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Roubaix, où l’art colore la nuit

A partir du 17 septembre 2022, Roubaix déploie son Parcours lumière, une série de dispositifs lumière et vidéo qui accompagnent, le soir, les cheminements piétonniers dans le centre-ville et contribuent à sa mise en valeur. C’est le premier événement amené à s’installer dans le paysage nocturne roubaisien avec pour objectifs de redynamiser le cœur de ville, de renforcer l’attractivité touristique et de valoriser le patrimoine. Roubaix, où l’art colore la ville, met de nouvelles tonalités lumineuses dans ses palettes. Sur les trottoirs, un fil de brique bleu invite le visiteur à découvrir les éléments dominants du patrimoine. Ceux qui, pour le suivre, avaient l’habitude de marcher le nez par terre qont invités à cheminer les yeux en l’air : trois jours par semaine, le jeudi, le vendredi et le samedi, dès la nuit tombée et jusqu’à minuit trente, un parcours lumière propose de voir d’un nouvel œil le patrimoine roubaisien. Les idées fusent, la lumière jaillit Le long d’une trajectoire reliant la gare à l’hôtel de ville, le musée La Piscine et l’Ensait profitent de cette mise en lumière : un mapping monumental de Camille Gross sur le premier et, sur la façade de la seconde, une rétroprojection de diapositives de verre. Là où les idées fusent, le jour, autour des futurs ingénieurs textiles et des chercheurs, la nuit l’ambiance se fera contemplative grâce à cette œuvre immersive de Lumières de verre. Œuvre : Luminariste – Crédit photo : Anaïs Gadeau – Ville de Roubaix Chemin faisant, autre lieu, la Grand’Place, autres propositions, autant graphiques que sonores. L’histoire industrielle de Roubaix s’écrit sur la façade de l’hôtel de ville avec le monumental mapping du peintre vidéaste Xavier de Richemont, Urba Ixo, et, celle de sa voisine Saint-Martin, sur l’église, du même auteur toujours. Diapositives de verre encore, mais cette fois à l’arrière de l’hôtel de ville ; projections fixes, ludiques (la nuit, les chouettes* sont de sortie !)… les lumières vont puiser dans une palette multiforme pour redessiner la ville jusque sur ses fresques, celle de Jimmy C notamment, et colorer la nuit. Également sur les façades de la Maison verte et de l’ancienne Banque de France et dans les vitrines des commerçants.* Chouette de Bertrand Gadenne Un mapping sur le graff de Camille Claudel de Jimmy C, tous les soirs à partir d'aujourd'hui pour fêter les 20 ans du @MuseeLaPiscine 😍 #Roubaix #MaPiscinea20ans pic.twitter.com/8td5N2HUuN — Ville de Roubaix (@roubaix) October 15, 2021

La Visitation… un couvent dans le vent

Le Couvent de la Visitation, dans le quartier de l’Hommelet, attendait une nouvelle vie depuis plus de 10 ans. Après le succès de la guiguette estivale et de l’exposition collaborative d’art urbain et contemporain, le Couvent s’est mis en hibernation… réveil prévu, après quelques mois de travaux vers juin 2022. Le lieu deviendra à partir de l’été 2022 un lieu de vie avec une halle gourmande, des rendez-vous festifs, une brasserie, et accueillera des commerces (tatoueurs, fripiers et boutiques éphémères)… Un lieu alternatif, « habité », que l’on est impatient de revoir bouillonner. Le Couvent se situe à Roubaix, près du canal au 128 boulevard de Strasbourg. Facebook Le Couvent – Roubaix Dame Castagne Les lieux comme les personnes sont très souvent chargés d’histoires. Celles du Couvent de la Visitation et de sa directrice artistique, Julie Antoine, n’étaient pas forcément vouées à se croiser, mais le hasard (ou tout autre choses, chacun jugera…) en a décidé autrement. Rencontre avec celle qui veut redonner une âme à ce bâtiment longtemps abandonnée… Issue d’une famille ouvrière, d’origine gitane, enfant turbulent, Julie a connu les « année galères« . Mais ses parents lui ont aussi permis de vivre très tôt ce qu’elle appelle « la Grande vie« , en accédant aux arts, à la culture, au sport… Depuis le sud de la France où elle est née, en passant pas Bruxelles, Genève, Verviers… Julie s’est joué des frontières : géographiques et sociales, économiques et culturelles. La voici posée à Roubaix : « ma ville idéale, mélange de Berlin, Liège et Marseille. » Maman célibataire très jeune (elle a désormais 4 enfants), cette ancienne boxeuse, ayant flirté parfois à l’adolescence avec la délinquance, a gagné son surnom de « Dame Castagne« . Elle se bat aujourd’hui pour ses projets roubaisiens : mélanger les populations, créer des passerelles entre les habitants du quartier aux origines multiples mais en partageant la même fierté roubaisienne. J’aime les bizarres, les tordus, les écorchés… Elle est aussi à la tête d’un studio créatif baptisé « VULGARITE NOBLE ». Mais qu’est-ce que la noblesse, selon elle ? Sans hésitation : « L’intégrité« . Et la vulgarité ? Éclat de rire : « MOI ! Mais attention : vulgaire vient du latin « vulgus », qui signifie « peuple »… cela n’a rien de péjoratif ! Et puis j’assume : j’aime les bizarres, les tordus, les écorchés…«  En sortant du Couvent elle nous montre la maison actuelle des Sœurs de la Visitation : « Elles habitent en face… je les adore ! Elles sont entièrement dévouées aux pauvres et aux malades. au sein de l’Eglise, ce sont des rebelles, indépendantes… ». Julie Antoine qui prend la relève de ces sœurs au Couvent : heureux hasard ?  

