Auteur/autrice : Sylvain Genel

URBX Backstage

Toute l’équipe d’URBX Festival est sur le pont. Le festival des cultures urbaines revient pour la quatrième édition à Roubaix avec une programmation « stylée ». Coralie Dupont, directrice artistique du festival, nous invite dans les coulisses de sa préparation. Elle est zen et peu perméable au stress mais avoue quand même sentir monter cette adrénaline qui anime ceux qui travaillent dans le montage d’événements culturels. « Au moment du bouclage et de la diffusion du programme définitif, c’est un peu l’effervescence. » avoue Coralie. Si le travail de programmation des artistes commence en général au mois de septembre, certaines expositions demandent une anticipation bien plus importante. « Actuellement je bosse par exemple sur les deux éditions de 2025 et 2026. » explique-t-elle. Jongler avec les plannings, Coralie sait faire, elle qui vient de Lille 3000, une grosse machine en matière de programmation et de communication. Inutile de lui demander de décrire une journée type, il n’y en a pas ! « Je peux visiter une usine le matin et repérer un mur éligible au street-art l’après-midi. Je peux poursuivre la semaine avec une réunion à la Cave aux Poètes puis du travail administratif avec des échanges de mails et coups de téléphone. » Au sein de l’association URBX, Tanguy, un deuxième salarié travaille à ses côtés en tant que chargé de production. Pour le reste, deux stagiaires au long cours apportent leurs compétences en matière de communication. Le bureau, composé d’un président (Bertrand Millet), d’un secrétaire (Emmanuel Delamarre) et d’une trésorière (Marie Greulich), lui apporte son soutien et facilite la mise en relation avec les services de la Ville quand c’est nécessaire. Une anecdote à raconter ?  « J’emmène toujours les stagiaires le jour du concert gratuit, face à la foule. La nuit arrive, les gens se massent sur la Grand’Place, c’est toujours un moment qui me fait dresser les poils. » Même si le milieu des cultures urbaines est assez masculin, Coralie a à cœur de donner toute leur place aux femmes dans la programmation du festival. « C’est encore timide dans le rap, j’essaie néanmoins de contrebalancer en laissant s’exprimer cette année des artistes de street-art féminines » Coralie nous confie « s’éclater » dans ses missions et « apprendre tous les jours ». « Même si, chut il ne faut pas le dire, au départ le rap n’était pas ma culture musicale ! » Aujourd’hui, elle gère et a réinterrogé son style musical qui laisse une grande place désormais au rap… URBX Festivalurbxfestival.com

La sélection Food de Vera Cycling

Entre deux coups de pédale, Céline Oberlé, créatrice de Vera Cycling et experte en gapettes vélo, nous partage ses meilleures adresses 100 % roubaisiennes pour se régaler. Vous êtes à Roubaix et vous cherchez un endroit sympa pour manger un morceau ou vous désaltérer ? Vous êtes au bon endroit ! Parce que les meilleures adresses roubaisiennes sont un peu secrètes… Moi je vous dévoile mes spots favoris ! Coopérative Baraka Chez Baraka, c’est un peu comme manger à la maison !Une cuisine simple et de saison avec des produits locaux, et toujours une option végé. L’hiver, c’est dedans que ça se passe mais aux beaux jours, direction le jardin de l’autre côté de la rue et ça, c’est le kif ultime, un coin de paradis dans le centre de Roubaix.20 rue de Sébastopol, Roubaix Manger dans le poulailler, sous les arbres du jardin partagé Tocca a Té Une pizzeria responsable, solidaire et engagéeEn plus de vous régaler, vous donnez du travail à des personnes en voie d’insertion professionnelle. Parce que Tocca a Té signifie « à son tour » en italien.135 rue Edouard Vaillant, Roubaix  Les pizzas base blanche avec de la mozzarella produite à Lille, surtout la Speccata Koï Sushi Pour les envies de california rolls, d’edamame et de brochettes bœuf-fromage. Le décor est moderne et l’accueil chaleureux. Et en plus des traditionnels shirashis, sashimis, sushis et autres trucs qui finissent en i, les créations sont aussi belles que bonnes.7 avenue Jean Lebas, Roubaix Des barquettes toute prêtes à emporter, c’est pratique quand on est pressé ! Garden Food Une adresse roubaisienne pour manger healthy et rapide… ou tout doucement. Parce qu’il y a aussi de quoi se poser un bon bout de temps. Elle propose des bowls sucrés et salés à composer soi-même. Il y a aussi des smoothies et d’autres douceurs moins healthy. À emporter si tu es pressé ou sur place pour prendre le temps. Tu peux aussi te perdre dans un nouveau bouquin ou commencer à jouer à un jeu de société avec tes voisins. Cœur : Tu peux composer ton propre Acaï bowl. 7 parvis Saint-Jean Baptiste, Roubaix Tu peux composer ton propre Acaï bowl. Hôtel de France Une institution sur la Grand’Place de Roubaix depuis 1892Au bar-brasserie de l’Hôtel de France, ça bosse en famille pour concocter des plats typiques d’ici : welsh, carbonade, poulet au maroilles. Cœur : Les frites sont faites maison et on y trouve de la bière Kwaremont. 1 Grand’Place, Roubaix Les frites sont faites maison et on y trouve de la bière Kwaremont. Vera Cycling veracycling.fr36 rue du Général Sarrali, Roubaix  

