Catégorie : Food & Lifestyle

Des formes de caractère

Si vous avez déjà flâné dans une boutique Sessùn, vous avez peut-être croisé l’une des créations de Guylène Galantine. L’artiste roubaisienne façonne la matière avec une poésie brute qui a séduit la marque de vêtements marseillaise. En 2019, Sessùn a ouvert Sessùn Alma, rue Sainte à Marseille :  un lieu hybride, à la fois boutique, galerie et lieu de vie, imaginé comme une ode à l’artisanat, au savoir-faire et au sens du beau. Guylène Galantine fait partie de la dizaine d’artistes-artisans invités à participer à cette aventure singulière. Ses pièces sont exposées et mises en vente dans le concept-store marseillais. D’autres sont intégrées à la décoration des boutiques Sessùn de Lyon à Barcelone, en passant par Londres et Paris. Chaque année, la collaboration se réinvente : nouvelles pièces, nouvelles inspirations, nouvelles émotions. Ce que l’artiste apprécie avant tout, c’est cette liberté totale qui lui est laissée. « Il y a un vrai respect du geste, du temps et de la sensibilité », confie-t-elle. Cette proximité nourrit aussi son inspiration. Guylène Galantine se souvient d’une cliente espagnole tombée sous le charme de ses œuvres : « Elle m’a invitée dans son appartement barcelonais pour imaginer d’autres pièces pour son intérieur. C’est magique de voir son travail prendre vie ailleurs, dans le quotidien des gens. » Avec Sessùn, Guylène Galantine prolonge un dialogue sincère entre la terre et la lumière, tissant un lien délicat entre l’intime et le monde. Rencontre avec Guylène Galantine Par un matin d’automne, Guylène Galantine nous accueille dans son atelier roubaisien, niché à l’arrière de sa maison. Ouvert sur un jardin baigné d’une lumière douce, l’endroit respire la sérénité. C’est ici que l’artiste a trouvé un terrain fertile pour sa créativité. Conversation avec une créatrice qui célèbre la beauté de l’imperfection et l’instinct du geste La céramique, une évidence depuis toujours ? À l’origine, je viens du monde de la mode. J’ai étudié à la Central Saint Martins de Londres, puis travaillé à Paris chez Chloé et A.P.C., avant de me tourner vers le design d’espace et la décoration chez La Redoute. Peu à peu, j’ai ressenti le besoin de retrouver le geste, la matière, une création plus instinctive. C’est aux Ateliers Jouret, à Roubaix, que je me suis initiée à la céramique auprès de Sandrine Hurtrer qui m’a transmis une approche libre et sensible de la terre. J’ai appris à écouter la matière et à trouver ma propre écriture. Londres, Paris… et maintenant Roubaix. Pourquoi ce choix ? C’est presque une histoire d’amour. J’ai rencontré mon compagnon à Paris – il est illustrateur et originaire du Nord. Après plusieurs années dans la capitale, je cherchais une ville avec une âme. Le jour où je suis venue à Roubaix, j’ai eu un coup de cœur. Mon conjoint y a retrouvé quelque chose de Brooklyn, avec la brique et cette lumière unique. Moi, j’aime le côté cosmopolite, ses atmosphères qui changent d’une rue à l’autre. Très vite, je me suis investie dans la vie du quartier. Le contact avec les gens, l’entraide et la solidarité sont incroyables. Vos Variations sur pattes sont devenues emblématiques de votre travail. Que racontent-elles ? Cette collection est née à l’occasion de l’exposition Small is Beautiful, organisée au Non-Lieu, une ancienne usine textile transformée en espace de création contemporaine à Roubaix. Mes Variations sur pattes sont des formes anthropomorphiques, presque vivantes. Comme leur nom l’indique, ce sont des sculptures qui se tiennent debout, sur des pattes. Cette série d’objets peuvent exister seuls mais aussi dialoguer entre eux, un peu comme dans une famille. Je travaille la terre brute, sans émail, laissant la cuisson révéler d’elle-même nuances et textures. J’utilise le modelage au colombin et la plaque, et j’aime le grès chamotté, pour sa rugosité et ses irrégularités qui donnent à chaque pièce son caractère singulier. C’est une manière de célébrer la beauté du hasard et d’accepter ce qui advient, sans chercher à tout maîtriser. Je suis fascinée par Isamu Noguchi, sculpteur et designer américano-japonais. Sa façon de faire dialoguer les formes résonne avec ma propre approche : créer des ponts entre des univers différents. Quel est votre rapport à la céramique ? La céramique m’a avant tout appris la patience. Moi qui suis d’un tempérament rapide, j’ai dû ralentir, accepter le temps long. Cet apprentissage dépasse l’atelier : il se reflète dans ma vie quotidienne et mes rapports aux autres. Aujourd’hui, j’anime des cours de céramique. Beaucoup viennent après avoir traversé des moments difficiles. C’est une forme de thérapie, de lâcher-prise. Le contact avec la terre a quelque chose de primitif et d’apaisant. Si je devais décrire mon atelier, je dirais que c’est un cocon, un lieu de partage et d’authenticité, où la créativité se mêle à la bienveillance. Guylène Galantinewww.guylenegalantine.com

