Jour : 23 décembre 2020

Kopo Création, le bon (micro)sillon

Grégoire Pollet, ébéniste designer, s’est fait connaître grâce à sa console hi-fi pour vinyles en chêne massif, qu’il décline désormais en différents modèles. Retour sur son parcours, ainsi que celui de son épouse qui l’a suivi dans cette aventure. C’est l’histoire d’un couple roubaisien qui souhaitait changer de vie, voler de ses propres ailes et donner du sens à son quotidien. Tout a démarré en 2013 par un tour du monde pour Annabelle et Grégoire Pollet. Lui est ingénieur automobile, diplômé des Arts et Métiers à la Catho. Elle, est adjointe de direction en restauration, après des études de management. Ils ont en commun cette volonté de prendre du temps pour eux. « On a pris le problème dans le sens inverse, et plutôt que de se demander ce qu’on voulait faire maintenant, on a imaginé ce qu’on voudrait être dans 10 ans », explique la jeune femme. Pendant plusieurs mois, des dizaines de post-it envahissent les murs de leur maison. Le tour du monde qu’ils réalisent sur une année va également nourrir leur réflexion. « Nous sommes des passionnés d’artisanat, et avons décidé de partir avec notre sac à dos à la rencontre des artisans du monde, afin de voir comment la pierre, le bois et le métal étaient travaillés », ajoute Grégoire. Pour se démarquer, il fallait proposer la pièce d’exception qui relève l’intérieur. A leur retour, l’ingénieur auto se lance dans une formation en ébénisterie chez les Compagnons du devoir à Villeneuve-d’Ascq. C’est un certain Benjamin Jacob (l’atelier Kaat à Roubaix) qui le forme, et lui enseigne le travail du bois, avant de partager avec lui, dès 2016, une partie de son hangar, rue Racine, à l’Alma. Charpente, aménagement intérieur, meubles sur mesure, Grégoire Pollet découvre, avec son maître, le métier. « Ce sont des projets qui prennent du temps, demandent d’être chez le client pour prendre les cotes », poursuit le jeune homme qui se penche très vite sur des créations plus personnelles. « Avec Anabelle, qui s’occupe désormais de toute la partie communication et marketing, on s’est dit qu’on préférerait travailler nos meubles à notre manière, mais il fallait trouver une idée pertinente », raconte l’intéressé. C’est dans ce contexte que naîtra en avril 2018 Kopo Création, en même temps que la première console hi-fi pour vinyles. Fans des disques et de musique, Annabelle et Grégoire Pollet vont se servir de leur passion commune pour concevoir les plans d’un meuble dédié. « On s’est rendu compte que les maisons étaient de plus en plus agencées et aménagées, et que pour se démarquer, il fallait proposer la pièce d’exception qui relève l’intérieur », développent-ils. Bingo, puisque la première console vinyle produite – et mise en vente sur Internet – partira en une semaine ! kopocreation.fr Eco-gestion et Zéro Déchet font bon ménage Depuis la création de leur première console hi-fi pour vinyles, Annabelle et Grégoire Pollet ont diversifié la gamme. Aujourd’hui, il existe au moins trois modèles différents, mais le couple ne s’enferme pas dans les standards, et propose également des solutions sur mesure. Parallèlement, le catalogue s’est élargi avec notamment des tables de tout type, de bureau, de salon, de salle à manger ou encore de chevet. Tous les meubles sont en chêne massif, et sont fabriqués sur commande. « Ainsi, pas de stock, pas de gaspillage, car nous souhaitions aussi donner un sens à notre projet en créant une société éco-engagée, soulignent-ils. Nos meubles sont en bois français venant de forêts éco-gérées avec le label PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières). » Tous les deux se sont également engagés dans une démarche Zéro Déchet : les copeaux de bois partent en jardinerie, tandis que les chutes de bois servent à chauffer l’atelier.