Miéline, le goût du partage

Elle nous accueille par une belle journée de mai, dans son restaurant, « Le restaurant de Miéline » avec le grand sourire et la bonne humeur qui la caractérisent. Elle, c’est Malika, plus connue sous le nom de Miéline, figure incontournable de la restauration à Roubaix. Si elle n’est pas dans son restaurant, c’est probablement parce qu’elle prépare une commande pour un service « traiteur », un atelier cuisine ou le brunch de La Condition Publique (cf. encadré ci-dessous pour plus d’infos). À 42 ans, cette femme passionnée et hyperactive a un secret qui se devine dans son sourire : « jamais de stress quand il s’agit de cuisine », dit-elle. « Chez moi, en Kabylie, on se reçoit sans invitation. Vous avez toujours des gens qui arrivent à la maison à l’improviste alors on fait à manger avec ce que l’on a dans les placards. On ne stresse jamais. C’est la vie de tous les jours ! ». La tchoutchouka fait partie de ces plats simples, faciles à faire et pour lesquels on a souvent tous les ingrédients sous la main. Pour Miéline, c’est un des plats qui lui rappellent le plus la vie quotidienne dans son village de Kabylie. « Ce plat, ça me rappelle mon enfance, la maison de mes parents. Quand je me sers du pilon pour écraser l’ail, le son et l’objet me ramènent immédiatement en enfance, avec ma mère ou mes grandes sœurs en cuisine. Mais c’est aussi important d’utiliser un pilon pour le goût. L’ail doit être écrasé pour ce plat. C’est meilleur ! ». Voici donc la recette de la tchoutchouka telle qu’on la mange en Kabylie. Simple et généreux, c’est un « plat qui se partage » précise Miéline alors que nous étions en train de le déguster avec elle en sirotant un thé à la menthe. Merci à elle et à vous de jouer pour profiter de ce plat délicieux et diffuser la générosité kabyle autour de vous ! La tchoutchouka kabyle (plat végétarien) 4 oignons 4 poivrons rouges 2 courgettes 2 tomates 4 œufs 3 gousses d’ail Coriandre fraiche (4 branches environ) 1 peu de piment (facultatif mais « si on veut faire une tchoutchouka comme en kabylie, c’est indispensable », nous dit Miéline !) Huile d’olive Après avoir lavé les légumes, coupez-les grossièrement. Faites chauffer l’huile d’olive dans une poêle et faites-y revenir à feu vif les oignons et les poivrons pendant 10 à 15 mn (surveillez et baissez le feu pour que les légumes ne brûlent pas) Pendant que les oignons et les poivrons cuisent, hachez la coriandre après l’avoir bien rincée. Écrasez les gousses d’ail dans un pilon. Mettez le tout de côté. Ajoutez les courgettes dans la poêle. Baissez la température à feu moyen si ce n’est pas déjà fait. Laissez cuire environ 10 mn. Ajoutez les tomates, la coriandre et l’ail écrasé (et le piment si vous le souhaitez). Salez et poivrez. Laissez cuire encore environ 10 mn à feu moyen et à couvert. Juste avant de servir, battez les œufs dans un bol avec un peu de sel et de poivre. Ajoutez les œufs battus sur les légumes dans la poêle. Mélangez un peu pour bien répartir les œufs. Laissez cuire à feu moyen quelques minutes, le temps que les œufs battus soient cuits. Servez la tchoutchouka dans les assiettes. Ajoutez un filet d’huile d’olive dans chaque assiette et servez avec du pain. Régalez-vous ! Pour réussir la tchoutchouka comme en Kabylie. Les conseils de Miéline : « Pour faire une Tchoutchouka comme en kabylie, il faut mettre des œufs et le piment. Mais on peut supprimer selon ses goûts ou ses allergies, ce sera bon aussi ! » « Après avoir mis les tomates, l’ail et la coriandre, on n’oublie pas d’ajouter un couvercle pour laisser cuire à couvert ». C’est important pour que la préparation ne perde pas trop d’eau et que les saveurs se mélangent bien. On n’ajoute pas d’épices (sauf le poivre) dans cette recette. « C’est la seule recette de chez moi (Kabylie en Algérie), où l’on ne met pas d’épices ! » On utilise des produits frais et de saison, de préférence. « On peut remplacer les courgettes par des pommes de terre quand ce n’est pas la saison des courgettes». « À Roubaix, pour avoir de bons légumes frais, je vais au marché de l’Épeule chez un maraîcher qui vient de Steenwerck. Sinon, pour les produits d’épicerie, comme les pâtes fraîches par exemple, je vais chez Carlier Vogliazzo, rue de l’Alma. » « La Tchoutchouka, ça se mange avec du pain. Moi, c’est comme ça que je l’aime ! ». « La cuisson dure de 30 à 40 mn. 40 mn, c’est idéal pour avoir la meilleure tchoutchouka ». Où retrouver Miéline à Roubaix ? Les solutions ne manquent pas pour rencontrer Malika, profiter de sa cuisine et de sa bonne humeur ! Dans son restaurant, 2 rue de Lannoy (près de McArthurGlen). Tous les midis de 12h à 14h, du mardi au vendredi. Le mardi et le mercredi, cuisine française ou italienne. Les jeudi et vendredi, cuisine du Maghreb. Sur place ou à emporter. En faisant appel à son service traiteur. Plus d’informations : mieline.com En participant à l’un de ses ateliers cuisine, dans son restaurant, le samedi matin tous les 2 mois mais aussi lors d’ateliers « Zéro Déchet » ou à l’Institut du Monde Arabe. Ces ateliers sont des moments conçus pour transmettre un savoir-faire mais aussi comme un moment privilégié de partage. Les plats élaborés lors des ateliers qui se déroulent au restaurant seront ensuite partagés sur place entre les participants. Plus d’informations : : mieline.com Lors d’un brunch à La Condition Publique, chaque premier dimanche du mois. Sur réservation à La Condition Publique.com  Infos : (voir « Brunch » dans l’agenda)

