Catégorie : Audace

e-shop praline et priape

Praline & Priape : un e-shop nommé plaisir

En créant leur e-commerce autour d’objets du désir en février 2018 à Blanchemaille, Élodie Vermast et Maxime Louchart amènent une vision décomplexée d’un marché qu’ils entourent de conseils et d’échanges. Un sujet qui peut sembler léger, mais qui est entrepris avec beaucoup de sérieux. Rencontre avec Élodie, jeune femme affranchie. Formée à la sociologie, l’entrepreneuse constate : « L’univers des objets érotiques est encore mal connu et souvent jugé déviant, là où pourtant le désir existe. Une immense pudeur domine. » Elle et son associé proposent une approche basée sur l’échange. Un chat en ligne permet aux visiteurs de parler, de se renseigner, d’exprimer leurs envies. A eux ensuite d’orienter les suggestions parmi les quelque 800 objets sélectionnés, certifiés Made in France, pour certains bio… Une parole libérée au-delà de l’e-shop Une fois par mois, après inscription de participation sur le site, une dizaine de visiteurs se réunit dans un bar privatisé lillois, accueillie par Élodie. « L’ambiance de ces « P&Plaisir » est cool. Chacun vient par curiosité pour échanger et se faire conseiller de façon soft », explique la jeune femme. Elle est par ailleurs adhérente de la récente association Sex Tech, qui a pour vocation de faire avancer les représentations de la femme et du plaisir, autour de groupes de parole. Illustration du plaisir érotique selon Élodie La série Franckie & Grace « Drôle, fine et dans l’ère de notre rapport à l’érotisme, cette série revendique le fait d’assumer sa sexualité, de réussir à en parler. Et va jusqu’à se lancer dans la création d’un sextoy adapté aux seniors ! » Le livre Sexpowerment de Camille Emmanuelle « L’auteure et journaliste spécialiste des sexualités défend avec détermination et allégresse une vision positive du plaisir sensuel. Avec humour ! » www.pralineetpriape.com

