Jour : 20 juin 2022

Du street art plein les poches

Le quartier du Pile est le terrain de jeu d’une multitude de talentueux street artistes. En son cœur, La Condition Publique, Laboratoire créatif emblématique des cultures urbaines, réunit plusieurs pépites. Plutôt qu’une brochure, une appli* a été créée pour présenter les œuvres et leurs artistes. Choix judicieux selon nous. Voici pourquoi en 3 points. 1 « Le street art j’adore, mais Roubaix c’est trop loin » Notre premier réflexe, c’est de vous répondre que Roubaix vaut vraiment le détour quand on est amateur de street art. Mais d’ici là, cette appli est une aubaine pour vous. Vous y trouverez tout : photos des œuvres, descriptions, infos sur les artistes, liens vers leurs sites et réseaux sociaux, etc. De quoi tout vivre et tout comprendre comme si vous y étiez et vous donner une furieuse envie de venir à Roubaix. 2 « J’ai prévu d’y aller mais je n’aurai pas le temps de tout voir » Cette appli va vous permettre de préparer votre venue et de sélectionner « votre parcours » en fonction de votre temps et de vos préférences. Pour cela, la fonction « filtre » est votre alliée. Le filtre « Condition Publique » vous permet de sélectionner les œuvres présentes au sein du bâtiment de la Condition Publique.  Le filtre « Quartier » présente les œuvres à aller découvrir en dehors des murs de la Condition Publique, vous incitant par la même occasion à vous balader dans un Roubaix riche en belles découvertes !  D’autres filtres, en fonction de vos centres d’intérêt : « scène locale » pour découvrir les artistes « made in Roubaix » « Collage » « aérosol » « pochoir » « peinture » « graffiti » (etc…) pour choisir en fonction de la technique utilisée « Engagé.e.s » pour découvrir les œuvres qui soutiennent une cause « Toits terrasses » qui réunit toutes les œuvres installées sur les toits de la Condition Publique (un endroit à découvrir !) Sans oublier les filtres « Graffuturism », « réalité augmentée » « hybride » qui ne manqueront pas de piquer votre curiosité. 3 « Je suis sur place et j’aimerais bien en savoir plus sur certaines œuvres/artistes » Rien de plus simple : sortez votre téléphone, ouvrez l’appli, cherchez l’œuvre dans le menu ou scanner le QR code qui se trouve dans le cartel apposé à côté de l’œuvre. Vous aurez accès à toutes les infos sur l’œuvre et l’artiste… mais pas que ! Pour certaines œuvres, comme celles de SAYPE, l’appli est le seul moyen d’avoir une vue d’ensemble. Ces œuvres monumentales n’étant visibles que si l’on prend de la hauteur. Pour d’autres œuvres, vous trouverez sur l’appli des infos qui vous permettront d’aller plus loin dans le travail de l’artiste, dans son rapport avec Roubaix… Vous pourrez ainsi découvrir les interviews des jeunes Roubaisiennes que l’artiste Yseult YZ Digan fait figurer dans ses œuvres. *Appli à télécharger gratuitement sur App Store et Google Play A noter : Certaines des œuvres ne seront visibles que lors de la saison « Urbain.es », jusqu’au 24 juillet 2022.