Mazer, L’histoire se tague, Je tiens la bombe

Il a grandi avec un rêve, celui d’être graffeur. Ado, il obtient avec son premier collectif « Restart » le premier mur légal de graff à Tourcoing. Diplôme de design en poche, cet autodidacte part courir le monde pour la richesse des rencontres, artistiques surtout… Il en est revenu avec un max de techniques et encore plus de projets et de détermination. Si vous étiez… Un slogan L’UNION FAIT LA FORCE Je cherche toujours à faire dans le collectif, c’est au cœur de ma démarche, surtout en ce moment sur le projet actuel (NDLR : Plateau 112 dans l’ancien bowling) Un lieu COMME ICI, UN ANCIEN BOWLING Une friche, un lieu libre d’expression, un lieu de rencontre et de partage. Un rêve JE SUIS LÀ ET JE LE RÉALISE ! À chaque fois que j’ai fait un rêve, je l’ai réalisé. C’est juste magnifique. Plus loin, ce serait l’idée du bowling mais connecté, un lieu de vie avec un « jardin » qui ferait passerelle avec les gens qui viendraient se poser et discuter, avec une dimension internationale… Une rencontre LÉONARD DE VINCI C’était un curieux, un observateur, il allait au bout des choses, il ne se mettait pas de limite. Une couleur LE JAUNE ! C’est lumineux, chaleureux, sans être agressif. Une forme LE TRIANGLE Sans explication. Un courant artistique AH DIFFICILE DE FAIRE UN CHOIX… Il y a une certaine bipolarité dans mes créations. Je fais aussi bien du muralisme que des toiles. Je suis multidisciplinaire, il y a de la 3D dans ma peinture, dans la 2D. Ça vient du design ça (NDLR : il a une licence en arts graphiques et en design, qu’il a étudiés à Saint-Luc à Tournai). Et j’y ajoute mes émotions du moment. Une œuvre classique L’ANAMORPHOSE SELON DALĺ Son travail permet de faire ça, de créer un univers dans sa toile. Il n’y a plus de limite à la perception. J’aimerais arriver à monter ça sur le Plateau 112. Un message TA LIBERTÉ S’ARRÊTE OÙ COMMENCE CELLE DES AUTRES Ça renvoie à la notion de respect, au fait de savoir prendre sur soi, et donc à la tolérance aussi. Un film LA LIGNE VERTE J’aime le personnage qui est considéré comme coupable alors qu’il a juste essayé de faire le bien. Comme dans le graff, la majorité du temps c’est de l’intention positive. Un son OXMO PUCINO, TOUCHER L’HORIZON « J’irai plus loin que l’horizon / C’est bien mieux que le bout de son nez / Tous les murs qui nous bloquent brisons », etc. Un texte profond et sensible. MAZERmazingue.com