Damart

Un Damart et ça repart

Qui est née à Roubaix pour devenir une figure iconique du monde textile, collectionne les capsules trendy, a 65 ans et ne les fait pas tout ? L’entreprise Damart bien sûr ! Le saviez-vous ? C’est de la rue Dammartin à Roubaix, où elle est née il y a 65 ans, que Damart tire son nom, connu et reconnu en France et dans le monde. Depuis 65 ans, elle invente et réinvente la mode, elle innove sans cesse. Son papa, Patrick Seghin résumait son objectif : « Damart travaille sur différents axes pour habiller les femme : comment les rendre belles, tout en les habillant de manière confortable et élégante. Comment répondre aux besoins et envies spécifiques des séniors ? »  Et pourtant, ce mot « sénior » est pratiquement banni du langage dans les locaux du siège, boulevard de Fourmies. « On est vieux quand on décide de l’être. C’est dans la tête. Je n’aime pas l’estampillage « sénior » voire « vieux », explique avec le sourire le président directeur général. Une journaliste m’a dit un jour que Damart c’est ringard. Mais le message clef en interne c’est modernisation. » Attention : c’est bien modernisation, pas rajeunissement. Si la cible reste « la femme de plus de 55 ans », il faut suivre les tendances. Partick Seghin, directeur général de Damart La femme de 55 ans aujourd’hui n’est pas comme sa mère au même âge. Pour satisfaire à cette nouvelle génération de clientes, Damart se repositionne sans cesse. « Nous sommes ancrés sur le marketing direct. » Avec 180 magasins en France ou en Belgique, un centre d’appels qui n’est pas sous-traité et qui recueille les avis et les besoins des clientes. « Au sein-même du siège, nous avons créé un laboratoire où nous recevons nos clientes tous les deux jours. Elles expérimentent nos produits, elles donnent leur avis et nous donnent même des conseils. » Car c’est une cible qui s’y connaît en qualité et qui apprécie le vêtement qui se garde d’une année sur l’autre. Une clientèle qui reconnaît l’ourlet bien fait et la couture bien droite. Une clientèle aussi exigeante sur la qualité que sur le confort et le style. Ou l’art de mixer les besoins spécifiques des personnes âgées et les tendances du moment. Uniquement la tendance ? Non, ce serait bien trop simple. « La cliente est beaucoup moins dans les codes classiques. Il n’y a plus cette barrière à 55 ans on doit s’habiller comme ça ou non, note Mathilde Pettier, directrice de la commercialisation de l’offre. « Notre cliente veut être tendance mais elle brise les codes. Et, ça, c’est vraiment la nouvelle génération des séniors. » Comme ses clientes, Damart est loin d’avoir dit son dernier mot. Le mantra de Patrick Seghin : « Lorsque tout semble aller contre vous, souvenez-vous que les avion décollent toujours face au vent« . Henry Ford Et quand il se rase le matin ? : « Quand je me rase le matin je me pose deux questions, est-ce que j’apprends et est-ce que je m’amuse ? Tant qu’une des deux réponses est positive ça va, je continue. Sinon il faut oser changer. Ce sont pour moi des valeurs fondamentales. » Damart, une entreprise bien ancrée dans son port d’attache Damart et Roubaix c’est une grande histoire. Au départ, l’entreprise compte trois sites dont l’usine familiale de fabrication. Cette dernière a fermé en 2008 pour relocaliser la production en Tunisie. Aujourd’hui il reste un site industriel et celui de la fosse aux chênes. « Damart et le groupe Damartex, sont tombés dans Roubaix quand ils étaient petits. Il y a une passion du territoire, du terreau et du tissu entrepreneurial que l’on retrouve ici, se passionne le patron Patrick Seghin. le nombre de créateur d’entreprises au m² est sans doute le plus élevé de France. L’entreprise est dans un environnement créatif,où tout le monde est prêt à se réinvestir. La direction et les collaborateurs sont dans une vision d’industriel au long terme et pas dans le profit à court terme. Il faut savoir passer les crises, avoir une capacité à rebondir. Cette capacité c’est un dénominateur commun des entreprises de Roubaix. » Le Thermolactyl ©, pas du tout placide Thermolactyl ©, ce nom tout le monde le connaît : matière technique iconique de Damart qui tient au chaud tout en étant ultra léger. Chaque famille en a dans son placard. C’est donc sur ce savoir-faire unique et cette technicité que Damart entend être une force dans le commerce et capitaliser sur cette innovation. Et plutôt que de se reposer sur ses lauriers, la marque développe sans cesse son petit trésor. La question qui pique : Les Thermolactyl ©, c’est pas ringard ? La réponse de Danièle Delforge, acheteuse sous-vêtement : Ce n’est pas ringard du tout, les clients ont toujours besoin de sous-vêtements et on fait tout pour moderniser notre gamme. La marque a de plus en plus de concurrents qui viennent se positionner sur notre marché. Chez Damart, nous travaillons sur une assimilation de matières pour toucher les nouvelles générations. Notre gamme est ancrée dans l’actualité et la modernité. Nos sous-vêtements ne sont pas « mémérisants ». Si notre public est traditionnel, il est aussi plus jeune. Il y a un réel travail de recherche et de production en interne des étoffes. L’équipe de stylistes a défini les mélanges de fibres. Le travail de la fibre est donc de plus en plus technique. Damart a le besoin de créer de la chaleur avec des textiles qui sont de plus en plus invisibles. Les collabs qui ont du pep’s Pour moderniser son image, quoi de mieux que d’aller chercher les créateurs qui ont le vent en poupe ? Ça, Damart l’a bien compris. De Chantal Thomass à Maison Standards en passant par Andrea Crews, on n’arrête plus les collections capsules. Et pour les 65 ans de la marque, Damart a mis le paquet : stylistes, créateurs, influenceurs… 6 créatifs de talent transportent cette fibre iconique, premier « smart textile » de l’histoire, dans leur univers. Vintage, futuriste, sportwear ou carrément streetwear, ces collections capsules innovantes revisitent le Thermol’ version 2018-2019. Et avec Mademoiselle…
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Mélanie Duret, gérante du camion "On part en vrac"