Brahim Bouchelaghem – Celui qui bouge tout le temps

Une journée type dans l’emploi du temps de Brahim Bouchelaghem ? Cela n’existe pas. Ou plutôt ses jours se suivent et ne se ressemblent pas. C’est ce qui plaît à ce danseur au grand cœur, qui s’est forgé dans les rues de l’Alma et parcourt aujourd’hui le monde avec sa compagnie Zahrbat. Zahrbat ça veut dire « celui qui bouge tout le temps » en arabe. Même s’il a choisi ce nom pour sa compagnie et sa première création en hommage à son père, il reconnaît volontiers qu’il lui correspond bien aussi. S’il n’y a pas de journée type dans le quotidien du danseur, elles commencent toutes de la même façon, par une sorte de rituel immuable. « Le matin, je prends mon petit déjeuner en regardant les infos. J’avale un café et deux ou trois gâteaux, puis je sors fumer une cigarette dans le jardin. Je regarde le ciel et je réfléchis. » La danse dans tous ses états C’est après que l’emploi du temps change. Résidence pour une nouvelle création, participation à un jury de breakdance à Chalon-sur-Saône, représentation de sa dernière création en Albanie, et parfois tout cela à la fois dans la même semaine… ou presque ! Le jour où l’on a rencontré Brahim, il était tranquillement posé au studio de sa compagnie au numéro 28 de la rue des champs. Des détails à caler pour sa participation au festival d’Avignon avec Marie et Luciole, qui s’occupent de tout le travail administratif pour la compagnie. En fin de journée, Brahim sera rejoint par quelques-uns de ses danseurs, « car où que je sois bien sûr, il ne se passe pas une journée sans que je danse ». Le danseur de bientôt 50 ans vit en bande et travaille régulièrement avec les mêmes danseurs dont les petits noms indiquent le lien quasi fraternel qui les unit : Mousstik, Cachou, Fouad, Allous, Nordine … Quand on lui demande où il sera la semaine prochaine, Brahim répond dans un grand éclat de rire. « Mon planning c’est Marie ! » Déchargé des contingences matérielles et organisationnelles, Brahim peut se concentrer sur ses créations. Sur sa danse, « du hip-hop d’aujourd’hui qui peut mélanger break dance et danse contemporaine » et sa pratique qu’il remet sans cesse en question. « J’arrive à 50 ans. Je fais encore des choses que bien des personnes de mon âge ne pourraient faire, mais je suis quand même conscient que ce n’est plus tout à fait comme avant. C’est passionnant de réfléchir à sa pratique et de contourner pour réaliser certaines figures autrement. » Son agenda est rempli jusqu’en 2024. En attendant, Brahim savoure quotidiennement de vivre de sa passion et de la transmettre à tous. Très attaché à Roubaix, « sa » ville, il est fier de faire partie du comité artistique d’URBX, le festival des cultures urbaines qui a lieu du 15 au 26 juin 2022. Au programme notamment, un battle pluridisciplinaire, le « Hip-Hop Series », qui doit réunir un danseur, un graffeur, un rappeur et un beat boxer par équipe. zahrbat.com Almataha : une tournée labyrinthe Brahim Bouchelaghem est actuellement en tournée avec sa pièce Almataha. Une des rares créations sans lui sur scène. « C’est un peu frustrant car je ne maîtrise pas la situation comme quand je suis sur scène, et en même temps je vois le moindre petit truc qui cloche » explique-t-il. Trois danseurs partagent la scène avec une marionnette qu’ils font vivre dans l’univers d’un labyrinthe (la traduction d’Almataha) qui symbolise nos cheminements, nos hésitations et nos apprentissages. En tournée depuis février 2021, cette pièce jeune public a déjà été jouée 35 fois et comptera 80 représentations au total.

Il était une fois… Vulgarité noble X Anti_Fashion

Des toits de la Condition Publique à une belle demeure bourgeoise, en passant par le canal et un parking suspendu, quand la créativité de Vulgarité Noble s’associe à l’énergie d’Anti_Fashion, ça donne ça. Un anti-shooting fier et frais, joyeusement urbain, où le vintage up-cyclé fait loi. En 5 actes, c’est une belle histoire, un conte… non un opéra. DA : Damecastagne ; ASSISTANTE DA : Charlene Ravyts / Solène Boulet/ Célia LecomteMUA / HAIR STYLIST : Maelys Casmarec, Act Academy (Emma, Constance, Marine) ; ÉQUIPE : Alex, Célia, Chandy, Fifi, Flavie, Garance, Inès, Malory, Noëlla, Océane, Octavie, Papysse, Romain, Sirine, Tbo, Tcherno ; ANTI_FASHION Project ; MARILYN FELTZ ; COLOM.B Design ; KUROH PHOTOGRAPHY ; J-C LEVASSOR ; LA CONDITION PUBLIQUE ; LE COUVENT-ROUBAIX ; LECLERC ; VOYOUVOYELLE STUDIO ; 3VS STUDIO ; 154STUDIO. Dame Castagne et les jeunes du collectifs Anti_Fashion Attention, arme de création massive ! Quand Julie Antoine aka Dame Castagne a posé ses valises au Couvent (de la Visitation), la rencontre fut une évidence. Roubaix était une évidence. Avec sa gouaille marseillo-bruxellienne et ses doigts fluos toujours prêts à pointer la beauté comme l’injustice, Julie nous a cueillis, ravis, kidnappés, et c’est naturellement que nous lui avons ouvert les pages d’Alternatif, comme elle ses bras. Celle qui plus que quiconque a le sens du collectif et une nature de maman qui fait grandir tout le monde sous ses ailes, a mobilisé un collectif jeune, créatif et enthousiaste : Anti_Fashion. Ensemble, ils nous offrent un portfolio mode époustouflant (pages 18 à 27). La marque de vêtements vintage up-cyclés de Julie, « Vulgarité Noble », inclusive et engagée, y prend toute sa dimension. Gitane attachiante, boxeuse amoureuse, metteuse en scène, styliste, drama, mama, extra, DA compulsive, héroïne du 21e siècle shootée à l’humain, Sœur, femme à tout faire et à tout être, Julie est Femme surtout, comme un mec plus ultra. Ultra-sensible, ultra-généreuse, ultra-louve (dont on est love). Facebook : Vulgarité Noble Un grand merci à Kuroh pour sa disponibilité, sa réactivité, son professionnalisme et son talent. Le photographe a commis notamment de belles pages mode dans le magazine Vogue… De là à penser qu’Alternatif est le nouveau Vogue roubaisien… eh bien pourquoi pas ?!

