Catégorie : Décryptage

La Condition Publique, Labo du quotidien

C’est désormais par une grande porte bleue que se fait l’accès quotidien à une Condition publique transformée. Après 18 mois de travaux et une saison de printemps annulée en raison de la COVID-19, la Condition publique a rouvert ses portes en septembre 2020, avec une rue couverte magnifiée, un espace Beaurepaire repensé, un espace d’exposition ouvert sur la rue… Un laboratoire créatif. C’est ainsi que se définit la Condition Publique. Et les 18 mois de travaux de la rue couverte lui ont permis d’expérimenter de nouvelles façons d’accueillir le public, notamment avec Le Beau Repaire. « La Condition publique est un grand lieu qui peut sembler intimidant, souligne Jean-Christophe Levassor, directeur de cet Etablissement public de coopération culturel (EPCC). C’est pour ça qu’on a vraiment voulu s’ancrer dans la proximité, rassurer le public, par exemple en créant une nouvelle porte d’entrée pour un contact plus proche, plus direct avec un comptoir ou en ouvrant l’espace d’exposition avec ses grandes baies vitrées. » Photos : Anaïs Gadeau Terrain de jeu créatif Le Beau Repaire est aujourd’hui plus que jamais le lieu d’accueil du quotidien, on peut venir boire un café, jouer à des jeux en bois, écouter un concert (gratuit, tous les vendredis soirs), participer à des ateliers en famille… Les 3 Halles permettent des configurations multiples : la Halle A et sa salle de spectacle, la Halle B et son skate park, la Halle C et son espace de fabrication mutualisé. A l’étage les Labos regroupent toute une communauté créative, autour du design sonore, d’un média jeune, du Zéro Déchet… « On travaille avec différents types de population et on les amène à se croiser, dans une logique de « faire ensemble », ajoute Jean-Christophe Levassor. C’est dans l’ADN de la Condition d’être dans le partage. » Et pour rejoindre ce grand terrain de jeu, ne reste plus qu’à pousser la porte bleue… Photos : Anaïs Gadeau C’est dans l’ADN de la Condition d’être dans le partage. Jean-Christophe Levassor, directeur de La Condition Publique Photos : Anaïs Gadeau Photos : Anaïs Gadeau laconditionpublique.com

Quoi de neuf ? Que du vieux !

Alors que le vintage s’invite partout dans nos intérieurs, acheter des objets de seconde main répond aussi à une pratique responsable. En les sauvant de la benne, on fait du bien à la planète. Et la bonne nouvelle, c’est que les boutiques de réemploi se multiplient ! Un joyeux mélange Dans la boutique, les objets sont classés par univers : les meubles, le bric-à-brac, les activités sportives, la vaisselle, les livres, cd et vinyles, les jouets, la puériculture, etc. Devant moi, un rayon complet de tasses me tend les bras. Finalement, le plus dur va être de choisir… Sandy, le coordinateur des lieux, s’amuse de la scène. « C’est la folie, la vaisselle de nos grands-mères part comme des petits pains ». Chez ReStore, tout le monde se côtoie : les passionnés de récup et d’upcycling, les étudiants, les personnes aux revenus modestes qui veulent se meubler pas cher, les convaincus du zéro déchet. Tout le monde. Et c’est bien ce qui fait la magie des lieux. Economie sociale et solidaire Derrière la bonne affaire se cache un concept porteur de sens. Les milliers d’objets présentés sont collectés dans les déchetteries de Roubaix, Tourcoing et La Madeleine par des employés en réinsertion professionnelle. « Les gens se débarrassent de leurs meubles et objets dans nos espaces de réemploi. Nos agents valoristes opèrent un tri, nettoient et réparent à minima avant de les acheminer ici. » Neuf emplois ont ainsi été créés. « Notre activité rend service aux populations fragiles, oeuvre pour le respect de l’environnement et offre la possibilité à des personnes éloignées de l’emploi de retrouver le chemin du travail. C’est une vraie fierté » témoigne Sandy, le responsable des lieux. Bonnes affaires Derrière la caisse, le mur de chiffres en dit long sur l’utilité de l’action. 185 tonnes de déchets ont été collectés en un an, 80 000 objets vendus… De quoi m’inciter à craquer ! J’embarque mes six tasses, un beau panier en osier et trois livres de mon auteur préféré. Pour un total de… 8 euros. Sophie va être bluffée. Pratique ReStore : 88/90 rue Emile Moreau à Roubaix, 03 74 09 49 97. www.restoreenligne.com La Ressourcerie de Méca-Trans Impossible de repartir les mains vides. A Roubaix, la ressourcerie de l’association Méca-Trans (qui oeuvre pour l’insertion professionnelle), est un joyeux bric-à-brac. On déambule parmi les objets et meubles de toutes les époques : de la vaisselle, des vieux miroirs, des consoles, des buffets, des livres, des dvd, des éventails, des parapluies, des cannes, des cages à oiseaux, de l’électroménager ou encore des vélos, à des prix défiant toute concurrence ! « Nos produits sont issus de dons ou récupérés dans les maisons que nous débarrassons, sur demande, et remis en état par nos employés en contrat aidé » explique Eric Moerman, président de Méca-trans. On aime y chiner la perle rare, d’autant plus qu’en l’achetant, on contribue au financement de cette belle association. 125 rue de Lannoy à Roubaix, 07 77 70 06 56.