AFRO LIVE – Révolutionner la fête 

H-Town Ministry – Fondé en 2023 à Roubaix par Lunzi Agbogan et Jean Samuel Seka, H-Town Ministry est un label 360 dédié aux musiques afro et caribéennes. Avec des artistes comme Heaven Sam ou Don Jordy, le label allie production, booking, édition, communication et événementiel, pour créer une expérience complète. Avec plus de 250 morceaux et 500 millions d’écoutes à travers le monde, H-Town a collaboré avec des artistes de renom aux horizons variés, comme Stefflon Don, Keblack, Youssoupha, Slimane, Booba ou encore Fally Ipupa, raflant disques d’or, de platine et de diamant en France et au-delà. AFRO LIVE – Né d’un battle de danse improvisé en 2021 à La Condition Publique à Roubaix, Afro Live est un collectif initié par Lunzi Agbogan. Face à l’engouement du public, l’idée d’un mouvement était lancée, celui d’un mouvement qui repense l’art de la fête et du vivre ensemble. Block parties, concerts, soirées et workshops se sont enchaînés. Bien plus qu’un lieu pour chanter, danser, boire et manger, l’objectif est de créer une véritable plateforme : un espace qui capte les besoins et les tendances des jeunes, qui les forme, qui les connecte et les oriente vers les métiers de la création. Aujourd’hui, Afro Live travaille à transmettre l’énergie Afro Live hors de Roubaix : Paris, Bruxelles, Amsterdam… Parmi les témoins de cette aventure, il y a Julien Pitinome, photoreporter et coordinateur du projet média jeunes du Labo 148 à La Condition publique. Ancien éducateur spécialisé, il saisit en images l’essence des Afro Live depuis leurs premiers instants, portant un regard sensible et engagé sur ce mouvement devenu une source d’expression et de métamorphose collective.  Afrolive session ! – Depuis moins d’un an, un nouveau concept est né : les Afro Live Sessions. Un concept simple : un lieu, un Dj, du public et une heure de session live où la fête est à l’honneur. « Nous célébrons la richesse et la diversité des cultures Afros à travers des événements qui rassemblent, inspirent et connectent, sur internet comme sur les territoires. » Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome Crédit photo : Julien Pitinome AFRO LIVE