Les ateliers de la Teinturerie – Visite privée d’une pépite roubaisienne

Cette ancienne teinturerie, métamorphosée en restaurant pendant quelques années, vient d’être transformée en espaces partagés entre artistes et artisans. Aux manettes de ce tiers lieu, Nastassia Szymczak et Loïc Trinel, deux Roubaisiens rompus à l’exercice de ces opérations alternatives. Nastassia, maîtresse des lieux C’est un projet de scénographie qui lui fait découvrir Roubaix et rencontrer Loïc Trinel, alors directeur du Grand Bassin, espace de créateurs installé au Vestiaire. Ils créent « 56 phalanges », leur marque d’objets en bois recyclé qu’ils fabriquent artisanalement. Puis, Loïc devient directeur de l’Office du Tourisme de Roubaix, laissant à Nastassia la coordination et l’animation événementielle du Grand Bassin. Le duo partage une même expérience des ressources créatives roubaisiennes. Loïc est à l’origine du détournement de l’ancienne friche industrielle Jouret qu’il transforme en ateliers où cohabitent aujourd’hui céramistes, plasticiens, sculpteurs, sérigraphes, illustrateurs, photographes, stylistes et graphistes…Ensemble, ils acquièrent en 2021 les 1 500 m2 de la Teinturerie, rue de Croix à Roubaix, avec l’idée d’y installer leur atelier et de louer des espaces partagés. « On souhaitait ouvrir le lieu autant à des artisans qu’à des créateurs. Aujourd’hui, Corentin, Nicolas, Caroline, Elisa, Valentine et Chloé, Axelle, Géraldine, Liam et Baptiste nous ont rejoints. Une petite tribu qui permet de créer des synergies entre les activités de chacun dans un espace lumineux et spacieux dans lequel on se sent bien.» La menuiserie d’agencement de Corentin Un atelier où l’on voit le mobilier d’agencement intérieur en bois naître pour être ensuite posé au poil près et au carré dans les logements de particuliers. Un savoir-faire artisanal qui fait plaisir à voir. Corentin entend également développer prochainement une collection d’objets design. Les sérigraphies numérotées de Nicolas Les sérigraphies de street artistes sont développées ici, dans l’atelier d’Artaetas. Des mini-séries numérotées que l’on retrouve sur le site en ligne. Un beau projet qui offre la possibilité d’acheter une œuvre originale à bon prix. Et qui permet aux artistes de se faire connaître sur une plateforme commune et de belle notoriété. artaetasstudio.com Le mobilier souche de bois de Coralie On aime cette idée tellement dans l’air du temps. Coralie récupère des souches de bois et leur apporte une seconde vie design et déco, en les « pimpant » avec style. Tables, luminaires, assises, sculptures alimentent chaque jour un projet éthique et esthétique. pimpmysouche.com Les photographies argentiques et numériques de Caroline Son studio est un univers à lui seul. Sombre pour le développement et le traitement de ses photos argentiques, il n’exclut pas de mettre en lumière le travail artistique de Caroline. Entre numérique et argentique, l’artiste expérimente, trouve sa forme d’écriture pour faire naître des images marquantes. carolinepolikar.com Les céramiques douces et lumineuses d’Elisa Elisa a fait du chemin depuis son installation aux Ateliers Jouret. Ses céramiques aux formes rondes, douces et naturelles marquent les esprits, séduisent et provoquent des émotions. Ces sculptures à vivre, comme elle aime les qualifier, s’exportent aujourd’hui Outre-Atlantique. elisauberti.com Le studio shooting de Valentine et de Chloé Un studio photo professionnel qui se positionne essentiellement sur le shooting pour le web d’objets déco, mode… avec un accompagnement sur l’identité artistique ou d’image de marque. Un second lieu qui vient en complément du premier installé à la Condition Publique à Roubaix. studiomuts.fr Les bijoux aquarelle d’Axelle Un doux mélange de plusieurs influences signe les bijoux d’Axelle. Une touche ultra féminine se dégage de cet atelier entre les fleurs, les aquarelles et les dessins. Son univers est partagé avec les curiosités florales de Géraldine. studioatk.fr Les curiosités florales de Géraldine Des fleurs séchées s’étalent de toutes leurs couleurs sur la grande table de travail. Les compositions pleines de fantaisie de Géraldine renouent avec les parfums et les souvenirs d’antan comme des madeleines de Proust. lespepes.fr Les naans du traiteur Liam Le meilleur pain du monde, le naan indien, revisité à toutes les sauces et saveurs ! Telle est la proposition culinaire gastronomique de Liam. Dans la cuisine, il prépare d’excellents plats relevés et inspirés du monde. On le retrouve en food-court à la Friche Gourmande entre autres. oh-naan.fr Les vélos cargo de Baptiste Des vélos de seconde vie passent entre les mains de Baptiste pour y être transformés. Un cadre en métal accueille à l’avant un large bac, qui permet de transporter les enfants, mais aussi des marchandises de façon écolo. Ou peut également servir de point de vente ambulant. Les créations ludiques en bois de Nastassia et de Loïc C’est l’espace atelier dont ils rêvaient et qui a fait naître le projet global des ateliers de la Teinturerie. Nastassia et Loïc y créent, fabriquent les objets design en bois recyclé de leur marque « 56 phalanges ». C’est aussi le lieu où ils élaborent les éléments de décor et de scénographie d’événements dans les Hauts-de-France et en Belgique. cacophoniedobjets.wixsite.com/56phalanges

