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Kopo Création, le bon (micro)sillon

Grégoire Pollet, ébéniste designer, s’est fait connaître grâce à sa console hi-fi pour vinyles en chêne massif, qu’il décline désormais en différents modèles. Retour sur son parcours, ainsi que celui de son épouse qui l’a suivi dans cette aventure. C’est l’histoire d’un couple roubaisien qui souhaitait changer de vie, voler de ses propres ailes et donner du sens à son quotidien. Tout a démarré en 2013 par un tour du monde pour Annabelle et Grégoire Pollet. Lui est ingénieur automobile, diplômé des Arts et Métiers à la Catho. Elle, est adjointe de direction en restauration, après des études de management. Ils ont en commun cette volonté de prendre du temps pour eux. « On a pris le problème dans le sens inverse, et plutôt que de se demander ce qu’on voulait faire maintenant, on a imaginé ce qu’on voudrait être dans 10 ans », explique la jeune femme. Pendant plusieurs mois, des dizaines de post-it envahissent les murs de leur maison. Le tour du monde qu’ils réalisent sur une année va également nourrir leur réflexion. « Nous sommes des passionnés d’artisanat, et avons décidé de partir avec notre sac à dos à la rencontre des artisans du monde, afin de voir comment la pierre, le bois et le métal étaient travaillés », ajoute Grégoire. Pour se démarquer, il fallait proposer la pièce d’exception qui relève l’intérieur. A leur retour, l’ingénieur auto se lance dans une formation en ébénisterie chez les Compagnons du devoir à Villeneuve-d’Ascq. C’est un certain Benjamin Jacob (l’atelier Kaat à Roubaix) qui le forme, et lui enseigne le travail du bois, avant de partager avec lui, dès 2016, une partie de son hangar, rue Racine, à l’Alma. Charpente, aménagement intérieur, meubles sur mesure, Grégoire Pollet découvre, avec son maître, le métier. « Ce sont des projets qui prennent du temps, demandent d’être chez le client pour prendre les cotes », poursuit le jeune homme qui se penche très vite sur des créations plus personnelles. « Avec Anabelle, qui s’occupe désormais de toute la partie communication et marketing, on s’est dit qu’on préférerait travailler nos meubles à notre manière, mais il fallait trouver une idée pertinente », raconte l’intéressé. C’est dans ce contexte que naîtra en avril 2018 Kopo Création, en même temps que la première console hi-fi pour vinyles. Fans des disques et de musique, Annabelle et Grégoire Pollet vont se servir de leur passion commune pour concevoir les plans d’un meuble dédié. « On s’est rendu compte que les maisons étaient de plus en plus agencées et aménagées, et que pour se démarquer, il fallait proposer la pièce d’exception qui relève l’intérieur », développent-ils. Bingo, puisque la première console vinyle produite – et mise en vente sur Internet – partira en une semaine ! kopocreation.fr Eco-gestion et Zéro Déchet font bon ménage Depuis la création de leur première console hi-fi pour vinyles, Annabelle et Grégoire Pollet ont diversifié la gamme. Aujourd’hui, il existe au moins trois modèles différents, mais le couple ne s’enferme pas dans les standards, et propose également des solutions sur mesure. Parallèlement, le catalogue s’est élargi avec notamment des tables de tout type, de bureau, de salon, de salle à manger ou encore de chevet. Tous les meubles sont en chêne massif, et sont fabriqués sur commande. « Ainsi, pas de stock, pas de gaspillage, car nous souhaitions aussi donner un sens à notre projet en créant une société éco-engagée, soulignent-ils. Nos meubles sont en bois français venant de forêts éco-gérées avec le label PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières). » Tous les deux se sont également engagés dans une démarche Zéro Déchet : les copeaux de bois partent en jardinerie, tandis que les chutes de bois servent à chauffer l’atelier.