Aequo, Egaux no ego

Depuis 2018, Tim Defleur et Arthur Lenglin créent ensemble, l’esprit ouvert et les pieds ancrés dans le sol, celui de la région qu’ils aiment, la nôtre. Pour profiter de la dynamique Design qui pointait à l’horizon 2020, les deux compères issus de l’ISD, Institut Supérieur de Design de Valenciennes, ont lancé une maison d’édition, aujourd’hui revendiquée comme studio de création, au nom évocateur. « Aequo parce que patrons, ouvriers… nous sommes tous égaux », scandent-ils en chœur. L’humain avant tout, tel est leur credo. Dans leur atelier-boutique de Maisons de Modes à Roubaix, qu’ils ont investi en 2020, deux imprimantes 3D tournent à plein régime, tandis que la machine à broder marque des bleus de travail d’un motif de fil rouge symbolisant la brique. Ici, on peut découvrir les pièces fétiches de leur première collection, résolument « territoriale ». Coups de cœur pour le soliflore terril, l’usine bougeoir/serre-livres (née lors d’une Braderie de l’Art), mais aussi pour les nouvelles pièces qui mettent le design à la portée de tous. Mention spéciale à Beer & Add’on, système ingénieux imprimé en 3D qui transforme n’importe quelle bouteille de bière en soliflore. C’est joli, intelligent, utile, éco-conçu et local. Du design comme on l’aime. Photos : @sloftmagazine et @aurelienbacquet le photographe aequo.design AEQUO : LE PORTRAIT CHTInois Ils sont profondément ancrés dans le territoire nordiste et le revendiquent haut et fort. Tim Defleur et Arthur Lenglin, designers co-fondateurs du studio de création Aequo se prêtent au jeu du portrait chinois à la sauce locale. crédit photo : ©Aequo Si vous étiez… Une année 2020, avec un objectif fixé : faire partie de l’aventure Lille Capitale Mondiale du Design… Un métier Designer, le nôtre. Ou ouvrier. Trop peu valorisé alors qu’il fabrique, produit, certes avec des machines ou en appuyant sur des boutons, mais avec un véritable savoir-faire. Un objet du quotidien La cafetière italienne qui tourne en boucle. Une invention L’imprimante 3D, qui nous sert à imprimer les modules de Beer & Add’on Un vêtement Le bleu de travail. L’uniforme de l’ouvrier devenu le nôtre, que nous nous amusons à broder avec des motifs ou à transformer en coussin par exemple. Une région Le Nord bien sûr ! C’est la région qui nous inspire, des falaises de la côte d’Opale aux terrils du bassin minier, une promenade dans la forêt de Mormal puis un apéro dans le Vieux-Lille… Un lieu La Cité des Electriciens, une cité minière réhabilitée en centre culturel, qui nous à fait confiance pour notre premier projet d’agence de design. Nous y avons posé nos valises, rencontré les habitants et travaillé avec eux pour concevoir une exposition sur le lien entre design et territoire. Un architecte ou un artiste L’architecte Gabriel Pagnerre, originaire de la région, qui nous inspire par ses architectures Art déco récurrentes autour de Lille. Une matière La brique, symbole de notre région. Elle nous inspire au quotidien, nous la travaillons et réinventons les usages de ce matériau. Une couleur Le bleu ! C’est la couleur de notre logo, de notre bleu de travail. Elle représente pour nous l’humain, la vie et la créativité. Une boisson/un plat La bière ! Une triple de préférence 😉 Le welsh (mais sans jambon :/) Un fromage Le Maroilles en référence au plateau-paysage en pierre bleue réalisée avec le marbrier Sansone. Un musée La Piscine, près de laquelle nous avons notre atelier-boutique. Avec la proximité de ce musée, nous bénéficions du contact avec notre public, qui partage avec nous l’amour du patrimoine et comprend notre démarche. Un paysage Le Boulonnais. Une ville Roubaix, une ville éclectique et créative, super inspirante !!

Pickles* design

De Limoges à Roubaix… en passant par le grenier Elle sont piquantes mais n’ont rien de cornichons, mettent du piment sur nos tables, mais en douceur. Virginie Wauters est graphiste/architecte d’intérieur et Axelle Brétignière peintre/décorateur/professeure d’arts-appliqués. De leur rencontre est née une belle amitié et l’envie de faire ensemble. Amoureuses des belles choses et sensibles à l’impact environnemental des process de fabrication, elles ont décidé de jouer les up-cycleuses et ont créé Pickles design. Leur idée ? Sortir la vaisselle de mamie du placard et lui donner une seconde vie à coup de créativité, aux Ateliers Jouret. La porcelaine chinée, porteuse d’histoires et d’émotions familiales, se pare de jolies couleurs tendances ; la peinture ose le pari des formes géométriques ou de la transparence, matche en recto-verso, en négatif-positif. Et vice-versa. Entre élégance passée et décalage assumé, nostalgie et modernité, chaque pièce vintage revisitée devient une création unique. Les arts de la table se font ludiques, esthétiques, mais aussi pratiques. Assiettes et tasses finement parées sont passées au four à très haute température, pour résister au quotidien et au lave-vaisselle. Irrésistibles. *Conserves au vinaigre ou en saumure Photo : Anaïs Gadeau legrandbassin.fr ateliersjouret.fr FB : Pickles_design