L’Oiseau-Mouche en quatre actes

L’oiseau-mouche – ou colibri – est un oiseau fascinant : plus petit volatile au monde, il bat des ailes jusqu’à cent fois par seconde – et c’est le seul capable de voler en arrière. Un symbole tout trouvé pour incarner un projet singulier, qui à la manière de son totem, avance avec agilité, audace et détermination. À Roubaix, l’Oiseau-Mouche ne cesse de se réinventer, en cultivant une approche artistique, sociale et profondément humaine. 1/ La compagnie de théâtre On connaît d’abord l’Oiseau-Mouche pour sa troupe unique en France, fondée en 1978, composée de vingt comédiens en situation de handicap. Pionnière du genre, cette compagnie permanente – à l’image de la Comédie-Française – est conventionnée par le Ministère de la Culture depuis 2013. Théâtre, danse, marionnettes, approches pluridisciplinaires : avec 58 créations et plus de 2 000 représentations en France et à l’international, elle explore autant d’esthétiques que d’artistes invités à la mise en scène. 2/ Le théâtre Le QG ? Un théâtre en plein cœur de Roubaix, labélisé Atelier de Fabrique Artistique depuis 2022. Équipé de deux salles de représentation, de studios et d’appartements, il accueille plus de 35 équipes artistiques chaque saison en résidence, représentation ou workshop. Sa programmation pluridisciplinaire est pensée main dans la main avec d’autres acteurs phares de la scène culturelle de la métropole lilloise : Le Gymnase CDCN, La rose des vents, NEXT Festival, Latitudes Contemporaines, le Centre Chorégraphique du Nord, le Théâtre Massenet… Ici, la mutualisation est au cœur du projet. Résidences croisées, logistique partagée, réflexions communes : un modèle collectif et résilient, en phase avec les défis contemporains. 3/ Le restaurant Juste à côté, Le Colibri est bien plus qu’une cantine d’artistes. Ce restaurant bistronomique, rénové en 2023, propose une cuisine maison, locale et créative. En salle comme en cuisine, une équipe professionnelle en situation de handicap assure un service chaleureux, sous la houlette des chefs Antoine Butez et Olivia Provoyeur. Ouvert le midi en semaine et les soirs de représentation, Le Colibri peut être privatisé pour des événements. L’Oiseau-Mouche propose aussi des espaces à la location et des journées team-building avec visites, rencontres ou ateliers autour de la voix, du corps ou de la cohésion de groupe 4/ Le service traiteur Dernière pousse de cette maison en mouvement : le Nectar, service traiteur haut de gamme lancé en 2023. Élaborés à partir de produits frais dans les cuisines du Colibri, ses buffets et cocktails sont pensés pour les entreprises, collectivités ou associations. « Nous sommes en train d’aménager un local à Roubaix pour cette nouvelle activité et nous espérons y emménager pour fin 2025 », confie Léonor Baudouin, directrice de l’Oiseau-Mouche. Une offre sur-mesure, inclusive et savoureuse – fidèle à l’essence du projet. L’Oiseau-Moucheoiseau-mouche.fr28 avenue des Nations Unies,59100 Roubaix

La revanche des sites

Née à Roubaix au cœur du XIXe siècle, La Redoute trouve ses racines dans la filature de laine fondée par Joseph Pollet dont l’atelier, installé rue de La Redoute, prospère grâce aux métiers mécaniques. Dans les années 1920, le groupe initie la vente par correspondance. De la laine aux catalogues, puis au e-commerce, La Redoute incarne une saga roubaisienne de reconversion réussie. Aujourd’hui, les anciens sites industriels connaissent une renaissance à Blanchemaille et dans le futur espace Pollet, au service de la nouvelle économie digitale. Dans les anciens murs de La Redoute, depuis bientôt 10 ans, Blanchemaille by EuraTechnologies est un terrain de jeu pour les startups du e-commerce et de la retail tech, où ceux qui osent viennent bâtir, concrètement, le commerce de demain. Dans ces locaux qui accueillent déjà une cinquantaine d’entreprises et 300 salariés, la flexibilité est reine : bureaux modulables, studios photo, espace de coworking, services à la carte. Blanchemaille est un écosystème, où l’innovation se fabrique, jour après jour. Le Bâtiment Pollet : un chantier exemplaire Dans la continuité du site Blanchemaille, un bâtiment historique fait l’objet d’une réhabilitation ambitieuse. Ce projet, porté par la Métropole européenne de Lille (MEL) et la SEM Ville Renouvelée, offrira 13 000 m² supplémentaires aux startups, aux entreprises, aux services liés au e-commerce et aux industries créatives.​ Objectif : atteindre 1 000 emplois d’ici 2026. Une fois les travaux achevés, le bâtiment Pollet, largement ouvert sur le quartier de l’Alma, accueillera notamment un incubateur, un hôtel d’entreprises, un centre de ressources, des espaces showroom, un laboratoire de recherche en marketing, ainsi que des espaces de restauration et de conférence. Réhabiliter sans démolir Dès l’origine, la Métropole Européenne de Lille, maître d’ouvrage du projet, a fixé une exigence forte : minimiser l’empreinte carbone en misant sur la réutilisation maximale des ressources existantes. Avec l’appui de la SEM Ville Renouvelée, de l’AMO économie circulaire Neo-Eco, et du cabinet SAA Architectes, la démarche de « dépose soignée » s’est imposée comme un fil conducteur du chantier. Un diagnostic précis de tous les éléments constitutifs du bâtiment a été mené avant même le début des travaux. Portes, cloisons vitrées, faux plafonds, radiateurs, lavabos, luminaires… Rien n’a été laissé au hasard. Chaque matériau potentiellement réutilisable a été soigneusement démonté, stocké et destiné soit à un réemploi sur site, soit à une redistribution vers d’autres projets via des associations partenaires. 35 tonnes de déchets évités, 400 tonnes de CO₂ économisées Les résultats parlent d’eux-mêmes : grâce à l’intervention de l’entreprise d’insertion VITAMINE T, environ 35 tonnes de déchets ont été évitées. En tout, ce sont près de 400 tonnes équivalent CO₂ qui pourraient être économisées sur l’ensemble du chantier — un bilan environnemental remarquable à l’échelle d’une telle opération. Côté matériaux, l’ambition est tout aussi impressionnante : Réemploi sur site de plus de 850 unités de faux-plafonds, 160 mètres linéaires de cloisons vitrées, 120 luminaires et 750 mètres de chemins de câbles. Réemploi ex-situ de 21 000 tuiles de bardage et 6 000 m² de moquette. Rénovation de 470 m² de parquet bois. Une partie des éléments démontés servira également à d’autres chantiers de la région, renforçant ainsi la logique de bouclage des ressources. Une logistique millimétrée au service du réemploi La réussite de cette approche pionnière tient aussi à la précision de l’organisation. Un espace de stockage temporaire a été aménagé dans le bâtiment voisin Moreau, simplifiant la gestion et la réaffectation des matériaux par étage. À cela s’ajoute une étroite coopération entre les différents acteurs : maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprises de travaux et AMO économie circulaire ont travaillé main dans la main pour anticiper les besoins et lever les freins réglementaires. Grands chiffres BLANCHEMAILLE87 rue du Fontenoy59100 ROUBAIX

