Jour : 23 décembre 2020

Faites entrer l’accusé

Il a commis la dernière de couverture de cet Alternatif. Extrait d’un interrogatoire musclé, au cours duquel le peintre Jigé nous dit la vérité, rien que la vérité. Vous êtes connu sous le pseudonyme de Jigé. Veuillez s’il vous plaît décliner votre véritable identité. Mon nom est Julien Gaquere, né il y a 33 ans à Dunkerque, d’une mère comptable et d’un père vendeur de fruits et légumes. J’ai une sœur et un frère. Où étiez-vous le 4 décembre 2017 ? A la concession Volkswagen de Lambersart où je vendais des voitures depuis bien trop longtemps. C’était le lendemain de la Braderie de l’Art, où mes œuvres rencontraient un certain succès. Je me revois dans le bureau de mon chef, en train de remettre ma démission. Ma décision était mûre depuis longtemps. Je ne voulais plus de patron, mais un maximum de liberté pour être plus en accord avec qui j’étais. On vous a vu comploter en 2019 avec Camille Plard et Jean-Charles Huvelle. Ça ressemble à une bande organisée. Qui sont vos complices ? Dites-nous tout. Oui je plaide coupable. En 2019, Camille Plard de By Lelicam [Alternatif #4] et moi avons conçu une collection textile Zéro Déchet. J’ai dessiné les motifs, Camille a cousu les articles : un étui à sandwich et un sac à tarte pour éviter l’alu, un totebag pour éviter le plastique… Cette série limitée était en vente sur Etsy notamment. Et c’est Jean-Charles Huvelle de Tissus Papi [Alternatif #1] qui nous a permis de faire imprimer le tissu. Quand et où avez-vous agi pour la dernière fois ? Etait-ce prémédité ? Si vous parlez de Solid’Art qui s’est tenu à Lille, j’avoue, mais je n’étais pas seul sur le coup. En trois jours, mes complices et moi avons vendu pour 250 000 €, dont 125 000 € ont été reversés au Secours Populaire. Mais mon dernier coup de maître, c’est une fresque installée sur le fronton du Colisée pour un an, un cœur géant qui vient aussi habiller les programmes de la saison. Photos : Anaïs Gadeau Ceci est un lot de Poscas. Il s’agirait de l’arme utilisée lors des faits. Reconnaissez-vous ces feutres comme les vôtres ? Ok vous m’avez piégé. Ce sont bien les feutres Poscas que j’utilise pour mes petits formats. Pour les plus grands j’utilise de la peinture acrylique. Je commence aussi à travailler les collages, la sculpture… Je ne m’interdis rien, d’autant que je suis sur un énorme projet d’expo-installation, qui devrait créer l’événement. Ça se passera à Roubaix… évidemment. Fin 2021 si tout va bien. Quelles sont vos réelles intentions ? Votre mobile ? J’ai besoin de cracher les 10 ans de ma vie où j’ai pratiqué le commerce. Je veux dénoncer la surconsommation, déclencher une prise de conscience. La passion nous fait parfois commettre l’irréparable. Vous aimez Roubaix et avez disjoncté… Avouez ! Mon premier job était vendeur à L’Usine. En avril 2018, j’ai intégré les Ateliers Jouret, que j’ai quittés depuis. Tout me ramène à Roubaix. Les artistes y sont chouchoutés, mais surtout ils sont libres. Votre verdict ? Jigé… coupable ou no-coupable ? Crédit photo : A.GADEAU – Ville de Roubaix Facebook Jigé

Hub VS Goulot

Un après-midi d’automne…Rendez-vous est pris à la Bobine* pour un duel (amicla) au soleil en terrasse. A ma gauche, Myriam défend les couleurs de la brasserie Hub. A ma droite, Simon roule pour celle du Goulot. Du décapsulage à la première gorgée de bière**…Opération dégustation ! Myriam : La trêve Simon : La voisine*** Elaborée et brassée à Roubaix par la microbrasserie HUB, cette bière arbore un look sobre et graphique. L’étiquette aux couleurs douces affiche fièrement l’attachement au patrimoine de la ville de Roubaix. J’aime le clin d’œil au style Art Déco, avec le célèbre vitrail du musée La Piscine, situé à deux pas. En la versant dans son verre, une robe de couleur or légèrement troublée se découvre. La mousse épaisse et crémeuse laisse une dentelle agréable sur les parois du verre. Maintenant que les pupilles sont conquises, il ne reste que les papilles ! Brassée avec des houblons alsaciens, elle surprend par son goût subtil de fruits rouges et de caramel, mais avec une légèreté très agréable en bouche. C’est une bière qui enrobe le palais, ronde, qui a du corps. Avec son amertume bien marquée, je conseille de la boire très fraîche afin d’en apprécier tous les arômes. Brassée par HUB (Hoppy Urban Brew), microbrasserie urbaine, responsable et inscrite dans une démarche Zéro Déchet, cette bière Pale Ale « à la française » est idéale pour les amateurs comme pour les curieux, invitant à une pause fraîche et légère… le temps d’une Trêve. Facebook Brasserie hub Première imPRESSION     Qualités esthétiques          Qualités gustatives      Conclusion Direction la Brasserie du Goulot, dernière-née dans le paysage brassicole roubaisien. En « temps normal », on peut s’y retrouver en afterwork… Et admirer la salle de travail, avec ses cuves d’empattage, ses fermenteurs et son enfuteuse (oui je me la pète). Un design sobre et élégant (à l’image de la déco de la brasserie).Un descriptif prometteur : « Jolie Blonde »… Place au rituel pré-dégustation : « Pshiiit, Glou glou glou, Bzzz ». Ah le bruit du bonheur ! Et que dire de cette vue : une robe claire et une mousse consistante. 6,5° au garrot, je goûte ! C’est bien ce que je pensais : une délicieuse bière blonde plutôt ronde avec des notes de céréales. Une bière bien équilibrée grâce à ses notes d’agrumes et la légère amertume du houblon en fin de bouche (merci le citron). Une bière légère à déguster très fraîche, en extérieur et en été (c’est aussi recommandé le reste de l’année !). Le petit bonus : proposez à votre voisine de vous accompagner… Après tout, une bouteille de 75cl, ça se boit à deux, non ? Facebook Brasserie le Goulot * Office de Tourisme de Roubaix ** L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération. *** En 2022, rebaptisée La Renommée.