parkour

PARKOURIR la ville…

Se déplacer avec grâce et agilité dans les trois dimensions de la cité. Pour ces acrobates accros à la vie, l’espace urbain s’impose comme un terrain de jeu quasi aérien, un défi de félin pour des corps entraînés et des cœurs bien accrochés. S’affranchir des peurs et de la pesanteur. Avec l’association Parkour59, prendre de la hauteur et tracer son chemin. Merci aux traceurs Léa et Thomas, de l’association parkour59 (parkour59.com). Prises de vue vertigineuses réalisées sans filet au Non-Lieu, dans le quartier de l’Alma à Roubaix, par Anaïs Gadeau… qui en frissonne encore. Photos : Anaïs Gadeau

Spiru ou l’aventure Etika Spirulina

Ses pérégrinations auraient pu le mener sur les flancs d’un volcan au Mexique. Mais « Spiru » (prononcez Spirou) a choisi de les mener avec une algue sur les terres urbaines de la ferme du Trichon à Roubaix. Spiru, c’est Xav. Ou Xavier Delannoy pour les moins intimes. Un peu comme le personnage de bande dessinée, le jeune homme de 23 ans, à peine sorti de l’école, s’est lancé presque par hasard dans une grande aventure. Spiru a décidé de combattre son propre « Zorg » : les carences alimentaires. Son arme : la spiruline. Non pas un super-aliment, mais un plutôt un aliment super. Bourré de protéines, de fer, de vitamines et de tout ce qu’il faut pour se maintenir en forme, la spiruline existe depuis plus de 3,5 milliards d’années où il poussait dans les Andes. Xavier a une conviction : cette brindille verte n’a pas pour vocation de finir en simple complément alimentaire, dans une boîte en plastique. Mais bien de venir agrémenter nos plats. Révélation aux Philippines Comme Spirou, simple groom dans un hôtel, Xavier était parti sur tout autre chose, avec ses études d’ingénieur et de commerce. Et comme le scénario d’une BD, le destin lui a proposé un autre chemin. « Lors d’un voyage de fin d’études dans une ONG, aux Philippines, les autres stagiaires prenaient de la spiruline. Je dois avouer que j’étais plutôt moqueur : « Pourquoi vous avalez de la nourriture pour poissons ? » Jusqu’à ce que je me mette à en cultiver… » Avant ça, l’étudiant s’intéresse de plus près à la fameuse algue. « J’ai découvert la malnutrition lors de ce voyage. Ce n’est pas que les gens manquent de nourriture. C’est que la nourriture qu’ils mangent ne suffit pas. En cherchant un moyen de combattre ça, je suis tombé sur cette plante aquatique qui se cultive beaucoup en Afrique. » Photo : Anaïs Gadeau Un terreau fertile pour une alimentation durable Il rentre en Europe et choisi son cheval de bataille : l’alimentation durable. « J’ai cherché sur la Métropole lilloise un écosystème déjà bien établi sur l’alimentation durable. Ou en tout cas, un lieu qui essaye de développer une alimentation un peu plus écologique. » Etika Spirulina voit le jour, avec l’aide et le soutien de sa comparse Elodie Pouvist-Dusart, ingénieure agronome. Avec le restaurant-coopérative Baraka juste à côté, Roubaix a tout le terreau nécessaire pour le développement de ce type de projet. En quelques semaines, il fait pousser l’algue dans un bassin remuant constamment, sous une serre, limitant les besoins en technologie et en électricité limités. Pas besoin de plus. La production s’étend d’avril à octobre. En septembre, Xavier a pu récolter les premiers fruits de son labeur, « après quelques galères au démarrage. J’ai même pu confectionner une recette d’houmous à base de spiruline, que Fatima du restaurant pourra proposer à ses clients ! ». Il lance alors sa marque Spiru et Line. Fraîche, la spiruline n’a presque pas de goût. En poudre, elle est plus salée. « L’idée est qu’elle fasse partie de notre quotidien, qu’on l’intègre dans des recettes. » Spiru n’a pas oublié les Philippines pour autant. « Je souhaite accompagner des entrepreneurs sur des micro-fermes de spiruline dans des communautés précaires. En plus de créer des emplois locaux, elles lutteront contre la malnutrition ! » Un super-héros on vous dit. Facebook Etika spirulina Facebook Cooperative Baraka