Avec le Quartier Créatif, un nouvel art de vivre urbain

Au carrefour des dynamiques culturelle et artistique, économique, urbaine et touristique, se trouve le Quartier Créatif de Roubaix. En son centre, structurant, le musée La Piscine et sa future extension. En son cœur, battant, son voisin, le Foyer du Mutilé, transformé en maison du projet de ce vaste chantier. Autour, le long d’une trajectoire joignant le Conservatoire et le Colisée, des équipements culturels comme la médiathèque et La Cave aux Poètes, des établissements de formation aux métiers de la création, l’ENSAIT, l’ESAAT, ESMOD… Et, plus au loin, les entreprises de l’économie circulaire des Manufactures Tissel. Ainsi se dessinent les contours du Quartier Créatif, défini, sur le plan urbain, par les frontières virtuelles d’un périmètre comprenant des espaces existants et en devenir – faire grandir ce qui existe déjà et faire sortir de terre, c’est l’idée ; et imaginé, au niveau du concept, comme une « zone de rencontres » artistique et entrepreneuriale – créer des connexions entre les acteurs culturels et créatifs, les artistes, les entreprises, c’est l’ambition. Ainsi maillé, le territoire de Roubaix, typique des villes archipel, renforce la lisibilité de son offre culturelle, très dense et portée – c’est le postulat, par des institutions comme le musée La Piscine – et de son offre tout court. Le Quartier Créatif a d’ailleurs été conçu comme tel et au travers d’un prisme : celui d’une offre de services destinée à un couple de touristes séjournant à Roubaix, offre composée de lieux culturels et d’un écosystème créatif, mais aussi d’endroits pour dormir, se divertir et manger. Le réaménagement à venir de l’avenue Lebas, l’implantation future dans le quartier de l’Union du restaurant de Florent Ladeyn, chef étoilé, ou encore l’arrivée, sur le site universitaire de Campus Gare, de l’école Vatel avec son hôtel d’application 4 étoiles, en sont très largement parties prenantes. L’installation dans les locaux du Foyer du Mutilé de Bruno Gaudichon, ex-conservateur du musée La Piscine, missionné par la Ville pour travailler à la préfiguration du Quartier Créatif, et les trois jours de festivités qui l’ont accompagnée, en mai 2025, ont lancé la dynamique. Elle se déploiera progressivement au fil des ans, avec l’objectif de donner une identité à Roubaix et d’en faire une destination touristique reconnue, en même temps qu’un parcours, non pas exactement fléché, mais jalonné de lieux identifiés Quartier Créatif, viendra révéler un nouvel art de vivre urbain. La ville créative Née dans les années 2000, la ville créative a émergé en offrant une diversité d’expériences axées sur des enjeux de reconversion post-industrielle de villes et de quartiers, comme à Roubaix. On peut citer Bilbao, Manchester, Liverpool, Baltimore, Londres, Montréal mais aussi Vienne qui s’est dotée d’un quartier des musées. En France, beaucoup de villes se sont inspirées de ces aventures pour devenir plus culturelles, plus vivantes et portées par des volontés politiques fortes proposant des projets d’envergure. Quartier Créatif