On part en vrac, pas en vrille

Une épicerie Zéro Déchet itinérante. Voilà ce que Mélanie Duret propose à bord de son camion épuré noir et blanc On part en vrac. Pour consommer différemment, plus local, plus artisanal et en phase avec ses valeurs. En vrac, Mélanie nous livre ses impressions, deux ans après le démarrage de son camion. E comme Enfants C’est la naissance de mes trois enfants (Darius, 9 ans, Lubin, 7 ans et Bertille, 3 ans) qui est à l’origine de ma prise de conscience et de mon envie de mieux consommer. J’ai lu le livre de Bea Johnson Zéro Déchet et j’ai commencé à réfléchir aux produits d’entretien que j’utilisais et à ceux pour laver mes enfants. N comme Nouvelle vie Dans une autre vie, j’étais cadre dans une banque. Après un DUT en gestion des entreprises et des administrations et un IUP marketing vente option banque assurance, j’ai travaillé dans le secteur bancaire pendant 13 ans. La pression commerciale était de plus en plus présente. Quand j’ai commencé à réfléchir à ma façon de consommer, j’ai fait un bilan de compétence en parallèle. Toujours pendant mon congé maternité, j’ai découvert la vente en vrac, j’avais plus de temps pour cuisiner. Et petit à petit l’idée a germé : et si j’ouvrais mon commerce de vente en vrac ? Dans la création de ma petite entreprise, mes connaissances en gestion m’ont bien aidée. V comme Vroum-Vroum ! Quand j’ai commencé à chercher un local, ce n’était pas évident de trouver le bon emplacement, d’autant que c’est très cher dans la métropole lilloise. Et pourquoi pas l’itinérance du coup ? Les frais sont réduits et si cela ne marche pas à un endroit, je peux en changer ! J’ai démarré l’activité en septembre 2017 avec un camion aux lignes épurées et à la déco noir et blanc. Je l’ai agencé comme un magasin. Depuis le mois de juin, un second camion sillonne les marchés de la métropole, et prochainement un triporteur électrique sera présent sur quelques événements Zéro Déchet. R comme Régional Pour l’approvisionnement, je privilégie le local et bien sûr l’artisanal. Mon camion vient par exemple d’Hazebrouck, les bocaux qui contiennent les produits de Luminarc dans le Pas-de-Calais. Le café provient de Tourcoing, le nougat de La Madeleine et le savon des environs de Gravelines. Même pour la communication, j’ai privilégié une agence roubaisienne, Les lunettes bleues. A comme Alimentaire mais pas que ! Dans mon camion, je vends tout ce qui est alimentaire bien sûr : thé, café, céréales, confiture, miel, cacao en poudre, fruits secs, biscuits, épices, huiles, farines, pâtes, légumes secs, riz… Mais on trouve aussi du savon, du shampooing solide, du déodorant, du dentifrice, du savon noir, du liquide vaisselle, … Sans oublier tous les indispensables du Zéro Déchet : sacs en tissu, bocaux, gourdes, mouchoirs en tissu, … C comme Circuit de diffusion Avec mes deux camions, je suis présente sur 14 marchés et 33 points de retrait dans la métropole lilloise. Je propose à mes clients un rendez-vous hebdomadaire. Mon activité est très complémentaire de celle des marchés et j’apprécie vraiment cette démarche d’aller vers les gens. J’ai le temps de discuter avec mes clients. Le camion en lui-même attire parfois les curieux et la conversation s’engage, c’est très enrichissant. En drive aussi Pas le temps de passer au marché ? Pas de panique, On part en vrac propose désormais ses services en drive : On passe sa commande en ligne   On retire sa commande dans plus de 15 points de retrait dans la métropole lilloise et même un en Belgique ! onpartenvrac.com