By Lelicam : La couturière du Zéro Déchet

Camille a quitté son job de responsable administrative et financière pour créer et développer son activité autour de la couture et le Zéro Déchet. De fil en aiguille, histoire d’une passion associée à une conviction. L’histoire de Camille et de son entreprise By Lelicam commence par une prise de conscience sur la consommation et les déchets. « Un reportage sur les suremballages m’a beaucoup marquée, se souvient-elle. La jeune femme repense sa façon de consommer et fait entrer le Zéro Déchet dans le quotidien de sa famille. A Noël, elle propose à ses enfants et son conjoint une mener vraie réflexion sur les cadeaux. La question : « De quoi ai-je vraiment besoin ? » Sa réponse ? : « Une machine à coudre ! Parce je cherchais désespérément des sacs pratiques pour faire mes courses en vrac et je n’en trouvais pas, ou alors pas vraiment à mon goût. » Et voilà comment Camille, complètement novice, se découvre une vraie passion pour la couture. « J’ai commencé par chercher des tutos sur internet. Très vite, je me suis mise à coudre et j’ai senti que ça me faisait du bien ! » raconte-t-elle en toute simplicité. Elle ne se doutait pas à l’époque de l’aventure qui venait de débuter. Des pochons de vrac cousus avec amour Camille coud d’abord pour elle-même, des pochons de vrac pour les courses, des sacs en coton enduit pour transporter ses savons en voyage, des emballages en tissu pour les sandwichs… Elle en offre à ses copines, qui en parlent autour d’elles et les premières commandes commencent à arriver, d’abord au compte-goutte puis de plus en plus. Elle ouvre une boutique en ligne. Dans la foulée, un commerce spécialisé dans le Zéro Déchet lui commande des petites séries. Une seconde enseigne arrive très vite, puis une troisième… Elles sont finalement cinq aujourd’hui à vendre ses produits. Du salon de la maison aux Ateliers Jouret Son salon qui faisait jusqu’alors office d’atelier de couture commence à être envahi par un stock de tissus. Engagée dans des associations liées au Zéro Déchet (Camille est aujourd’hui membre du conseil d’administration de Zéro Waste France), elle participe au marché de Noël Zéro Déchet en 2017 et découvre les Ateliers Jouret. « Je suis tombée amoureuse du lieu. En plus, il me permettait à la fois d’avoir un atelier de création et de confection pour concevoir et fabriquer mes produits et un espace pour accueillir des ateliers pour le public. » Désormais, Camille propose des ateliers de deux heures pour les grand(e)s débutant(e)s, durant lesquels une heure est consacrée à la découverte de la machine et son fonctionnement, et l’autre heure à la réalisation d’un projet Zéro Déchet simple, comme les lingettes démaquillantes ou un sac à tarte. La jeune entrepreneuse a lancé une gamme « I used to be… » by Lelicam. L’idée ? Utiliser des tissus de seconde main, neufs mais de récupération, sauvés de l’incinérateur. A partir de housses de couettes, de draps ou de rideaux, Camille coud des pochettes, des lingettes et des sacs. Les pochettes sont déjà disponibles à la Maison du Zéro Déchet à Paris. Le Facebook de By Lelicam