Piktura, la révolution à 24 images/seconde

À Roubaix, dans les couloirs de Piktura, l’école de l’image, l’animation n’est pas juste une histoire de logiciels. C’est un terrain d’expérimentation au service de la narration. La technique, évidemment. Mais pas que ! Ici, on ne forme pas seulement des techniciens. On forme des artistes. Des esprits critiques. Des passionnés du détail qui savent que tout part de l’observation. Théâtre, peinture, architecture, photographie… Tout est bon pour aiguiser le regard, pour comprendre comment une lumière caresse un visage ou comment un mouvement trahit une émotion « Je leur dis souvent : il faut que vous ayez un cerveau de 40 ans, alors que vous en avez 20. », lance Carlos de Carvalho, directeur de la filière animation 2D / 3D.  Son rôle ? Pas celui d’un prof qui dicte, mais d’un accompagnateur qui pousse ses étudiants à faire mieux. À aller plus loin. À fouiller dans leurs souvenirs, leurs douleurs, leurs joies, leurs combats. À se demander : pourquoi ce sujet ? Pourquoi maintenant ? Et comment le raconter différemment ? Car ici, tout se fabrique de A à Z. De la musique au montage, du décor à l’émotion. Et tout doit faire sens. Surmonter les défis, un travail d’équipe. À Piktura, la création est rarement solitaire. L’école fonctionne à l’échelle humaine : petites promotions, esprit studio, projets collectifs. La réussite passe par la collaboration, le respect des rôles et des rythmes de chacun. Elliot, étudiant en licence 3 animation 2D, veille à la faisabilité de son projet avec trois autres étudiants, sans jamais perdre de vue l’histoire à raconter. Chargé de production, il se définit comme « un artiste technicien […] la personne grâce à qui des personnes comme Lola peuvent faire leur film ». Lola, dans la même promo, considère le scénario comme un moyen de concrétiser ses idées par l’image et participe à la création des décors. Elle explique : « On partage tout. Les idées, les outils, les doutes. C’est ce qui rend chaque projet plus fort et nous prépare aussi à une réalité professionnelle ». Tous deux partagent une même vision du travail de groupe : exigeant, mais humain. Avancer, tomber parfois, apprendre de ses erreurs ensemble. Et surtout garder cette étincelle d’enfance qui nourrit la création. Le résultat ? Des films qui osent ! Migrants, Les Larmes de la Seine, Au Huitième Jour…. Tous salués dans les festivals du monde entier. Nés de réflexions profondes sur le monde, la mémoire, l’écologie ou l’identité, ces films étudiants touchent, interrogent, provoquent tant par leurs sujets forts que par leur esthétisme hors du commun. Car à Piktura, on ne cherche pas à “faire comme”. On cherche à faire différent, à faire vrai. Et après ? Le diplôme en poche, les rêves bifurquent : rejoindre un studio, écrire, enseigner, tatouer, inventer des projets hybrides… Peu importe la voie, pourvu qu’elle reste libre ! Et à celles et ceux qui rêvent de se lancer, un conseil revient souvent : oser. Oser chercher, tester, se tromper pour que l’animation dépasse l’exercice de style et devienne un langage. Personnel. Audacieux. Vivant. Pikturapiktura.fr1 avenue Boileau,59100 Roubaix Découvrir les films 