Quand l’école a le goût du réel

Au lycée professionnel Lavoisier, à deux pas du centre de Roubaix, les élèves apprennent les métiers de la restauration comme on entre en brigade. En cuisine et en salle, la rigueur se mêle à la passion. Et chaque service devient une leçon grandeur nature. 9h30 – La cuisine pédagogique s’éveille C’est dans une ambiance studieuse mais joyeuse que la journée commence. Ici pas de craie, ni de tableau noir. Seulement le crépitement des plaques, les couteaux qui glissent sur les planches et les consignes des chefs Vins et Losfeld. Aujourd’hui, au menu du restaurant d’application L’Alchimiste, c’est croquettes de crevettes, waterzoï de poissons et tarte au sucre. Trois classiques du Nord à concocter avec précision et enthousiasme. Tabliers noués, les jeunes s’affairent autour des plans de travail. Ensemble, ils émincent, goûtent, rectifient. Les casseroles frémissent, les odeurs se mêlent – fumet de poisson, zeste de citron, caramel blond. Les professeurs, véritables chefs d’orchestre, sont partout. Un regard posé sur une découpe, une main qui rectifie la posture d’un élève, une voix qui guide. Ils observent, conseillent, encouragent. Dans cette chorégraphie bien réglée, chacun trouve sa place et les gestes se répètent et s’ajustent. 12h00 – Le coup de feu Sous le regard bienveillant des professeurs, les élèves du service accueillent les convives avec le sourire. Professionnels, ils les accompagnent jusqu’aux tables de L’Alchimiste, dressées avec finesse et élégance. En cuisine, la tension monte doucement, les portes battantes s’animent. Les consignes fusent, les voix se répondent et la cadence s’accélère. Les assiettes se parent d’une touche finale et sont envoyées en salle. Le service est fluide et plein de petites attentions, les échanges avec les jeunes serveurs sont naturellement chaleureux. Les plats arrivent, impeccables et font le bonheur des papilles des personnes venues déjeuner ce jour-là. 13h30 – Fin du service Le restaurant se vide, le calme revient. On nettoie, on range, on échange sur le travail accompli et les améliorations à apporter. On rit aussi. Dans les regards, la même fierté : celle d’avoir assuré ensemble un service digne d’une grande table. À Lavoisier, derrière chaque plat servi à L’Alchimiste, il y a une histoire de partage. Une aventure humaine où chacun apprend autant à cuisiner et à servir qu’à grandir, se faire confiance et trouver sa place au sein du collectif. Pour savourer les réussites ensemble. Restaurant L’Alchimistewww.restaurantlyceelavoisier.fr31 rue Lavoisier, Roubaix