Zerm et les chevaliers du re-use

Le petit bureau de la rue de Babylone, au cœur des bâtiments hébergeant l’association Parkour, est plein de bouquins, de maquettes, de pièces de carton, d’essais de matières, de tuiles et de briques rouges. Au milieu, le collectif d’archi Zerm s’active de bon matin. Lola Bazin, Romain Brière, Louis Delepaut, Théophile Flécheux, Simon Givelet et Etienne Lechevallier. Six jeunes architectes roubaisiens pour un collectif et une conviction commune, celle de pouvoir changer la façon d’utiliser les matériaux usagés, en pensant réutilisation plutôt que recyclage. Aujourd’hui, les démolisseurs deviennent des déconstructeurs, poussés par la loi 2015 sur la transition écologique, nous explique Lola. Ainsi, sur les chantiers de démolition/déconstruction, le tri des matières est fait, mais dans un but de recyclage, avec une finalité industrielle de valorisation et non pour un réemploi simple des matières et composants. Chez Zerm, nous sommes persuadés que cette réutilisation est possible. Pour prouver cela, nous avons lancé un laboratoire test au cœur de l’Atelier Jouret, rue de l’Hospice. L’objectif était d’y mettre en place un premier magasin, de trouver ses forces et faiblesses. C’était un premier pas afin de se rendre compte des contraintes, des possibilités. Le modèle existe donc. A nous de le développer, avec des partenaires, des soutiens. » Des envies et des idéaux Se posant en militants de la cause « re-use » (prononcer « ri-iouze ») les six amis adaptent l’architecture, le bâtiment, les travaux publics et la construction immobilière à la réutilisation des matières. « Tel un achat dans une friperie pour des vêtements ou dans une ressourcerie pour l’équipement de la maison, nous sommes certains que la réutilisation des matériaux déconstruits est possible. Actuellement, le marché de la construction ne fonctionne qu’avec du neuf exclusivement », commente Lola. Constamment en phase de tests Zerm, ce n’est pas que la mise en place des réemplois de matériaux. On imagine vu d’ici la bulle créative créé par le groupe d’amis. On retrouve ainsi de petits projets d’archi, de recherches, d’installations. Zerm a été par exemple l’une des chevilles ouvrières du festival roubaisien Pile au rendez-vous, organisé en juillet 2018, pour lequel il a réalisé des installations diverses. Entre autres, une table de ping-pong en terrazzo, matériau composite à base de fragments de pierre et de marbre, compressés et polis. Récemment étaient inaugurés à la Free’che de nouveaux modules pour l’association Parkour 59, conçus et réalisés par Zerm, en collaboration avec Saddo et La Condition Publique. Construits en blocs de béton cellulaire… Réemployés, évidemment. Free’che, association Parkour « Shopper » en ligne des matériaux de seconde main Forte de son étal créé à l’Atelier Jouret, l’équipe a ouvert sur son site internet un espace dédié, nommé Le Parpaing. Comme sur une boutique en ligne classique, le client peut ainsi choisir ses matériaux en seconde vie, ses éléments réutilisés qu’il utilisera dans sa construction. Bloc de béton cellulaire, porte coulissante, évier inox, plancher technique ou encore panneau d’aggloméré ou plaque de marbre vert… Dans une logique Zéro Déchet, chaque produit a déjà servi, mais se révèle tout à fait en forme pour une nouvelle vie, sans passer par la case recyclage. L’objectif de l’association est maintenant de supprimer les freins du passage aux matériaux d’occasion, avec les politiques, les architectes, les décideurs, les clients. Un choix qui a son lot de questions, d’ordres juridiques, esthétiques, techniques. Un matériau réutilisé peut-il être assuré comme un matériau neuf ? Un client acceptera-t-il un matériau avec des variations de couleurs ? Le sujet est là. www.zerm.org

Aurélie Damon, décoratrice et peintre

Limonade Paper fait pétiller vos murs

Alternatif a confié la 4e de couverture de son 4e opus imprimé à Aurélie Damon. La jeune plasticienne, dont l’univers ludique, poétique et coloré est reconnaissable entre mille, vient de se lancer dans une nouvelle aventure, qui allie à merveille art et déco. Ses paysages oniriques ré-enchantent nos villes et nos vies. Aurélie Damon s’est forgé un style bien à elle. Diplômée de l’école des Beaux-arts de Tourcoing, la jeune femme évolue dans le milieu depuis 15 ans. Expos, résidences, ateliers, travaux de commande… l’artiste déroule son univers sur des pans verticaux de toutes les tailles.   Nouveau terrain de création Il y a deux ou trois ans, Aurélie a commencé à réfléchir à une façon alternative de diffuser son travail, en allant vers la décoration. « Il s’agissait pour moi de désapprendre tout ce qu’on m’avait enseigné aux Beaux-arts, à savoir que l’art ne doit surtout pas être décoratif. »La jeune femme constate qu’on lui fait de plus en plus de demandes orientées déco, notamment pour des tissus. Elle observe le marché, voit qu’il est porteur, en particulier la niche des papiers peints qui redeviennent tendance. Elle dessine alors son nouveau projet, qu’elle baptise Limonade Paper. « Parce que c’est pétillant et frais, comme se veut mon travail. Et que dans limonade, il y a Damon, et le Lie d’Aurélie. Ce nom raconte mon histoire. » Je suis toujours étonnée des histoires que s’inventent les personnes qui les décrivent. « Motifothèque » et sur-mesure Les œuvres d’Aurélie Damon ouvrent des fenêtres sur des paysages imaginaires. « Je suis toujours étonnée des histoires que s’inventent les personnes qui les décrivent. »A partir de cet univers singulier et intemporel, qui mêle l’organique, le végétal et l’architecture, l’artiste s’est composé une banque de motifs, véritable alphabet dans lequel elle pioche pour « écrire » ses histoires. Avec Limonade Paper, elle propose de les imprimer sur des lés, à poser sur le mur de votre choix. « Je cible les particuliers, pour les chambres d’enfants par exemple, mais aussi les professionnels, restaurants, crèches, boutiques, EHPAD, ou encore maisons spécialisées dans l’accueil des personnes souffrant d’Alzheimer, où évoquer le réel serait trop anxiogène. » Atout majeur de Limonade Paper : la personnalisation. « J’ai réalisé une création originale pour Plateau Fertile notamment. » Aurélie s’inscrit aussi dans une démarche écologiquement responsable. « Je privilégie les circuits courts, en travaillant avec un imprimeur local, sur des papiers et avec des encres innovantes, sains et respectueux de l’environnement. » Facebook Limonade Paper Limonade Paper © Limonade Paper © Limonade Paper © Limonade Paper © Limonade Paper © Limonade Paper