Phil Spread, son job à plein temps

Autodidacte passionné devenu entrepreneur du son, Jean-Philippe Faillie, dit « Phil Spread », a fondé le studio Audioblend à Roubaix en 2015. Un nom, Audioblend, qui  évoque l’idée de mélange et de finesse sonore. Entre enregistrement, mixage, voix off, formation et création musicale, il incarne une nouvelle génération d’ingénieurs du son, à la fois techniciens, pédagogues et créateurs de lien. Retour sur le parcours d’un homme qui a fait de sa passion un métier aux multiples facettes. « Je n’ai jamais dit que je voulais travailler dans la musique. Je voulais être informaticien. » La phrase, prononcée au milieu de ses écrans et de ses machines, nous fait sourire. Le parcours de Jean-Philippe, alias Phil Spread, fondateur du studio Audioblend à Roubaix, est atypique, faite de passion, de résilience, et de beaucoup de câbles audio. À l’origine, la débrouille et le hip-hop C’est l’histoire d’un gamin du Pas-de-Calais. Dans un contexte familial modeste, le rap débarque dans les années 90. A la TV, DJ Abdel scratche tous les soirs dans l’émission « Nulle Part Ailleurs ». C’est le déclic. Pour faire comme lui, avec son cousin, ils achètent leurs premières platines et commencent à mixer dans des soirées « Ça permet d’acheter ses vinyles et de tester ses premières instru ». Les débuts sont artisanaux, à l’image de ses premiers enregistrements de groupes locaux, réalisés avec les moyens du bord dans une salle de répétition associative. Il ne le sait pas encore, mais il vient de mettre le pied dans son futur métier. Refusé à trois reprises aux formations audio post-bac, Jean-Philippe suit alors un cursus en commerce. Mais la musique ne le lâche pas. Il enregistre, compose, produit, apprend tout seul. Un déclic le pousse à suivre une formation en ligne avec Fab Dupont, ingénieur du son franco-américain reconnu. « La meilleure formation que j’ai eue : pas de recette, mais une philosophie. » La naissance d’Audioblend En 2011, il se lance dans l’entrepreneuriat via la couveuse de la BGE à Tourcoing. Le studio est encore chez lui, mais la vision est déjà claire : il faut être multiservices. Enregistrement, mixage, mastering, production, voix off, formation… Phil construit peu à peu son écosystème sonore. Il s’installe dans ses propres locaux à Roubaix en 2015. Dix ans plus tard, Audioblend est une référence locale et un modèle de polyvalence. Dans son studio qu’il a lui-même conçu et traité acoustiquement, il a été rejoint par un autre ingé son, Louis BZR. Ils accueillent aussi bien des artistes en développement que des clients professionnels, des comédiens, des formateurs ou des collectivités. « Je travaille de plus en plus avec le secteur institutionnel. Pour la communication la qualité du son devient cruciale dans les vidéos. » Technicien et pédagogue De nombreux artistes actuels, dont certains noms bien connus des roubaisiens, ont déjà fait appel à ses services : Sofiane Pamart, Eddy de Pretto, Kamini, YG Pablo, Reverie, Ours Samplus, Merty Shango, Sara Sara, Ladaniva, Bekar, Vicky R, Eesah Yasuke, Al.Hy, JNR, James Deano, et Freko Ding (ATK). En plus de ses sessions en studio, il propose également mixage et mastering à distance, travaille avec des applications comme l’appli de méditation Petit Bambou, réalise des voix off pour des entreprises ou des collectivités, collabore avec des comédiens via un catalogue de voix qu’il a constitué. Aujourd’hui, Phil partage son temps entre les sessions studio et l’enseignement. Il intervient à l’EF2M, l’école de musiques actuelles de Tourcoing, où il forme de jeunes musiciens aux outils de MAO (musique assistée par ordinateur).  « Enseigner, ça m’aide à rester connecté. Quand on transmet, on simplifie, on revient à l’essentiel. » Il produit aussi du contenu sur YouTube, où il partage ses conseils et ses réflexions avec ses 10 000 abonnés. Une manière d’entretenir un lien avec une communauté, mais aussi de contribuer à structurer un métier encore trop souvent invisible : « Les ingénieurs du son ne sont pas toujours crédités. Il faudrait un syndicat, une vraie reconnaissance. » ses vidéo Youtube Conscient de l’évolution des usages, Jean-Philippe a fait évoluer Audioblend au fur et à mesure des avancées technologiques. Il a également investi dans une certification Dolby Atmos, anticipant l’essor du son immersif dans la musique et le multimédia. « C’est un pari, mais quand tout le monde s’y mettra, moi j’aurai de l’avance. » Un studio à taille humaine Le diplôme en poche, les rêves bifurquent : rejoindre un studio, écrire, enseigner, tatouer, inventer des projets hybrides… Peu importe la voie, pourvu qu’elle reste libre ! Et à celles et ceux qui rêvent de se lancer, un conseil revient souvent : oser. Oser chercher, tester, se tromper pour que l’animation dépasse l’exercice de style et devienne un langage. Personnel. Audacieux. Vivant. Vous souhaitez découvrir son univers en live ? Audioblend fêtera les 10 ans du studio, le 17 octobre 2025 à La Condition Publique.  Audioblendaudioblend.fr49 boulevard de Reims,59100 Roubaix  Ses réalisations