Sésame, ouvre-toi

Gourmandes, raffinées et délicieusement originales : les douceurs de Goma Café font mouche, à Roubaix, depuis son ouverture début juin 2025. Un spot cosy où l’on vient autant pour se poser que pour s’étonner. Derrière le comptoir, il y a Soumeya et Pierre. Elle, Roubaisienne, ancienne animatrice reconvertie en pâtissière autodidacte et diplômée d’un CAP, passionnée de textures et d’associations qui claquent. Lui, Villeneuvois, pro du service et pilier du lieu, toujours là pour conseiller la bonne boisson avec le bon gâteau. En couple à la vie comme au travail, ils ont imaginé ce café comme une extension de leur duo : éthique, soigné et résolument ouvert. Leur signature ? Le GOMA – « sésame » en japonais. Déclinée en noir, blond ou doré, cette pâte de sésame maison se retrouve dans une variété de créations : des entremets élégants, des cookies vegan ultra-moelleux, ou un latte onctueux au lait d’avoine. Elle peut être twistée selon la saison avec un cœur framboise ou yuzu. C’est doux, réconfortant, surprenant. Et les clients osent. Mieux : ils valident et reviennent. Et si le sésame n’est pas ton dada, il y a plein d’autres douceurs à croquer : madeleine cœur fraise, moelleux mûre-citron, flankie… Côté café, on ne plaisante pas : ici, on parle café de spécialité. Sélection rigoureuse, torréfaction soignée, extraction précise. Exit l’amertume brûlée, place à des arômes subtils, nuancés – parfois floraux, parfois chocolatés. Le Goma s’approvisionne auprès de torréfacteurs locaux, gage de qualité et de proximité. Mais Goma Café, ce n’est pas que du sucré. Le midi, on peut déguster un snack salé fait maison, avec toujours une option vegan, parfois sans gluten, et des produits bien sourcés (pain de boulangerie artisanale, charcuterie halal haut de gamme…). Le tout servi dans un ambiance japandi : bois clair, lignes épurées, ambiance zen – une invitation à prendre son temps. Soumeya et Pierre veulent offrir à leurs clients une double expérience : celle d’un vrai coffee shop où l’on savoure d’excellents cafés, et celle d’un salon de thé où l’on déguste des douceurs raffinées. Goma Café, c’est un lieu qui ne cherche pas à en faire trop, mais qui fait tout bien. Avec soin, sincérité, et exigence. Un café qui a du caractère, un duo qui a du cœur, et une petite graine devenue leur signature. À goûter d’urgence. À adopter sans hésiter. Goma café60 avenue Jean Lebas, RoubaixInstagram : @goma_cakesandcoffee

Bienvenue au club

Un peu de légèreté en ces temps de morosité, cela ne peut pas faire de mal ! Avec ses affiches aux punchlines audacieuses et un peu malpolies, Chouquette Club s’installe dans vos intérieurs. Derrière Chouquette Club, Fanny Buchta, ancienne styliste déco, qui a travaillé également dans la communication et le marketing digital. Elle a même été DJ, d’où la référence au Club dans la création de sa marque. « Pour l’aspect communautaire aussi, le fait d’appartenir à un club ça plait aux gens. Et Chouquette, c’est mignon, non ? » Au départ, tout a commencé avec des phrases notées à la volée dans son téléphone qu’elle a testées sur ses amis. Une sorte de défouloir et d’exutoire. Ils sont sceptiques au début mais elle leur envoie ses premiers essais et devant leurs réactions enthousiastes, elle se lance. Chouquette Club est ainsi né en juillet 2024 et répand la bonne humeur partout où elle passe. C’est bientôt Noël, pensez à garnir le sapin ! Inspirations et réactions « J’adore le street-art, les couleurs et particulièrement le fluo. » Ajoutons à cela une typographie droite et simple et cela donne des phrases qui font rapidement mouche. Les préférées de sa clientèle ? « Va te faire cuire le cul », « Danser jusqu’au bout de la vie » et « La vie est une fête ». Les fêtards apprécieront aussi « Il est où l’after ? » Ce qui plait ? « C’est comme un pied de nez qu’on peut afficher devant tout le monde, me disent les clients ». Sa clientèle est d’ailleurs très large, entre 15 et 50 ans. « Je me nourris de tout : une expo, une conversation prise au vol, un week-end à Berlin, ma ville de cœur. » « Le rose est une couleur que j’ai toujours aimée. Je l’exploite à fond à travers mes créations et ça marche ! »  « J’ai une cinquantaine de références dans mon catalogue. Je teste, j’adapte, j’ajuste. Il faut toujours se renouveler » Après les punchlines, les mantras Après les phrases courtes, Fanny a développé des mantras. Des petits textes qui font du bien au moral. Chouqette Clubwww.chouquetteclub.fr