Aequo, Egaux no ego

Depuis 2018, Tim Defleur et Arthur Lenglin créent ensemble, l’esprit ouvert et les pieds ancrés dans le sol, celui de la région qu’ils aiment, la nôtre. Pour profiter de la dynamique Design qui pointait à l’horizon 2020, les deux compères issus de l’ISD, Institut Supérieur de Design de Valenciennes, ont lancé une maison d’édition, aujourd’hui revendiquée comme studio de création, au nom évocateur. « Aequo parce que patrons, ouvriers… nous sommes tous égaux », scandent-ils en chœur. L’humain avant tout, tel est leur credo. Dans leur atelier-boutique de Maisons de Modes à Roubaix, qu’ils ont investi en 2020, deux imprimantes 3D tournent à plein régime, tandis que la machine à broder marque des bleus de travail d’un motif de fil rouge symbolisant la brique. Ici, on peut découvrir les pièces fétiches de leur première collection, résolument « territoriale ». Coups de cœur pour le soliflore terril, l’usine bougeoir/serre-livres (née lors d’une Braderie de l’Art), mais aussi pour les nouvelles pièces qui mettent le design à la portée de tous. Mention spéciale à Beer & Add’on, système ingénieux imprimé en 3D qui transforme n’importe quelle bouteille de bière en soliflore. C’est joli, intelligent, utile, éco-conçu et local. Du design comme on l’aime. Photos : @sloftmagazine et @aurelienbacquet le photographe aequo.design AEQUO : LE PORTRAIT CHTInois Ils sont profondément ancrés dans le territoire nordiste et le revendiquent haut et fort. Tim Defleur et Arthur Lenglin, designers co-fondateurs du studio de création Aequo se prêtent au jeu du portrait chinois à la sauce locale. crédit photo : ©Aequo Si vous étiez… Une année 2020, avec un objectif fixé : faire partie de l’aventure Lille Capitale Mondiale du Design… Un métier Designer, le nôtre. Ou ouvrier. Trop peu valorisé alors qu’il fabrique, produit, certes avec des machines ou en appuyant sur des boutons, mais avec un véritable savoir-faire. Un objet du quotidien La cafetière italienne qui tourne en boucle. Une invention L’imprimante 3D, qui nous sert à imprimer les modules de Beer & Add’on Un vêtement Le bleu de travail. L’uniforme de l’ouvrier devenu le nôtre, que nous nous amusons à broder avec des motifs ou à transformer en coussin par exemple. Une région Le Nord bien sûr ! C’est la région qui nous inspire, des falaises de la côte d’Opale aux terrils du bassin minier, une promenade dans la forêt de Mormal puis un apéro dans le Vieux-Lille… Un lieu La Cité des Electriciens, une cité minière réhabilitée en centre culturel, qui nous à fait confiance pour notre premier projet d’agence de design. Nous y avons posé nos valises, rencontré les habitants et travaillé avec eux pour concevoir une exposition sur le lien entre design et territoire. Un architecte ou un artiste L’architecte Gabriel Pagnerre, originaire de la région, qui nous inspire par ses architectures Art déco récurrentes autour de Lille. Une matière La brique, symbole de notre région. Elle nous inspire au quotidien, nous la travaillons et réinventons les usages de ce matériau. Une couleur Le bleu ! C’est la couleur de notre logo, de notre bleu de travail. Elle représente pour nous l’humain, la vie et la créativité. Une boisson/un plat La bière ! Une triple de préférence 😉 Le welsh (mais sans jambon :/) Un fromage Le Maroilles en référence au plateau-paysage en pierre bleue réalisée avec le marbrier Sansone. Un musée La Piscine, près de laquelle nous avons notre atelier-boutique. Avec la proximité de ce musée, nous bénéficions du contact avec notre public, qui partage avec nous l’amour du patrimoine et comprend notre démarche. Un paysage Le Boulonnais. Une ville Roubaix, une ville éclectique et créative, super inspirante !!

Pickles* design

De Limoges à Roubaix… en passant par le grenier Elle sont piquantes mais n’ont rien de cornichons, mettent du piment sur nos tables, mais en douceur. Virginie Wauters est graphiste/architecte d’intérieur et Axelle Brétignière peintre/décorateur/professeure d’arts-appliqués. De leur rencontre est née une belle amitié et l’envie de faire ensemble. Amoureuses des belles choses et sensibles à l’impact environnemental des process de fabrication, elles ont décidé de jouer les up-cycleuses et ont créé Pickles design. Leur idée ? Sortir la vaisselle de mamie du placard et lui donner une seconde vie à coup de créativité, aux Ateliers Jouret. La porcelaine chinée, porteuse d’histoires et d’émotions familiales, se pare de jolies couleurs tendances ; la peinture ose le pari des formes géométriques ou de la transparence, matche en recto-verso, en négatif-positif. Et vice-versa. Entre élégance passée et décalage assumé, nostalgie et modernité, chaque pièce vintage revisitée devient une création unique. Les arts de la table se font ludiques, esthétiques, mais aussi pratiques. Assiettes et tasses finement parées sont passées au four à très haute température, pour résister au quotidien et au lave-vaisselle. Irrésistibles. *Conserves au vinaigre ou en saumure Photo : Anaïs Gadeau legrandbassin.fr ateliersjouret.fr FB : Pickles_design

