Benjamin Kluk, jusque dans la peau

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Street-artiste et tatoueur : Benjamin Kluk a deux visages… Et bien plus encore. C’est grâce à ses collages de dessins de têtes célèbres en Noir & Blanc qu’il s’est révélé. Exclu : notre rédacteur l’a interviewé au détour d’un tatouage sur le bras. Le genre de rencontre qui laisse des traces !

Street-artiste la nuit...

C’est en 2018 qu’apparaissent les premiers collages de Jacques Brel un peu partout dans la Métropole lilloise. Sortis de nulle part, on s’interroge sur l’auteur de ces dessins de Kimbo Slice, Pablo Picasso, Jean-Michel Basquiat, Bruce Lee… Du Noir & Blanc, des traits épais, pas de signature : le style est reconnaissable instantanément. Grâce à Instagram (aka le bouche-à-oreille version 21e siècle), le nom de l’artiste se fait connaître : Benjamin Kluk !

Je graffe depuis que j’ai 14 ans. L’envie de peindre sur les murs m’est venue car je voulais laisser une trace.
Avec l’âge, j’ai mis en retrait le côté « sauvage » du graff, pour me consacrer au collage.

Il emménage à Roubaix, du côté de la Condition Publique, en même temps que l’exposition « Street Generation(s) » qui regroupe les street-artistes du monde entier.

Dans le coin, il y a deux écoles de Street-Art : Lille et Roubaix…
Tous mes potes sont à Roubaix et ils sont tous artistes ! Il se dégage ici une énergie qui pousse à la créativité.

C’est le déclic ! Benjamin Kluk se met au collage, parcourt l’Europe (Budapest, Amsterdam, Lisbonne, Bruxelles…) et expose quelques-unes de ses œuvres sur internet.

Grâce à Instagram, je suis connecté avec des gens du monde entier ! Je reçois sans cesse des messages et je suis tagué sur les publications des gens qui reconnaissent mon travail.

Tatoueur le jour !

En parallèle de son activité de street-artiste, Benjamin Kluk est aussi tatoueur. Encore plus rare dans le milieu : il signe de son vrai nom. Là encore, Instagram joue un rôle déterminant.

Je reçois des demandes de partout ! Je tatoue mes dessins de visages, mais j’accepte aussi les commandes (texte, réalisme, couleur…). J’ai fait des études d’art, et des peintres comme Matisse m’inspirent beaucoup.

Il squatte le Camarade Tattoo Club à Roubaix avec ses potes Dom, Shadow et Myrtille. Le salon ressemble à un moulin : la porte est toujours ouverte, ça rentre, ça sort, ça boit du café, ça mange des pâtisseries, ça se vanne, ça s’appelle « gros », ça rigole… Une ambiance conviviale où tous les tatoueurs s’entraident. Et quand c’est le moment de tatouer, fini de rigoler.

Je me considère comme un artisan plutôt que comme un artiste. Je ne sais pas combien de tatouages j’ai réalisés, mais je me souviens de chacun d’entre eux car c’est une expérience intime. Après tout, le tatoueur inflige de la douleur au tatoué !

Notre rédacteur aussi gardera un souvenir indélébile de ces moments chez le Camarade Tattoo Club (précisons que ce n’était pas une première). Des tranches de rires, des moments de serrage de dents (dans le milieu on parle d’une « peau de poulet ») et des longues discussions autour de l’art : arts de la rue, cinéma (le saviez-vous ? Benjamin Kluk a un tatouage de « Shining » sur la cuisse !) et musique (Des Doors aux Deftones en passant par… Dalida !). Et ces discussions continuent encore aujourd’hui sur Instagram… Merci Benjamin !

Retrouve-le sur Instagram à l’adresse @benjamin_kluk et envoie-lui un petit message de la part d’Alternatif…
Histoire de polluer encore plus sa messagerie !