au sein du groupe pour arriver à B’TWIN Village dès son ouverture à Lille en 2010 en tant que directeur. En 2019, il sera responsable communication de la marque Van Rysel, la marque vélo performance de Décathlon. Une arrivée logique au Vélo-Club Le vélo, Décathlon, Van Rysel, le Vélo-Club, le parcours de Cyril est cohérent et assez logique. Il met toutes ses compétences au service de ses différentes expériences. « J’aime l’idée de construire une équipe, prendre du plaisir à faire les choses et m’entourer de ceux qui savent faire. » Les projets dans le viseur Le club accueille déjà des jeunes au sein de son école mais souhaite lancer une académie du vélo avec des cadets, qui seraient accompagnés vers le vélo haut niveau. L’occasion de renouer avec le lycée Van der Meersch tout proche, juste en face du STAB. Cette académie permettrait de dénicher des « pépites » et leur donner les moyens de participer aux courses les plus prestigieuses du circuit. À terme, il aimerait conduire l’équipe au plus haut niveau et ainsi aligner des coureurs sur la ligne de départ de Paris-Roubaix. Le rêve ultime serait bien entendu de voir un vainqueur parmi ses petits poulains. Un maillot qui rayonne Le nouveau maillot de l’équipe Van Rysel fait un clin d’oeil à l’écrin de la Ville, le musée La Piscine. Au dos du maillot, l’emblématique vitrail s’impose. Les rayons du soleil évoquent les rayons d’un vélo et l’image interpelle. Quand le sport et la culture s’emmêlent, on aime ! Une terrasse pour le Van Rysel café Elle a ouvert pour la reine des classiques et a vocation à accueillir tous les visiteurs, amateurs de vélo ou simples promeneurs. Un endroit que Cyril souhaite convivial, avec à coté une boutique ouverte aux artisans locaux qui pourront proposer des créations autour du vélo. Un hôtel pour faire du vélo-tourisme Le Vélo-Club fêtera ses 60 ans en 2026. L’ouverture d’un hôtel à proximité pourrait être un très beau cadeau. Un lieu qui tournerait autour du vélo, dans sa décoration et l’accueil de ses visiteurs. Proche du STAB pour y réaliser des baptêmes, départ d’une randonnée cyclo vers un autre site de la région, cet hôtel rencontrerait à coup sûr sa clientèle. Un étage pour organiser des séminaires Cyril nous fait visiter l’étage du Vélo Club, aujourd’hui très peu exploité, principalement pour le stockage des vélos et des tenues. Il aimerait transformer la grande salle très lumineuse avec vue sur le vélodrome historique pour en faire un endroit à séminaire. Accueil des entreprises autour d’un petit-déjeuner le matin, séances de travail jusqu’à 16h puis visite des vélodromes, des douches de Paris-Roubaix… Vélo Club Roubaix Lille Métropolevelo-club-roubaix.fr39 rue Alexandre Fleming,59100 Roubaix