Les Clarisses de A à Zerm

Depuis plusieurs mois, derrière les portes du Couvent des Clarisses aux confins du quartier de l’Epeule, se passent des choses extraordinaires. Ce lieu à haute valeur patrimoniale renaît, vit, bouillonne. Abécédaire… tout sauf austère ! A comme Auberge Les anciennes chambres des sœurs Clarisses sont progressivement réactivées en auberge alternative, aujourd’hui ouverte aux professionnels. Dormir dans un des 12 lits à baldaquin habillés de moustiquaire et de tentures ou dans un lit clos, bien au chaud… en voilà une expérience inédite à vivre.   B comme Buvette Parce que le Couvent des Clarisses doit vivre et en partie s’autofinancer, une buvette a été créée. Sa terrasse et ses jeux sont ouverts en saison du mercredi au dimanche de 14h à 20h. Photos : Anaïs Gadeau C comme Cour de récré Dans la cour de l’ancienne école Sainte-Claire, où désormais des flèches s’affolent au sol (une fresque baptisée Le sens de la flèche par Malte Martin) résonnent à nouveau les rires des enfants. Ceux-ci viennent en voisins ou de plus loin participer à des ateliers ou découvrir les jeux en bois. Ici, c’est toujours ou presque l’heure de s’amuser. D comme Design De septembre à novembre, les Clarisses ont accueilli la Maison POC Économie Circulaire dans le cadre de Lille 2020, Capitale Mondiale du Design, avec une halle superbement aménagée en espace d’exposition. E comme Economie circulaire Le Couvent des Clarisses est voué, après la phase d’occupation transitoire de Zerm, à devenir la Maison de l’Economie circulaire et du Zéro Déchet. F comme Frugalité C’est le principe qui préside aux travaux menés par le collectif d’architectes Zerm (Alternatif #4) : récupérer un maximum (textiles, bâches, isolants, tasseaux, cloisons, équipement, etc.), user d’astuces et relever ses manches. G comme Galerie d’art L’Espace Croisé, centre d’art contemporain dédié à la production et à la diffusion d’œuvres d’artistes français et étrangers, émergents ou reconnus a récemment posé ses bureaux et ses cimaises au Couvent > espacecroise.com H comme Halle La grande halle de l’ancienne école Sainte-Claire a bénéficié de travaux importants pour pouvoir accueillir l’exposition/laboratoire de la Maison POC Économie Circulaire de Lille Design. Esprit contemporain et traces du passé y cohabitent. Et c’est chic. I comme Idées Les jeunes architectes de Zerm ne manquent pas d’imagination pour créer des meubles ou des luminaires à partir de matériaux récupérés, détournés et up-cyclés. Ils repensent l’usage des espaces (la chapelle devenue espace de conférences et de tables rondes) et des objets… comme cette lampe qui se recharge manuellement juste ce qu’il faut pour le temps limité d’utilisation. Un vrai laboratoire de frugalité appliquée. J comme Jardins L’un des secrets les mieux gardés des Clarisses est son jardin ou plutôt ses jardins. Encore en friche pour la majorité, ils sont investis, petit à petit. Ici un potager, là un compost, un lapin, des poules, une balancelle bidouillée… et des arbres pour penser. Photos : Anaïs Gadeau K comme Kino Dans la cour de récréation, des gradins récupérés ont pris place. Parfaits pour une séance de ciné en plein air, au cœur de l’été. L comme Location Les anciennes cellules et pièces du couvent ont fait peau neuve et sont proposées à la location aux associations, collectifs, artistes et entreprises. Des espaces sont privatisables pour organiser réunions de travail, conférences, concerts, fêtes ou réunions de famille. M comme Monastère Couvent ou monastère, le débat est ouvert. Le monastère est un ensemble de bâtiments où réside une communauté de moines ou de moniales qui vivent sous une même règle, généralement dans la claustration. On parle de couvent plutôt que de monastère pour l’ensemble des lieux de vie d’une communauté religieuse non monastique, composée de clercs réguliers ou de religieuses. Or quelques religieuses des Clarisses vivaient effectivement cloîtrées. C’est clair ? Photos : Anaïs Gadeau N comme Nonnes Le couvent a accueilli des sœurs clarisses depuis 1876. Neuf religieuses (six cloîtrées et trois externes) au début, en provenance de Tournai. Elles ont quitté les lieux en 1903 mais sont revenues en 1923, jusqu’à être 87 après la Seconde guerre mondiale. En 1996, la communauté a accueilli les clarisses de Cambrai dont le couvent avait fermé. Leur nombre, tombé à 4, les clarisses quittent leur couvent en mai 2008 et l’école ferme en juin 2008. O comme Occupation transitoire Voir Saisons Zéro P comme Patrimoine L’ancien couvent est un ensemble monastique de style néo-gothique brugeois de 6 500 m2 construit par le Baron Jean-Baptiste Béthune, un architecte belge, à la fin du XIXe siècle. Valorisé par l’association Les amis du monastère des Clarisses, il est inscrit en totalité à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 2010. Q comme Quartier Le couvent de Clarisses se cache au cœur de l’Épeule à Roubaix. Un quartier populaire et vivant, animé chaque dimanche par un marché à l’image de celui de Wazemmes à Lille. L’Epeule c’est aussi le quartier du Colisée, de la Plus Petite Galerie du Monde ou Presque, des ateliers d’artistes nichés entre belles maisons cossues et courées, celui des cafés et des épiceries qui font voyager… R comme Résidence Le collectif d’architectes Zerm, lauréat de l’appel à projets pour une occupation transitoire des lieux lancé par la Ville de Roubaix, a installé sa base de vie au couvent, et y a même vécu, en famille, le confinement. Ainsi cloîtrés, les archi ne se sont pas démontés et le chantier a bien avancé. S comme Saisons Zéro C’est le nom du projet d’Occupation transitoire des lieux par Zerm, en attendant la Maison de l’économie circulaire et du Zéro Déchet. L’idée est d’ouvrir le bâtiment, ses cours et ses jardins au public, en proposant espaces de coworking, ateliers, expos, conférences, auberge et animations…> FB : Saisons Zéro T comme Travaux en cours Zerm est passé en mode action. Des appels à bénévoles permette de « recruter » des volontaires pour assurer la rénovation des lieux suivant des méthodes low-tech, avec Yes We Camp, qui vient régulièrement en renfort. Photos : Anaïs Gadeau U comme Utopie Un chantier participatif, avec un projet de réhabilitation inventif et joyeux, frugal et avec…
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La Condition Publique, Labo du quotidien