{nikonografik}, ni vu ni connu

Ça faisait longtemps qu’on avait repéré dans Roubaix ses masques aux signes géométriques ascendant Afrique collés à même la brique. Et ça nous avait tout de suite plu. Alors quand on a décidé de lui offrir la dernière de couverture de ce numéro d’Alternatif, on est allés à sa rencontre dans son atelier, à l’Alternateur. Vite fait, bien fait. Il s’appelle Boulogne et est originaire de Cambrai. Il est aussi discret que ses œuvres sont remarquables. L’homme n’est pas à une contradiction près. Et alors ? Dans son atelier roubaisien, Nicolas Boulogne, alias {nikonographik}, ou encore {n}… est bien. Même si l’artiste, qui fut un temps installé à RémyCo, se verrait bien étaler les œuvres en cours sur les murs immenses d’un plateau d’usine. Histoire de vérifier, en vrai, en géant et confortablement, la cohérence de sa nouvelle série. De l’ampleur ! Voilà ce vers quoi Nicolas tend. « Même si j’explore en ce moment plusieurs pistes, aujourd’hui j’ai envie que ça splashe, que ça coule, que ça dégouline ! » De ce point de vue, la der de couverture d’Alternatif est représentative de son travail actuel. United Strates of Posca Devant ses grands formats, les sous-titrages en VO fusent. « Je travaille les strates. J’aime l’idée de raconter une histoire par couches successives qui s’additionnent, se sédimentent, comme les cernes d’un arbre. » Côté couleurs, l’artiste adore utiliser le rose et « une palette qui en jette », adoucie parfois, pour un résultat plus subtil. L’ancien élève du lycée Baggio, graphiste de profession, maîtrise les calques de Photoshop, jouant avec aisance sur les transparences et les opacités. « Ce travail composite est un fil rouge… une espèce de logique dans mon travail. » Le pro de l’art numérique, nourri à la peinture, (« Quand j’étais enfant, mon père peignait dans le salon. A table, j’avais un pinceau à la place de la fourchette ou du couteau. ») a ressenti l’urgence d‘un retour à la matière. En 2020, il se lance un défi fou : un dessin par jour durant un an, soit 365 dessins. Sur des vieux plans A4 en calque, récupérés chez Matériaux Authentiques à Tourcoing, au Posca et en couleurs, des visages transparaissent, se suivent et dressent, jour après jour, le portrait d’une famille imaginaire insolite et sympathique. Au milieu de la série, des clins d’œil assumés et amusants, à Mister Voul, Frida Kahlo, Roy Lichtenstein, Yayoi Kusama, Picasso ou encore Dali. Une galerie de « freaks », chic et graphique. Le 25 décembre 2021, Nicolas poste sur son Instagram le dessin numéro 365. Challenge réussi ! Crédit photo : Sébastien Candelier In love with {n} En avril 2021, la rénovation de l’église Saint-Joseph, seul monument historique classé de Roubaix lui offre l’occasion de répondre à une commande exceptionnelle. Il réalise, avec la complicité d’amis artistes, une fresque de 50 mètres de long, juste en face de l’édifice niché au cœur de l’Alma. Un travail tout en motifs et en symboles, à la gloire des peintures qui ornent l’intérieur du bâtiment. Une première pour lui, qui aime aussi multiplier les collaborations, avec Resco, Mister Voul, Adré Uno, etc. « Je suis toujours curieux de faire avec les autres, heureux de sortir de ma zone de confort. » Dernière expérimentation, avec Adre, une fresque peinte au rouleau et à la perche sur un mur de l’ancien bowling de Roubaix. Nicolas donne de plus en plus de place à la peinture, privilégiant l’artistique au graphisme. On retrouve ses œuvres collées à Roubaix, Bruxelles, Montpellier, Lille, Hardelot