Corentin

Le Roubaix de Corentin

Roubaix, Corentin Cagnard connaît par coeur. Les rues, les bâtiments, les allées n’ont aucun secret pour lui. Etre greeter roubaisien etait pour lui une évidence. Il nous propose une sélection de 10 lieux incontournable de la ville. #1 Le Non-lieu crédit photo : A.LOUBRY – Ville de Roubaix Contrairement à son nom, le Non-lieu se situe bien quelque part. Au 117 de la rue Montgolfier. Un endroit à visiter pour son originalité, sa mise en scène, et son savoureux mélange d’ambiance industrielle et d’art contemporain. « C’est un lieu incontournable, où des trucs improbables se passent, détaille Corentin. Un concert dans une ancienne cuve, un banquet de cheminées, des témoignages d’anciens ouvriers, un théâtre objet, des expositions de sculptures en métal… Tout est fait pour maintenir le souvenir industriel à travers l’art ». non-lieu.fr #2 Le Jardin de Traverse crédit photo : A.GADEAU – Ville de Roubaix C’est un coin de verdure où chante une rivière… Caché au milieu de l’Epeule, cet ensemble de potagers collectifs est géré par une association afin d’en faire un lieu de partage : plantations, marchés, trocs de graines, soirées cinéma, pique-nique… « C’est vraiment la nature en ville, sourit Corentin. L’esprit est très convivial, tout le monde s’entraide, on a l’impression d’être dans une grande famille. » jardindetraverse.fr #3 Le Colisée crédit photo : A.GADEAU – Ville de Roubaix L’Olympia du Nord, comme il est appelé, est un théâtre des années 20 en plein milieu d’un quartier ouvrier. Avec ses fauteuils molletonnés, son grand rideau bleu, ses lustres impressionnants et ses quelque 2000 places, l’endroit est « idéal pour une première expérience de découverte du théâtre, affirme Corentin. La programmation est très complète : des concerts, des pièces, des spectacles, de la culture urbaine, du cirque… Il y en a pour tous les goûts ! » coliseeroubaix.com #4 La Maison Verte crédit photo : A.GADEAU – Ville de Roubaix Posée et perdue au milieu de Roubaix, cette bâtisse couleur émeraude abrite au rez-de-chaussée un atelier d’artistes. « Mais si vous devez vous y rendre, c’est avant tout pour Hugo, son propriétaire, » soutient Corentin. « Passionné de la ville et de ses œuvres, il fait vivre le lieu, lui donne une âme. C’est une personne captivante qui pourra vous parler des heures de toutes ces choses alternatives qu’il expose. »  Facebook Hugo Laruelle #5 Le Mercado Negro crédit photo : A.GADEAU – Ville de Roubaix Niché à l’étage d’une ancienne usine textile, ce bar très prisé sert des spécialités portugaises depuis plus de trois ans. « A l’image d’un repaire clandestin, on retrouve un esprit brocante avec du mobilier très éclectique, décrit Corentin. Un gros canapé, une voiture de collection, de vieux postes de télé… En plus les cocktails sont à tomber par terre ! » Facebook Mercado Negro #6 Les Aubaines C’est une véritable « aubaine » pour les économes ! Associé à La Redoute, cet immense dépôt-vente regroupe de nombreux meubles invendus mis en vente à des prix dérisoires. « On a complètement l’impression de rentrer dans un vieux catalogue La Redoute, révèle Corentin. Les gens viennent de loin pour profiter de ces promotions. C’est un lieu incontournable pour se créer son trousseau de premier meuble ! » #7 L’Usine crédit photo : A.LOUBRY – Ville de Roubaix Encore une autre bonne adresse pour profiter d’un shopping peu cher ! L’Usine est un centre commercial assez inattendu, le premier en France qui a proposé des prix d’usine sur des centaines de marques. « Roubaix a longtemps été le principal pourvoyeur de fringue et de textile pour toute la France, analyse Corentin. Aujourd’hui cet endroit est à l’image de la ville : le souvenir des années industrielles textiles grâce à ces briques rouge et la modernité avec ces 60 boutiques qui proposent de tout. » usineroubaix.fr #8 Le Canal crédit photo : A.GADEAU – Ville de Roubaix Un canal à Roubaix ? Et oui, au milieu de toute cette agitation urbaine, un cours d’eau sillonne la ville pour offrir une expérience bucolique hors du temps. « C’est très agréable de se balader par ici, que ce soit en vélo ou à pieds, poétise Corentin. D’ailleurs il ne faut pas oublier que c’est par ici qu’étaient transportées les matières premières pendant la période industrielle. En longeant le canal, on peut comprendre toute l’Histoire de la ville. » #9 Les Ateliers Jouret crédit photo : A.GADEAU – Ville de Roubaix Ces ateliers, ce sont d’abord des repères pour les artistes, mais aussi des lieux d’échanges et de partages. Un studio de danse contemporaine, une cafétéria associative, un espace pour les artistes accessibles aux publics, un lieu d’exposition temporaire… « Il faut s’imaginer qu’avant ce lieu était complètement délabré, élude Corentin. Aujourd’hui, même si les structures brut on été gardées, il revit à travers tous ces ateliers et le public qui fait le déplacement lors de grands évènements. » ateliersjouret.fr #10 Les Clarisses crédit photo : S.CANDELIER Cet ancien couvent date de 1876 a été imaginé par le baron de Béthune. « Cet endroit, c’est un peu le zéro déchet avant l’heure, raconte Corentin. Les sœurs clarisses avaient l’habitude de vendre les morceaux d’hosties qui restaient des découpes. Et puis c’était un lieu fermé au public, alors qu’aujourd’hui il est possible de le visiter. Grâce à Roubaix, il s’ouvre à tous. Il se passe quelque chose dans ce lieu, il y a une âme. » saisonszero.fr