C’est désormais par une grande porte bleue que se fait l’accès quotidien à une Condition publique transformée. Après 18 mois de travaux et une saison de printemps annulée en raison de la COVID-19, la Condition publique a rouvert ses portes en septembre 2020, avec une rue couverte magnifiée, un espace Beaurepaire repensé, un espace d’exposition ouvert sur la rue… Un laboratoire créatif. C’est ainsi que se définit la Condition Publique. Et les 18 mois de travaux de la rue couverte lui ont permis d’expérimenter de nouvelles façons d’accueillir le public, notamment avec Le Beau Repaire. « La Condition publique est un grand lieu qui peut sembler intimidant, souligne Jean-Christophe Levassor, directeur de cet Etablissement public de coopération culturel (EPCC). C’est pour ça qu’on a vraiment voulu s’ancrer dans la proximité, rassurer le public, par exemple en créant une nouvelle porte d’entrée pour un contact plus proche, plus direct avec un comptoir ou en ouvrant l’espace d’exposition avec ses grandes baies vitrées. » Photos : Anaïs Gadeau Terrain de jeu créatif Le Beau Repaire est aujourd’hui plus que jamais le lieu d’accueil du quotidien, on peut venir boire un café, jouer à des jeux en bois, écouter un concert (gratuit, tous les vendredis soirs), participer à des ateliers en famille… Les 3 Halles permettent des configurations multiples : la Halle A et sa salle de spectacle, la Halle B et son skate park, la Halle C et son espace de fabrication mutualisé. A l’étage les Labos regroupent toute une communauté créative, autour du design sonore, d’un média jeune, du Zéro Déchet… « On travaille avec différents types de population et on les amène à se croiser, dans une logique de « faire ensemble », ajoute Jean-Christophe Levassor. C’est dans l’ADN de la Condition d’être dans le partage. » Et pour rejoindre ce grand terrain de jeu, ne reste plus qu’à pousser la porte bleue… Photos : Anaïs Gadeau C’est dans l’ADN de la Condition d’être dans le partage. Jean-Christophe Levassor, directeur de La Condition Publique Photos : Anaïs Gadeau Photos : Anaïs Gadeau laconditionpublique.com