La Maison Roubaisienne, maison de qualité fondée en 2020

Depuis sept ans, Jean-Charles Huvelle gère le site tissuspapi.com. Le petit-fils de Gaetano Ferrante, le fameux papi marchand de tissus, chouchou des couturiers et des couturières, lance aujourd’hui La Maison Roubaisienne, maison d’édition de tissus originaux. L’histoire continue…  D’où vient l’idée de créer vos propres tissus ? Tissus Papi en propose des milliers… N’était-ce pas suffisant ? Non ! Ce n’est jamais suffisant (rire). Les Tissus Papi ont quarante ans, la boutique en ligne sept. Il était temps d’écrire une nouvelle page. Nous avons commencé à créer nos tissus il y a au moins trois ans. Avec la création de La Maison Roubaisienne, nous entrons dans une nouvelle dynamique. Pourquoi ce nom… La Maison Roubaisienne ? C’était important pour moi, en développant la marque, de dire encore plus que nous sommes roubaisiens. Cette ville, je la trouve passionnante. Entre le fil et la brique, elle a un passé incroyable et une énergie bouillonnante. Nous avons créé un tissu « I love Roubaix »… un de nos plus gros succès ! D’ailleurs, nous le rééditons en 2021. Aujourd’hui, nous créons les motifs à Roubaix et produisons ailleurs. Mais à moyen terme, je souhaite fabriquer ici. Où puisez-vous l’inspiration ? Partout. Je ne me ferme aucune porte. Il n’y a aucune limite, si ce n’est le temps. Je travaille en collaboration avec une graphiste. Parfois je la mets sur une piste et elle rebondit, parfois je lui dis clairement : je veux ça ! Elle me fait aussi des propositions. D’une façon générale, c’est un travail d’équipe. Photos : © Anaïs Gadeau La tendance… vous la suivez ou vous la faites ? Notre expérience fait que nous sentons la tendance évidemment. Nous savons ce qui marche ou marchera. Exemple avec la Toile de Jouy. Je me suis dit : on y va ! Mais à la différence de la toile bleue traditionnelle, j’ai voulu sortir des sentiers battus, en proposant d’autres couleurs, moutarde, rose, vert, rouge et pas un seul bleu mais cinq voire six ! La collection « Ober » (en hommage au créateur de la Toile de Jouy, Christophe-Philippe Oberkampf) propose 17 ou 18 nuances. Quelle est la création dont vous êtes le plus fier ? C’est probablement notre tissu baptisé « Gunma », basé sur un motif japonais, des branches de cerisiers en fleurs avec des oiseaux. Et aussi le « Sakura », que l’on retrouve sur le maillot de notre équipe cycliste. Une idée de votre prochain motif ? Je n’en ai jamais une seule… mais plutôt quinze ! lamaisonroubaisienne.com tissuspapi.com

Illustration d'Amandine Darachinois pour "La nuit des Arts"

Gare au louuuuup !

La Nuit (des Arts), les loups ne sont pas gris, mais de toutes les couleurs. Depuis 2012, Amandine Derachinois les décline sur des affiches, en traits faussement naïfs. Celle qui a usé ses crayons à St-Luc – Tournai est, depuis 2009, responsable de création graphique au sein du service Communication de la Ville de Roubaix, s’illustrant dans des campagnes visuelles remarquables et remarquées. Eldorado oblige, elle joue en 2019 la carte mexicaine, en signant la dernière affiche de ce qui constitue déjà pour certains, une jolie collection. Découvrir l’univers d’Amandine en ligne © Amandine Derachinois © Amandine Derachinois © Amandine Derachinois © Amandine Derachinois © Amandine Derachinois © Amandine Derachinois © Amandine Derachinois © Amandine Derachinois © Amandine Derachinois © Amandine Derachinois