Destination l’Alhambra

Elle nous accueille par une belle journée de mai, dans son restaurant, « Le restaurant de Miéline » avec le grand sourire et la bonne humeur qui la caractérisent. Elle, c’est Malika, plus connue sous le nom de Miéline, figure incontournable de la restauration à Roubaix. Niché en plein milieu de la rue de Lannoy, ce lieu est le premier hammam traditionnel qui a ouvert après Paris, en 1999. Il est aujourd’hui tenu par la fille des fondateurs, Mohamed et Dahvia Boubakeur. À la rédaction d’Alternatif, on aime bien tester avant de vous parler d’un endroit. Il y a pire comme expérience, nous voilà parties pour un soin au savon noir suivi d’un gommage. Authentique est l’adjectif qui revient dans toutes les bouches des clientes habituées. C’est ce qu’elles aiment dans ce lieu et c’est également ce qui me saute aux yeux. On se sent « comme à la maison », les effluves de thé à la menthe et de fleur d’oranger embaument l’entrée. Enroulée dans un peignoir et chaussée de claquettes à l’effigie du hammam, j’entre dans la salle tiède avec ma coupelle traditionnelle en cuivre. Un point d’eau rien que pour moi pour rincer le savon noir, après m’être frottée tout le corps avec le gant à la texture rugueuse. Petit passage dans la salle chaude, je m‘allonge sur un banc en marbre, et je me laisse envahir par la chaleur douce. Un ou deux allers et retours plus tard, Gavelyne, l’esthéticienne qui va s’occuper de moi, m’attend en salle froide. Partout sur les murs, de magnifiques mosaïques directement rapportée d’Algérie et des tablettes en marbre de Turquie. Gavelyne enfile le gant et frotte les différentes parties de mon corps. Elle s’inquiète de savoir si la pression n’est pas trop forte et c’est parti pour un gommage tonique. L’impression que ma peau part en lambeaux mais non, Gavelyne m’explique que c’est l’accumulation de peaux mortes, de gel douche et autres produits. Un soin idéal avant l’été, avant de s’exposer au soleil ou lors de tout changement de saison. L’Alhambrahammam-alhambra.com181 rue de Lannoy, 59100 Roubaix03 20 20 09 40