KNGB Création, L’art et la lumière

Natacha Kopec et Gary Berche, créateurs de KNGB, marque de luminaires chic, design et artisanale, concentrent un savoir-faire digne des maisons de haute couture françaises. Perfectionnistes et esthètes, ils prennent le temps de peaufiner un premier lampadaire en 2015, point de départ d’une collection aujourd’hui composée de cinq modèles iconiques, personnalisables. Rencontre avec un couple de designers aussi talentueux qu’attachant. Natacha et Gary sont tous deux originaires du Pas-de-Calais. Ils ont été formés à l’Ésaat (voir encadré), école nationale publique de design à Roubaix, avant de rejoindre l’Académie des Beaux-Arts de Brera à Milan. C’est en Italie que les deux esthètes se rencontrent pour la première fois, qu’ils tombent littéralement d’amour et qu’ils commencent l’aventure KNGB.   Une romance à l’italienne « On suivait notre formation dans le quartier de Brera, réputé pour son double ancrage design & mode. On a été bercé par ces deux cultures. Un stage chez Poliform (entreprise artisanale italienne, leader du mobilier et du design) nous a fait découvrir la finesse et la précision du travail des artisans, les techniques d’assemblage des matières, le mélange du design et des tissus… », explique Gary. En 2015, après avoir remporté le concours des auto-producteurs à Milan, ils sont invités à participer à la Design Week où ils présentent pour la première fois leur lampadaire qui marque l’ADN de KNGB. A savoir un parfait équilibre des matières entre le bois tourné, le métal, le cuir et le tissu diffusant blanc sur la partie éclairante.   Une gamme haute couture Installée depuis septembre 2018 au Vestiaire à Roubaix et labellisée Maisons de Mode, la marque KNGB, qui vient d’ailleurs de remporter cette année le Grand Prix Maisons de Mode Lille-Roubaix catégorie accessoires/lifestyle, n’a cessé d’évoluer. Ses créateurs ont développé leur réseau d’artisans pour la fourniture de bois, chêne, noyer tourné et de cuir. Natacha confectionne à la main la fabrication des abat-jours, l’assemblage du tissu fourni exclusivement par la maison CASAMANCE® basée à Willems dans le Nord. Entre la flanelle et les tweeds magnifiques, les deux designers ont la possibilité de proposer une gamme haute couture de tissus.Aujourd’hui, leur collection s’axe autour de 5 modèles (la potence murale, le lampadaire, la lampe à poser, l’applique et la suspension) que chacun peut personnaliser en choisissant sa finition bois, tissu, cuir et même câble électrique. Des créations composées en intégralité à Roubaix et qui s’affichent aujourd’hui dans les grands hôtels et chez les particuliers partout en France et à l’étranger. La 5e participation de KNGB au salon international Maison&Objet à Paris est devenu LE rendez-vous vente de leur collection. Un hôtel by KNGB Gary et Natacha ont été sollicités pour la direction artistique de l’hôtel Bercail à Wambrechies, inscrit dans un concept Ecospace. La décoration et la création de la ligne de mobilier sur mesure des 48 chambres, ainsi que celles du restaurant leur ont été confiées.« C’est une chance d’avoir été choisis pour imaginer, dessiner, concevoir les éléments intérieur de cet hôtel restaurant : bar, accueil, mobilier, espace cosy, rooftop, chambres, suites, salles de bain et salles de réunion n’ont plus de secret pour nous. On a beaucoup appris et on apprend encore chaque jour. C’est une nouvelle carte créative qui s’est ouverte pour l’agence KNGB ! » L’essentiel » est notre dernière création lumineuse, 100% recyclée. Pour créer les platines de nos suspensions, nous utilisons une fraiseuse numérique qui sort d’un côté des ronds que nous utilisons, et de l’autre, des plaques carrées de bois évidées dont on ne savait que faire. Depuis peu, on s’est appuyé sur ces chutes de bois et sur celles de cuir et de feutrine pour créer un modèle alternatif. kngb-creation.com L’Ésaat, un établissement public unique dans la région Née en 1989, l’École Supérieure des Arts Appliqués et du Textile de Roubaix est héritière de l’École Nationale des Arts Industriels créée 100 ans plus tôt. L’Ésaat est donc une école de création artistique appliquée s’inscrivant dans une longue tradition, mais dont l’enseignement actuel repose bien sur les réalités économiques et les contraintes du design d’aujourd’hui. Elle offre à ses élèves et ses étudiants des formations qui couvrent tous les champs du design, de la communication visuelle et du cinéma d’animation. esaat-roubaix.com

