Étiquette : entreprise

Du sur-mesure sans démesure

Fabienne et Pascal ont eu une intuition : et s’il était possible d’inventer un système pour ajuster parfaitement les jeans aux différentes morphologies ? C’est de cette idée qu’est né Federal’s. Pour la taille, un système inédit de velcro permet d’ajuster le tour de taille. Pour les hanches et les cuisses, un laçage sophistiqué permet de s’adapter à toutes les formes. Les deux inventions sont brevetées. « Les tissus ne contiennent que très peu d’élasthanne, une fibre synthétique qui rend le tissu extensible mais qui se déforme à la longue », ajoute Pascal Crépin, dans son atelier boutique de Roubaix. Il en apporte immédiatement une preuve irréfutable : le jean’s  qu’il porte depuis 6 ans… qui semble n’avoir pas bougé tant sa facture est impeccable.   Made in France Chez Federal’s, la qualité ne s’arrête pas là car le couple souhaite proposer un produit made in France, respectant non seulement les standards de la couture mais aussi la nature : Pascal est toujours à la recherche de tissus « oubliés », de chutes à assembler. L’éco-développement, l’environnement, la revalorisation des chutes de tissu, voire même le Zéro Déchet sont au cœur du projet. Il faut compter aux alentours de 185 euros pour un jean standard qui durera des années, s’adaptant aux kilos des fêtes et aux régimes d’été. Sans oublier que certains modèles sont pour certains absolument uniques, bien loin des grandes séries des grandes enseignes de fast-fashion. © Sébastien Jarry © Sébastien Jarry © Sébastien Jarry Véritables passionnés, Pascal et Fabienne Crépin ont tout plaqué à Montreuil-sur-Mer pour venir faire naître leur projet dans l’écosystème de la mode roubaisienne. « Mon père ne souhaitait me voir devenir couturière mais j’adorais ça », raconte Fabienne. Pascal lui a passé 25 ans dans le bâtiment : gravement accidenté, il a dû renoncer à ce métier sans toutefois renoncer à son goût du détail et du travail bien fait. C’est Fabienne qui l’a incité à patroner, découper, assembler, etc. « Elle a eu un culot monstre », lâche Pascal reconnaissant. Quand je faisais des reprises de jeans, je me suis aperçue qu’on me demandait souvent d’ajuster la taille, les hanches ou les cuisses, » se souvient Fabienne. www.federals.fr

Prothésiste, tout un art

Quand un orthoprothésiste et une styliste de mode se rencontrent cela donne U-exist qui propose des prothèses fun et personnalisées qu’on est fier de montrer. Simon Colin, orthoprothésiste de formation a étudié à Bruxelles et a toujours été préoccupé par le côté froid de la prothèse, toujours de couleur chair, grise ou noire. « L’acceptation de la prothèse était rendue encore plus difficile par son aspect impersonnel. » Le jeune homme rédige son mémoire sur la customisation des prothèses et reçoit un accueil chaleureux du jury. U-exist est déjà en gestation. Sa rencontre avec Amandine Labbé styliste et professeur à Esmod fera le reste : elle apportera avec elle l’univers de la mode dans celui des prothèses. Personne n’y avait pensé et c’est une chouette idée : en 2014 ils fondent ensemble U-Exist : « Vous aussi, jouez de votre différence. » Le partage des rôles se fait naturellement : Simon prend en charge l’aspect technique et l’impression des motifs sur les matières, quand Amandine s’occupe de constituer une collection de motifs. Car c’est véritablement d’une collection dont on peut parler, comme dans la mode. Le catalogue présente 250 motifs différents © Sébastien Jarry © Sébastien Jarry Des collections capsules « Le catalogue présente 250 motifs différents, organisés par thématique, pour tous les âges, tous les styles, hommes, femmes et enfants », précise Cindy Habchi, chargée de communication de U-exist. Les motifs sont créés par Amandine ou par un réseau d’artistes avec des collections capsules comme dans la mode : Nikok et ses motifs robotiques, Laure Poitreau et ses motifs animaliers pastel ou encore Boniett et ses carpes sur fond fleuri. Il est possible aussi pour le patient de recourir au service U-adapt s’il a lui-même créé ou dessiné un motif qu’il souhaite voir reproduire sur sa prothèse. Ou encore, grâce à U-custom faire réaliser sur mesure un motif qui lui appartiendra à vie. Une dimension humaine primordiale L’entreprise fonctionne comme une start-up, « On n’est que 4 et on est forcément touche-à-tout » , ce qui convient parfaitement à Baptiste Jules, le commercial du quatuor. C’est lui qui se charge notamment d’agrandir le réseau des orthoprothésistes avec lesquels l’entreprise travaille, déjà au nombre de 50. « Chez U-Exist, ce n’est pas un travail de commercial comme les autres. Il y a forcément une dimension humaine primordiale et cela me plaît. Je vends quelque chose d’utile et je crois en ce que je vends. » U-exist habille des prothèses de patients dans toute la France et commence même à s’internationaliser : en Allemagne, en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas ou encore en Australie ! La start-up peut aussi compter sur des ambassadeurs de choix comme Jean-Baptiste Alaize, plusieurs fois champion du monde en saut en longueur, dont la prothèse raconte l’histoire. Cindy Habchi se réjouit : « On a l’impression que la mode s’ouvre de plus en plus au monde du handicap, on a récemment réalisé un shooting photo très mode, très fun. » C’est certain, U-exist apporte tous les jours sa petite pierre à l’édifice pour que ce regard change. Et les patients sont ravis que la conversation s’engage désormais sur le motif original et non sur la prothèse elle-même. Pari gagné. u-exist.com