URBX Backstage

Toute l’équipe d’URBX Festival est sur le pont. Le festival des cultures urbaines revient pour la quatrième édition à Roubaix avec une programmation « stylée ». Coralie Dupont, directrice artistique du festival, nous invite dans les coulisses de sa préparation. Elle est zen et peu perméable au stress mais avoue quand même sentir monter cette adrénaline qui anime ceux qui travaillent dans le montage d’événements culturels. « Au moment du bouclage et de la diffusion du programme définitif, c’est un peu l’effervescence. » avoue Coralie. Si le travail de programmation des artistes commence en général au mois de septembre, certaines expositions demandent une anticipation bien plus importante. « Actuellement je bosse par exemple sur les deux éditions de 2025 et 2026. » explique-t-elle. Jongler avec les plannings, Coralie sait faire, elle qui vient de Lille 3000, une grosse machine en matière de programmation et de communication. Inutile de lui demander de décrire une journée type, il n’y en a pas ! « Je peux visiter une usine le matin et repérer un mur éligible au street-art l’après-midi. Je peux poursuivre la semaine avec une réunion à la Cave aux Poètes puis du travail administratif avec des échanges de mails et coups de téléphone. » Au sein de l’association URBX, Tanguy, un deuxième salarié travaille à ses côtés en tant que chargé de production. Pour le reste, deux stagiaires au long cours apportent leurs compétences en matière de communication. Le bureau, composé d’un président (Bertrand Millet), d’un secrétaire (Emmanuel Delamarre) et d’une trésorière (Marie Greulich), lui apporte son soutien et facilite la mise en relation avec les services de la Ville quand c’est nécessaire. Une anecdote à raconter ?  « J’emmène toujours les stagiaires le jour du concert gratuit, face à la foule. La nuit arrive, les gens se massent sur la Grand’Place, c’est toujours un moment qui me fait dresser les poils. » Même si le milieu des cultures urbaines est assez masculin, Coralie a à cœur de donner toute leur place aux femmes dans la programmation du festival. « C’est encore timide dans le rap, j’essaie néanmoins de contrebalancer en laissant s’exprimer cette année des artistes de street-art féminines » Coralie nous confie « s’éclater » dans ses missions et « apprendre tous les jours ». « Même si, chut il ne faut pas le dire, au départ le rap n’était pas ma culture musicale ! » Aujourd’hui, elle gère et a réinterrogé son style musical qui laisse une grande place désormais au rap… URBX Festivalurbxfestival.com

La sélection Food de Vera Cycling

Entre deux coups de pédale, Céline Oberlé, créatrice de Vera Cycling et experte en gapettes vélo, nous partage ses meilleures adresses 100 % roubaisiennes pour se régaler. Vous êtes à Roubaix et vous cherchez un endroit sympa pour manger un morceau ou vous désaltérer ? Vous êtes au bon endroit ! Parce que les meilleures adresses roubaisiennes sont un peu secrètes… Moi je vous dévoile mes spots favoris ! Coopérative Baraka Chez Baraka, c’est un peu comme manger à la maison !Une cuisine simple et de saison avec des produits locaux, et toujours une option végé. L’hiver, c’est dedans que ça se passe mais aux beaux jours, direction le jardin de l’autre côté de la rue et ça, c’est le kif ultime, un coin de paradis dans le centre de Roubaix.20 rue de Sébastopol, Roubaix Manger dans le poulailler, sous les arbres du jardin partagé Tocca a Té Une pizzeria responsable, solidaire et engagéeEn plus de vous régaler, vous donnez du travail à des personnes en voie d’insertion professionnelle. Parce que Tocca a Té signifie « à son tour » en italien.135 rue Edouard Vaillant, Roubaix  Les pizzas base blanche avec de la mozzarella produite à Lille, surtout la Speccata Koï Sushi Pour les envies de california rolls, d’edamame et de brochettes bœuf-fromage. Le décor est moderne et l’accueil chaleureux. Et en plus des traditionnels shirashis, sashimis, sushis et autres trucs qui finissent en i, les créations sont aussi belles que bonnes.7 avenue Jean Lebas, Roubaix Des barquettes toute prêtes à emporter, c’est pratique quand on est pressé ! Garden Food Une adresse roubaisienne pour manger healthy et rapide… ou tout doucement. Parce qu’il y a aussi de quoi se poser un bon bout de temps. Elle propose des bowls sucrés et salés à composer soi-même. Il y a aussi des smoothies et d’autres douceurs moins healthy. À emporter si tu es pressé ou sur place pour prendre le temps. Tu peux aussi te perdre dans un nouveau bouquin ou commencer à jouer à un jeu de société avec tes voisins. Cœur : Tu peux composer ton propre Acaï bowl. 7 parvis Saint-Jean Baptiste, Roubaix Tu peux composer ton propre Acaï bowl. Hôtel de France Une institution sur la Grand’Place de Roubaix depuis 1892Au bar-brasserie de l’Hôtel de France, ça bosse en famille pour concocter des plats typiques d’ici : welsh, carbonade, poulet au maroilles. Cœur : Les frites sont faites maison et on y trouve de la bière Kwaremont. 1 Grand’Place, Roubaix Les frites sont faites maison et on y trouve de la bière Kwaremont. Vera Cycling veracycling.fr36 rue du Général Sarrali, Roubaix  