DIZY Design, Penser et créer autrement

Augustin Poncelet et Vianney Sauvage, les co-créateurs de la marque de mobilier DIZY ont le vent en poupe. En 10 points, ils nous racontent en quoi leur démarche est alternative. Le concept DIZY, c’est une nouvelle façon d’acheter du mobilier. Vous créez vos propres meubles, sans outil ; juste selon vos envies ! Vous choisissez les pièces dont vous avez besoin parmi des abat-jours, des pieds, des traverses, des plateaux… Vous mixez les couleurs qui vous inspirent et vous assemblez le tout pour créer un meuble unique ! L’idée de départ L’envie profonde de casser les codes sur le marché du mobilier en alliant Développement Durable et Design. Nous souhaitions créer des meubles que chacun puisse adapter selon ses envies, ses besoins. Des meubles qui ressemblent à chacun et ne ressemblent pas à celui de son voisin. Nous avions surtout le besoin de créer des meubles durables, que chacun puisse garder longtemps, qui soient réparables, produits à partir de matériaux de qualité et écoresponsables. Les couleurs Six couleurs sont disponibles aujourd’hui sur l’ensemble de la gamme et une 7e pour les lampes (Terracotta). Nous avons choisi des couleurs tranchées, des tons doux, tendances pour que nos meubles puissent s’associer et apporter à eux seuls une vraie touche déco dans un maximum d’univers. Photo : Anaïs Gadeau La démarche globale Notre démarche vise à améliorer la façon de consommer en mettant de plus en plus l’économie circulaire au cœur de nos créations, comme avec la table basse DIZY by LA MAILLERIE que nous venons de lancer et qui est réalisée à partir de parquet recyclé. Notre ambition est de rendre l’upcycling tendance et design Les rencontres C’est un point essentiel pour DIZY. Nous mettons par exemple les consommateurs au cœur de leur achat et du montage du mobilier. Nous sommes convaincus que nous avons chacun nos expertises, nos savoir-faire et qu’en associant nos forces, au travers de collaborations, de partenariats, de sous-traitances, nous pouvons changer les choses. Nous avons fait le tour d’Europe pour trouver les meilleurs artisans, entreprises pour réaliser nos pièces. L’emballage Nos emballages sont en carton recyclé, nos protections en textile recyclé. Nous avons pensé nos emballages pour en avoir le minimum possible tout en assurant une protection optimale. Les matériaux Nos pièces sont en métal Made in France et en chêne issus de forêts gérées durablement (certifications FSC et PEFC). Nos cordons électriques sont en lin naturel. Chaque pièce a été fabriquée avec passion par l’un de nos partenaires, expert dans son métier. La forme et le design Le design DIZY est très identitaire. Nous avons travaillé avec le designer Thomas Merlin pour dessiner et concevoir chacune des 31 pièces qui composent le jeu DIZY. Un design tout en rondeur, des petites dimensions et des matériaux apparents. Toutes nos pièces ont été pensées pour être les plus durables possibles. Les angles sont arrondis pour éviter la casse. Les dimensions pensées pour être envoyées facilement et limiter ainsi l’empreinte carbone. Photo : Anaïs Gadeau Les fondateurs Amis d’enfance, nous avons créé DIZY avec l’envie d’entreprendre pour changer la façon de consommer. Vianney a travaillé plus de 10 ans dans le développement durable et Augustin, 10 ans dans le marketing et la communication. Forts de ces expériences et suite à la rencontre avec le designer Thomas Merlin, nous avons lancé DIZY avec la volonté de valoriser chaque pièce du meuble et d’allier design, développement durable et éco-responsabilité. La vision pour demain DIZY a l’ambition de devenir la marque référente dans le monde dans la création de mobiliers issus de l’économie circulaire. Un projet ambitieux, mais extrêmement enthousiasmant au quotidien. dizydesign.com