Jérôme, Matthieu et Mathias, collectif de micro-brasseurs Brewbaix

I love BREWBAIX

Pour le collectif de micro-brasseurs Brewbaix, la bière*, c’est bien plus que de l’eau, du houblon, du malt et des levures… La recette de leurs petites mousses maisons ? De la passion, du plaisir à partager et une créativité joyeuse, typiquement roubaisienne. Comme trois pictos, leurs bobines sont imprimées sur les étiquettes qui habillent les bouteilles sortant de leur brasserie artisanale. Jérôme, Matthieu et Mathias revendiquent fièrement les bières qu’ils prennent plaisir à imaginer et brasser ensemble. Mais comme les trois mousquetaires, ils sont quatre, avec Christophe, le gentil traiteur qui héberge les cuves et tout le matos brassicole. Tombés dans la mousse Avant de se réunir sous la marque commune Brewbaix, chacun a appris à brasser dans l’arrière-cuisine ou le garage, avec un kit pour débutant, aidé d’un livre ou en cherchant des recettes sur internet. « J’aime bricoler, faire à manger, faire des choses par moi-même en général », raconte Matthieu, éducateur de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ). Jérôme, négociant en vin dans le civil, ne voit aucun problème à passer de la vigne au houblon. « La bière offre davantage d’occasion d’être moderne et créatif ! », s’enthousiasme-t-il. « Pour le reste, il existe de nombreuses similitudes. Nez, goût, visuel… Pour moi, le visuel est très important. J’apprécie les bières un peu troubles. » © Didier Alkenbrecher © Didier Alkenbrecher © Didier Alkenbrecher © Didier Alkenbrecher Un ancrage roubaisien Pour les trois compères, tous originaires de Dunkerque mais roubaisiens d’adoption et de cœur, Brewbaix sonnait comme une évidence. To brew, brasser en anglais, apporte une touche de modernité. Quant au Baix de Roubaix, il affirme haut et fort son ancrage local. Matthias, graphiste dans la vraie vie, a conçu le logo Brewbaix. Simple, basique. Mais diablement efficace, avec son clin d’œil au street-artiste Roobey. Les étiquettes sont belles, graphiques et colorées. « Pourquoi ne pas demander à des artistes roubaisiens d’en créer ? » La volonté de multiplier les collaborations est bien là. « On est en contact avec un ancien brasseur de la rue du Luxembourg. Nos bières sont présentes à La Bobine, au bar de la Condition Publique, lors d’événements, comme récemment Paris-Roubaix Challenge, ou la Bloc Party des ateliers RemyCo… » A la fin du XIXe siècle, Roubaix comptait pas moins de 20 brasseries. Brewbaix est la première qui fait renaître la tradition brassicole locale. Moins de sucre, plus de goût Comment devenir expert en bières au point d’en créer soi-même ? En en goûtant un maximum pardi ! « C’est important d’élargir sa palette aromatique », justifient nos trois brasseurs, guidés par une curiosité sans limite. Leur best-seller est actuellement la Hystrix, aux feuilles de combava, qui apportent une note fraîche et citronnée, parfaite pour les beaux jours. « Tout peut nous inspirer, rien n’est impossible », expliquent-ils. Pour obtenir la bière qu’ilsapprécient (et non celle qui plaît à tout le monde), les brasseurs sont prêts à tout. S’il faut aller cueillir 40 kilos de mûres sauvages pour un brassin de 200 litres d’une mousse subtilement acidulée, aucun problème… Mo-ti-vés ! « Nous avons à coeur de proposer des bières de qualité, plutôt légères, peu sucrées, pas trop alcoolisées, mais avec du goût, surtout. » Prochain défi : le vieillissement dans un fût de bois qui a contenu du cognac. A découvrir avec délectation. Rien ne se perd, tout se transforme Ceci n’est pas une boulangerie, une boulangerie à Croix, fournit à Brewbaix une partie des pains invendus, qui sont intégrés dans le brassage d’une de ses bières. Dans une logique Zéro Déchet, les résidus de malt des brassages, les drêches, deviennent les ingrédients d’un pain. Un partenariat exemplaire ! Facebook Brewbaix *L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.