Miéline, le goût du partage

Elle nous accueille par une belle journée de mai, dans son restaurant, « Le restaurant de Miéline » avec le grand sourire et la bonne humeur qui la caractérisent. Elle, c’est Malika, plus connue sous le nom de Miéline, figure incontournable de la restauration à Roubaix. Si elle n’est pas dans son restaurant, c’est probablement parce qu’elle prépare une commande pour un service « traiteur », un atelier cuisine ou le brunch de La Condition Publique (cf. encadré ci-dessous pour plus d’infos). À 42 ans, cette femme passionnée et hyperactive a un secret qui se devine dans son sourire : « jamais de stress quand il s’agit de cuisine », dit-elle. « Chez moi, en Kabylie, on se reçoit sans invitation. Vous avez toujours des gens qui arrivent à la maison à l’improviste alors on fait à manger avec ce que l’on a dans les placards. On ne stresse jamais. C’est la vie de tous les jours ! ». La tchoutchouka fait partie de ces plats simples, faciles à faire et pour lesquels on a souvent tous les ingrédients sous la main. Pour Miéline, c’est un des plats qui lui rappellent le plus la vie quotidienne dans son village de Kabylie. « Ce plat, ça me rappelle mon enfance, la maison de mes parents. Quand je me sers du pilon pour écraser l’ail, le son et l’objet me ramènent immédiatement en enfance, avec ma mère ou mes grandes sœurs en cuisine. Mais c’est aussi important d’utiliser un pilon pour le goût. L’ail doit être écrasé pour ce plat. C’est meilleur ! ». Voici donc la recette de la tchoutchouka telle qu’on la mange en Kabylie. Simple et généreux, c’est un « plat qui se partage » précise Miéline alors que nous étions en train de le déguster avec elle en sirotant un thé à la menthe. Merci à elle et à vous de jouer pour profiter de ce plat délicieux et diffuser la générosité kabyle autour de vous ! La tchoutchouka kabyle (plat végétarien) 4 oignons 4 poivrons rouges 2 courgettes 2 tomates 4 œufs 3 gousses d’ail Coriandre fraiche (4 branches environ) 1 peu de piment (facultatif mais « si on veut faire une tchoutchouka comme en kabylie, c’est indispensable », nous dit Miéline !) Huile d’olive Après avoir lavé les légumes, coupez-les grossièrement. Faites chauffer l’huile d’olive dans une poêle et faites-y revenir à feu vif les oignons et les poivrons pendant 10 à 15 mn (surveillez et baissez le feu pour que les légumes ne brûlent pas) Pendant que les oignons et les poivrons cuisent, hachez la coriandre après l’avoir bien rincée. Écrasez les gousses d’ail dans un pilon. Mettez le tout de côté. Ajoutez les courgettes dans la poêle. Baissez la température à feu moyen si ce n’est pas déjà fait. Laissez cuire environ 10 mn. Ajoutez les tomates, la coriandre et l’ail écrasé (et le piment si vous le souhaitez). Salez et poivrez. Laissez cuire encore environ 10 mn à feu moyen et à couvert. Juste avant de servir, battez les œufs dans un bol avec un peu de sel et de poivre. Ajoutez les œufs battus sur les légumes dans la poêle. Mélangez un peu pour bien répartir les œufs. Laissez cuire à feu moyen quelques minutes, le temps que les œufs battus soient cuits. Servez la tchoutchouka dans les assiettes. Ajoutez un filet d’huile d’olive dans chaque assiette et servez avec du pain. Régalez-vous ! Pour réussir la tchoutchouka comme en Kabylie. Les conseils de Miéline : « Pour faire une Tchoutchouka comme en kabylie, il faut mettre des œufs et le piment. Mais on peut supprimer selon ses goûts ou ses allergies, ce sera bon aussi ! » « Après avoir mis les tomates, l’ail et la coriandre, on n’oublie pas d’ajouter un couvercle pour laisser cuire à couvert ». C’est important pour que la préparation ne perde pas trop d’eau et que les saveurs se mélangent bien. On n’ajoute pas d’épices (sauf le poivre) dans cette recette. « C’est la seule recette de chez moi (Kabylie en Algérie), où l’on ne met pas d’épices ! » On utilise des produits frais et de saison, de préférence. « On peut remplacer les courgettes par des pommes de terre quand ce n’est pas la saison des courgettes». « À Roubaix, pour avoir de bons légumes frais, je vais au marché de l’Épeule chez un maraîcher qui vient de Steenwerck. Sinon, pour les produits d’épicerie, comme les pâtes fraîches par exemple, je vais chez Carlier Vogliazzo, rue de l’Alma. » « La Tchoutchouka, ça se mange avec du pain. Moi, c’est comme ça que je l’aime ! ». « La cuisson dure de 30 à 40 mn. 40 mn, c’est idéal pour avoir la meilleure tchoutchouka ». Où retrouver Miéline à Roubaix ? Les solutions ne manquent pas pour rencontrer Malika, profiter de sa cuisine et de sa bonne humeur ! Dans son restaurant, 2 rue de Lannoy (près de McArthurGlen). Tous les midis de 12h à 14h, du mardi au vendredi. Le mardi et le mercredi, cuisine française ou italienne. Les jeudi et vendredi, cuisine du Maghreb. Sur place ou à emporter. En faisant appel à son service traiteur. Plus d’informations : mieline.com En participant à l’un de ses ateliers cuisine, dans son restaurant, le samedi matin tous les 2 mois mais aussi lors d’ateliers « Zéro Déchet » ou à l’Institut du Monde Arabe. Ces ateliers sont des moments conçus pour transmettre un savoir-faire mais aussi comme un moment privilégié de partage. Les plats élaborés lors des ateliers qui se déroulent au restaurant seront ensuite partagés sur place entre les participants. Plus d’informations : : mieline.com Lors d’un brunch à La Condition Publique, chaque premier dimanche du mois. Sur réservation à La Condition Publique.com  Infos : (voir « Brunch » dans l’agenda)