ou… Boulogne, et même Naples ! Régulièrement, il anime des ateliers dans des écoles, en France et en Belgique, notamment avec des autistes, dont il envierait presque le talent pur et spontané. Sans être brut, son travail à lui a quelque chose de tribal, inspiré des motifs de tissus ethniques africains. En noir et blanc, on pourrait penser à « des coloriages pour ceux qui ne peuvent pas s’en payer », comme l’a joliment dit un enfant. On imagine aussi quels beaux vitraux ils feraient. instagram.com/nikonografik59 artaetas.com/users/nikonografik

Bertrand Millet, les jeux de la rampe

Directeur/programmateur du Colisée depuis 2006, il a été nommé président de l’association « Cultures Urbaines Roubaix » qui est à l’initiative de la première édition du festival URBX en juin 2022. Être acteur ou spectateur, c’est une question de point de vue… OU de siège !. Rome OU Roubaix ? Michel Leeb nous a laissé une dédicace : « Le Colisée n’est pas à Rome mais à Roubaix et c’est tant mieux ! » Il a tout dit, pour moi le Colisée est à Roubaix, mon cœur est ici. Indoor OU outdoor ? Je suis dans les salles, ma vie est dedans. Mais, côté personnel, j’aime être dehors, pour pédaler et jardiner. Juventus, de Turin OU de Cambrai ? Ça reste un super souvenir le Juventus d’Arc-et-Senans (NDLR : festival de solistes de musique classique accueilli à la Saline royale qu’il a dirigée dans le Doubs, repris depuis 1998 par la ville de Cambrai) mais j’aime le foot, je vais même au stade de temps en temps. Scène OU ville ? C’est super agréable d’habiter la ville où je dirige le théâtre (NDLR : il était Roubaisien avant d’y travailler) et pouvoir y accueillir mes amis est un vrai plaisir, c’est rare de connaître le public aussi bien ! Je suis à la ville comme à la scène : je peux mêler les deux et donc garder une vie sociale épanouie. Verre OU vers ? Comme tout le monde, je me suis mis à la bière (rires). La convivialité fait partie du métier, du plaisir de la sortie. C’est d’ailleurs l’objectif du Restaurant du Colisée ! Solo OU collectif ? Collectif ! Je suis un animal sociable, un urbain au milieu des gens. Dans mon travail, je manage vingt personnes dans une bonne ambiance. L’atmosphère, le fonctionnement en harmonie, c’est essentiel, il faut être attentif aux autres. Ça fait partie du plaisir de travailler ensemble. Passé OU présent ? Présent, résolument ! Le Colisée, c’est un projet tous les ans, il faut se tenir au courant. Voire futur : on se projette dans l’avenir, on a déjà en vue la saison 2023-2024… Avec les productions, on fait un travail par anticipation. Astronomie OU musicologie ? En parlant de zénith (NDLR : il a dirigé l’établissement lillois de 2003 à 2006), j’ai connu une certaine frustration de ne pas pouvoir faire de choix artistique. J’ai besoin d’associer l’exigence artistique au fait de m’y retrouver dans la programmation. Je suis éclectique mais je reste mélomane. Acteur OU spectateur ? J’ai été comédien, amateur, pendant mes études. Mais, très vite, j’ai compris que ma place était aux côtés des artistes, dans l’ombre, dans l’organisation. C’est un métier passion où il faut savoir rester curieux. Et puis, je suis spectateur 240 fois par an quand même ! Exploration OU expression ? Au départ, mon domaine est plus le théâtre et le rapport aux comédiens, et même si la danse est une discipline que je connais bien, je poursuis une grande exploration dans les autres domaines avec le festival URBX. coliseeroubaix.com Crédit photo : Eric Flogny