Elisa Uberti, L’art en douce

Rencontre sous la verrière des Ateliers Jouret avec la jolie brindille Elisa Uberti. La petite fée du grès s’est pliée avec espièglerie au jeu du portrait chinois. Morceaux choisis. Si vous étiez une forme ? Je ne serais pas une forme géométrique bien définie, mais plutôt une forme organique, avec des courbes féminines et réconfortantes, à l’image de mes céramiques. Un nombre ? Le 22. C’est la date de naissance de ma fille, la mienne, celle de son père… et celui qui ressort quand on additionne tous les chiffres de la date de naissance de mon fils. Mon atelier est aussi le n°22. (NDLR : l’entrevue a lieu un… 22) Un paysage ? L’océan Atlantique pour le côté sauvage, un paysage de forêt ou de montagne. Bref la nature, de préférence avec de vastes horizons. Un tatouage ? Le prochain. Peut-être un nouveau tatouage de Lia November, que j’aime beaucoup. Un personnage avec un léopard et des fleurs, ce n’est pas encore bien défini. Ou un tatouage en rapport avec mon travail, mais je ne pas encore quoi.  Une émotion ? Une émotion positive, l’enthousiasme, l’envie de faire ! Une couleur ? Les couleurs neutres et plutôt naturelles comme les beiges, les nudes, les ivoires ou les noirs ? J’utilisais déjà beaucoup ces teintes quand j’étais styliste. Un vêtement ? Un pantalon d’homme à pinces, porté par une femme. J’aime bien les ambiguïtés. Ou alors un vêtement de travail, un tablier ou une biaude***. En tout cas un vêtement ayant vécu, pas un vêtement neuf.  Un lieu à Roubaix ? Les Ateliers Jouret, où je travaille entourée d’une belle famille d’artistes et d’artisans. Le quartier de l’Epeule où j’habite et le Non-Lieu, un endroit atypique qui a gardé son âme d’ancienne usine textile. Une matière ? Si je m’en réfère à mon travail, je serais le grès, une terre argileuse que je cuis à basse ou haute température selon l’effet désiré. Je l’aime pour son aspect brut, très primitif. D’une façon générale, j’aime les matériaux qui me rapprochent de la nature, comme le bois et l’osier. Un outil ? Mes mains. Je me dis souvent que si je ne les avais plus ce serait une catastrophe. Même si j’utilise une estèque* pour finaliser mes œuvres, ce qui m’intéresse le plus dans la technique du colombin**, c’est que je n’ai besoin de rien d’autre… que de mes mains. Un animal ? Un petit oiseau, pour la liberté de voler et celle de regarder le monde de loin avec de la hauteur.   Un créateur ? Xavier Corberó, sculpteur catalan, connu pour ses arches monumentales, ou les architectes Jean-Louis Chanéac et Antti Lovag connus pour leurs habitats bulles. Tous des créateurs utopistes, avec des idées folles et des rêves d’enfants.  Une période de l’histoire ? Les années 70, pour le côté « on va refaire le monde », utopiste, hippie.  Un parfum ? Un parfum à porter, ce serait plutôt un parfum mixte. Sinon les odeurs du printemps, l’odeur des fleurs ou de l’herbe fraîchement coupée.  Une fleur ? Une pivoine, une renoncule ou un freesia… du moment que la fleur est blanche.  *Outil de bois ou de métal dont le potier de terre se sert pour terminer ses ébauches. **Boudin de pâte molle servant à façonner des céramiques sans utiliser le tour. ***Blouse de paysan. Facebook Elisa Uberti ateliersjouret.fr