Where is Pipin ?

In the kitchen ! C’est effectivement dans sa cuisine que vous trouverez Pipin le plus clair de ses journées. Mais pas dans n’importe quelle cuisine ! Une cuisine nichée dans une ancienne chapelle, rue Saint-Jean. C’est dans cette pièce qu’on arrive tout de suite en entrant dans cette « chapelle loft ». Quatre petites fenêtres en forme d’alcôves donnent sur le jardin. C’est bucolique et d’un calme absolu, loin des fracas de la ville. A côté du piano de cuisson, Pipin a installé des plaques électriques amovibles pour accueillir ses élèves d’un jour. Chaque samedi, elle propose un atelier de deux heures pour confectionner un plat thaï. Réservation à l’avance conseillée ! Ce samedi, ils sont neuf à se presser autour des fourneaux, en binôme. On tranche les oignons, les champignons et les lamelles de calamar pour les faire sauter dans le wok à 1 000 degrés. Pipin donne les instructions au fur et à mesure, l’ambiance est détendue, ça cuisine et ça papote gaiement. Ici on vient découvrir l’atelier et on revient souvent ! Des binômes mères-filles – il y a même un bébé qui fait sa sieste bercé par le doux brouhaha et les bonnes odeurs qui émanent des plans de cuisson – , des collègues se retrouvent pour une leçon de « croquant croustillant » façon thaï. Pipin ne se départit jamais de son grand sourire et passe vérifier que tout se passe bien pour chacun des apprentis cuisiniers. Une heure plus tard, ça sent vraiment bon et surprise… la table est dressée dans le salon de la chapelle, baignée de lumière grâce aux magnifiques vitraux dans les tons jaunes, bleus et rouges. Le salon est également une galerie d’art, tenue par le mari de Pipin, Eric Delecourt. C’est un véritable régal pour les papilles et pour les pupilles ! Monique le promet, elle reproduira la recette chez elle. Elle est venue en voisine et habite l’autre partie de la chapelle, juste derrière le mur du salon. Tout le monde repart ravi d’avoir passé un moment suspendu dans un lieu hors du temps. La recette du jour Calamars sautés au basilic thaïKra phera pla muck thaï (en thaï) Ingrédients : 2 calamars 1 grosse courgette 6 champignons de Paris 2 gousses d’ail 1 oignon Basilic thaï frais 10 feuilles de combawa 1 piment rouge (optionnel) 1 cuillère à soupe de pâte de chili ½ poivron 5 cuillères à soupe d’huile de tournesol 2 cuillères à soupe de soja salé 2 cuillères à soupe de sauce huître 2 cuillères à café de sucre blanc   Couper la courgette en ½ lamelles de 1 cm Couper le calamar en 2 puis le ciseler délicatement en tranches de 2 cm Couper grossièrement les champignons Couper le poivron en lamelles Emincer l’ail et l’écraser Couper le piment et l’écraser Ajouter le basilic feuille par feuille Ajouter les feuilles de combava en enlevant la tige du milieu Chauffer la plaque Faire dorer l’huile, l’ail et le piment, ajouter la pâte de piment, mélanger Ajouter la sauce soja, la sauce huître Ajouter l’oignon, le poivron et les champignons puis la courgette ½ verre d’eau Ajouter enfin le basilic et la combava Pipin

