Le silence de l’anneau

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Après l’ouverture du vélodrome Jean Stablinski dit le Stab, en septembre 2012,je suis devenue accro à son atmosphère si unique. Habituée de ce lieu spectaculaire, je vous en livre sans détours ma vision personnelle. Mon histoire, entre le Stab et moi.

Comme toute relation qui compte, celle que j’entretiens avec le Stab est liée à mon parcours intime. Je suis la maman d’un coureur cycliste aux multiples disciplines, qui a participé à de nombres courses sur piste, plusieurs fois champion. J’en suis très fière. Je suis également bénévole à l’occasion de manifestations qui y sont accueillies : Masters France, Open des Nations, Championnats de France piste, Stab challenge, etc. Il m’arrive même d’assister à certaine courses en tant que photographe.
Depuis 5 ans maintenant, je suis abonnée à la salle de musculation. Je peux dire que j’y passe tout mon temps libre ou presque.
Je ne vais pas au Stab uniquement pour faire du sport, mais aussi et surtout pour pouvoir discuter avec tout ce petit monde du cyclisme. J’adore ça, alors j’avoue… j’y passe ma vie.

Dans le ventre du Stab

Je suis allée à la rencontre de Luc, l’un des techniciens du vélodrome, afin qu’il me dévoile les dessous de la piste. Cette piste monumentale, théâtre de moments tellement spectaculaires… j’allais enfin en découvrir le ventre !
Luc me parle de la construction de ce mastodonte de bois. Et je ne peux être qu’impressionnée. Déjà vue au-dessus, la piste épate. Sous une charpente métallique colossale, mille cinq-cents places en gradins embrassent l’anneau elliptique de 250 mètres. Au centre de cet incroyable écrin : un espace polyvalent qui accueille tout au long de l’année des événements divers.
Sous la piste, je prends encore un peu plus conscience de la prouesse technique. Je suis sous la coque d’un bateau. Ecrasée. Je devine les courbes de mélèze, toutes ces lattes cintrées en un anneau asymétrique, dont la pente peut atteindre 45 degrés. Vertigineux !

Conçu par l’architecte roubaisien Gilles Neveux, le Stab est l’un des premiers équipements sportifs certifiés HQE. Il fait officiellement partie des centres de préparation olympiques de Paris 2024.

L'ange du Stab

Le technicien passionné ponctue la visite d’anecdotes. Il me raconte ainsi l’histoire de cet autre amoureux inconditionnel du vélodrome, qui y passait aussi tout son temps, allant même jusqu’à dormir sur le chantier durant la construction. Il surveillait le chantier alors qu’il n’avait rien à voir avec les entreprises, ne manquait pas de donner son avis lorsqu’il voyait que les ouvriers se trompaient… et il avait souvent raison ! Tellement raison que les chefs de chantier en sont arrivés à le consulter, comme un expert. Vous voyez les bandes rouges, noires et bleues, ainsi que la bande azur de la piste ? Eh bien c’est lui qui les a repeintes lui-même, car les ouvriers s’étaient trompés.
Il se nomme Jean Moiroud et il est l’un des anges gardiens du Stab. J’espère un jour le croiser au détour d’une manifestation, sur la piste ou en-dessous, afin qu’il me livre lui-même son histoire.