Roubaix, où l’art colore la nuit

A partir du 17 septembre 2022, Roubaix déploie son Parcours lumière, une série de dispositifs lumière et vidéo qui accompagnent, le soir, les cheminements piétonniers dans le centre-ville et contribuent à sa mise en valeur. C’est le premier événement amené à s’installer dans le paysage nocturne roubaisien avec pour objectifs de redynamiser le cœur de ville, de renforcer l’attractivité touristique et de valoriser le patrimoine. Roubaix, où l’art colore la ville, met de nouvelles tonalités lumineuses dans ses palettes. Sur les trottoirs, un fil de brique bleu invite le visiteur à découvrir les éléments dominants du patrimoine. Ceux qui, pour le suivre, avaient l’habitude de marcher le nez par terre qont invités à cheminer les yeux en l’air : trois jours par semaine, le jeudi, le vendredi et le samedi, dès la nuit tombée et jusqu’à minuit trente, un parcours lumière propose de voir d’un nouvel œil le patrimoine roubaisien. Les idées fusent, la lumière jaillit Le long d’une trajectoire reliant la gare à l’hôtel de ville, le musée La Piscine et l’Ensait profitent de cette mise en lumière : un mapping monumental de Camille Gross sur le premier et, sur la façade de la seconde, une rétroprojection de diapositives de verre. Là où les idées fusent, le jour, autour des futurs ingénieurs textiles et des chercheurs, la nuit l’ambiance se fera contemplative grâce à cette œuvre immersive de Lumières de verre. Œuvre : Luminariste – Crédit photo : Anaïs Gadeau – Ville de Roubaix Chemin faisant, autre lieu, la Grand’Place, autres propositions, autant graphiques que sonores. L’histoire industrielle de Roubaix s’écrit sur la façade de l’hôtel de ville avec le monumental mapping du peintre vidéaste Xavier de Richemont, Urba Ixo, et, celle de sa voisine Saint-Martin, sur l’église, du même auteur toujours. Diapositives de verre encore, mais cette fois à l’arrière de l’hôtel de ville ; projections fixes, ludiques (la nuit, les chouettes* sont de sortie !)… les lumières vont puiser dans une palette multiforme pour redessiner la ville jusque sur ses fresques, celle de Jimmy C notamment, et colorer la nuit. Également sur les façades de la Maison verte et de l’ancienne Banque de France et dans les vitrines des commerçants.* Chouette de Bertrand Gadenne Un mapping sur le graff de Camille Claudel de Jimmy C, tous les soirs à partir d'aujourd'hui pour fêter les 20 ans du @MuseeLaPiscine 😍 #Roubaix #MaPiscinea20ans pic.twitter.com/8td5N2HUuN — Ville de Roubaix (@roubaix) October 15, 2021