Du houblon et de l’audace

Henri-Luc d’Halluin, le fondateur de la Brasserie des Lys, ne cache ni son intention ni son message : fabriquer des bières de caractère, à Roubaix, et le montrer. Cette brasserie revendique son lien au territoire, fière de s’inscrire dans la tradition brassicole locale et forte d’une ambition commerciale innovante. Fin 2024, la Brasserie des Lys reprend la Maison DB, brasserie créée en 2019 : 1 200 m² de locaux, une identité visuelle assumée et une gamme volontairement orientée « premium ». Cette reprise part d’un double coup de cœur de la part d’Henri-Luc d’Halluin, formé professionnel auprès de brasseries trappistes. D’abord pour un outil de production moderne, déjà opérationnel. Ensuite pour son emplacement : au cœur d’un bassin brassicole historique et accessible : « L’outil nous a plu. Le territoire nous a convaincus ». Le nom lui-même traduit cette logique : Lys. En 1860, les villes de Roubaix et de Tourcoing s’associent pour lancer d’importants travaux consistant à capter l’eau d’une rivière, la Lys, qui coule à une dizaine de kilomètres, et de l’acheminer jusqu’aux usines. Un lien à une histoire et à une géographie, mais pas seulement. On retrouve le lys, stylisé, sur les verres de dégustation, mais aussi la fleur de lys, la vraie, intégrée aux brassins pour une signature florale subtile. En parlant du goût, la brasserie a également une exigence : lisibilité et identité nette. La bière sera blonde, maltée et levurée. Ici pas d’« effet collection ». La gamme se lit d’un coup d’œil : la Q8 se décline en simple, double, triple et quadruple. La triple maison a d’ailleurs déjà été couronnée d’une médaille d’or au concours international de Lyon dans la catégorie bières fortes. La gamme Maison DB signe le haut de gamme premium, avec un univers graphique élégant et sérigraphié. Le site de la brasserie n’est pas qu’un site de production : c’est un lieu vivant qui participe par exemple à la Nuit des Arts, et qui accueille, chaque jeudi et vendredi dès 17h30, des afterworks en mode taproom. L’idée est même de créer des soirées thématiques roubaisiennes réunissant les professionnels des technologies de l’information ou du monde du vélo Brasserie des Lys – Maison DB et QHUITwww.brasseriedeslys.fr / www.maison-db.comInstagram : @brasseriedeslys / @maison.db