Catégorie : Sport

Seydi Coupé, élevé par Roubaix

Champion d’Europe, champion de France professionnel, douze combats pour douze victoires : Seydi Coupé trace une trajectoire aussi droite que ses crochets. Derrière le surnom de « Matraqueur », un boxeur formé à la dure, forgé dans les salles roubaisiennes et porté par toute une ville. « J’ai grandi ici, j’ai été élevé ici, je m’entraîne ici. Roubaix, c’est la ville qui m’a fait réussir », lâche-t-il simplement. Il suffit de l’entendre pour comprendre que rien, dans son parcours, ne s’est fait ailleurs. À 28 ans, Seydi porte la fierté roubaisienne jusque sur le ring, à coups de poings précis, d’endurance et de caractère. Le matraqueur Le surnom lui colle à la peau. « Sur le ring, je suis celui qui matraque », explique-t-il avec un sourire tranquille. Pas d’esbroufe, mais une boxe frontale, disciplinée, qui use ses adversaires jusqu’à l’ouverture fatale. Ceux qui l’ont vu combattre à la salle Watremez se souviennent : des centaines de supporters debout, une ambiance électrique, et cette impression de voir un champion porté par sa ville. Car Roubaix n’est pas seulement le décor. C’est le carburant. « Lors de ma dernière victoire ici, j’ai senti une vraie solidarité. Le public était avec moi du début à la fin. » Un lien presque organique entre l’athlète et sa ville : il frappe pour lui-même, mais aussi pour tous ceux qui s’identifient à son parcours. Héritage et travail La boxe, chez les Coupé, est une histoire de famille. Son frère, Djibril, l’a mis sur la voie. « C’est lui qui m’a entraîné dès le début. J’ai toujours été admiratif de son parcours », nous confiait-t-il il y a quelques mois. Une admiration transformée en détermination. Pas de promesse, juste du travail. « Je n’ai jamais pensé avoir plus de talent que les autres, mais j’ai toujours été un acharné. » Ce travail paie : après sa victoire face à Thomas Faure pour le titre EBU Silver, Seydi a rejoint le top 40 mondial de la WBC. La prochaine étape ? Se rapprocher d’un titre mondial, porté par un palmarès sans accroc, en enchaînant les combats jusqu’à obtenir la plus recherchée des ceintures.  Rester un exemple Pourtant, derrière les titres, Seydi garde la même humilité. Un modèle discret, mais inspirant, pour les jeunes Roubaisiens. « J’ai envie de leur dire de croire en leurs rêves, peu importent les difficultés. » Des mots simples, mais portés par une expérience tangible : celle d’un enfant de Roubaix devenu champion sans jamais quitter sa ville. Roubaix l’a vu grandir, s’entraîner, triompher. Aujourd’hui, elle le regarde viser plus haut. Et quoi qu’il advienne, Seydi Coupé restera ce qu’il a toujours été : un boxeur élevé par Roubaix. Seydi Coupé

RCRWF : Collectif au féminin

Le Racing Club Roubaix Wervicq Féminin (RCRWF), c’est un club 100% féminin, né en 2018, qui aligne aujourd’hui près de 9 équipes, pour 200 licenciées, de 6 à 36 ans. Un choix rare dans le paysage amateur français. Un collectif rose et noir qui a aussi choisi de faire rimer football avec inclusion. Qu’on se le dise : les nouveaux visages de Roubaix sont également féminins. À Roubaix, le RCRWF s’entraîne et joue sur le terrain du Vélodrome. Tout un symbole : cet écrin mythique de Paris-Roubaix accueille aussi l’arrivée de la version féminine de la course cycliste, créée en 2020. Sur cette pelouse, les Roubaisiennes avancent à leur rythme, match après match, sans se comparer aux mastodontes du foot pro (pour l’instant…). En attendant, l’énergie est là, brute, sincère, contagieuse. L’objectif initial était simple mais audacieux : non seulement instaurer un cadre de qualité pour les joueuses, mais aussi gravir les divisions, jusqu’à se hisser dans les championnats fédéraux. Aujourd’hui l’équipe D3 a atteint la première place du championnat qui assure sa montée en D2 en fin de saison. L’équipe a accédé la saison passée aux 16es de finale de Coupe de France et s’est inclinée face au Paris FC (2e de D1 Arkema). Les succès s’enchaînent mais le club va encore plus loin : en plus d’accueillir des jeunes joueuses dès les U6, de former des équipes U12, U15, U18 et seniors, il a ouvert la première section de cécifoot féminin du pays. Un projet pionnier, mené en partenariat avec l’Institut des Jeunes Aveugles de Lille (IJA) et Toussaint Akpweh, sélectionneur de l’équipe de France masculine de Cécifoot et Champion Olympique des JO de Paris 2024. Toujours avec la même conviction : personne ne reste sur le banc. « Quand on voit nos joueuses malvoyantes marquer, on comprend ce que veut dire le mot collectif », raconte une éducatrice. « Notre ambition, c’est que chaque fille puisse jouer, peu importe son âge, son niveau ou sa condition » Jean-Baptiste Gallen, président du club et moteur infatigable de l’aventure Le RCRWF, c’est Roubaix comme on l’aime : populaire, audacieuse, inclusive. Une équipe qui incarne une belle alternative dans le paysage du football féminin : un club créé, structuré, ambitieux et local. Son ascension fulgurante raconte l’histoire d’un projet bien mené, d’un collectif mobilisé et d’un territoire qui s’en empare. RCRWFwww.rcrwf.football

Construire l’e-sport autrement

L’e-sport fait partie du paysage culturel. S’il brille souvent à travers les grandes compétitions internationales, une autre réalité prend forme : celle d’une discipline empreinte de résilience, riche en potentiel et animée d’une grande vitalité. Telles sont les valeurs de la structure roubaisienne RPV e-sport. Fondée par Dimitri Jean-Baptiste, elle repose sur une idée simple : offrir un cadre sain et formateur à celles et ceux qui souhaitent s’investir dans l’e-sport, sans forcément viser le très haut niveau. Dimitri découvre l’e-sport sur la franchise Rainbow Six Siege, où il progresse vite. Mais en rejoignant différentes équipes, il réalise que le manque d’encadrement nuit souvent à l’évolution des joueurs. Certains arrêtent, découragés. « J’ai commencé à jouer dans des mixtes où je ne connaissais ni les joueurs, ni la structure qui m’encadrait. Je me suis rendu compte, au fil de mes expériences, de ce qui n’allait pas. J’ai vu des joueurs talentueux arrêter à cause d’un mauvais management. J’ai voulu construire quelque chose à mon image, en accord avec mes valeurs, qui me permettrait de développer des talents, de les accompagner, pourquoi pas jusqu’au sommet. » C’est ainsi que naît RPV. Ici, les joueurs sont accompagnés, écoutés, encouragés. Roubaix, un terreau favorable Originaire de la région parisienne, Dimitri choisit Roubaix pour lancer RPV. Il y découvre un environnement propice. « J’y ai trouvé beaucoup plus d’opportunités et de mains tendues. Loin des clichés qu’on peut voir un peu partout. » Cette énergie locale correspond parfaitement à l’esprit de la structure, qui valorise l’entraide, le travail collectif et l’ancrage territorial. Car pour Dimitri, comme pour beaucoup de passionnés, l’e-sport ne se limite pas à la compétition. C’est aussi une quête identitaire. Un maillot, un écusson qui rassemble autour d’une vision commune. Cette énergie se retrouve dans son staff, notamment du côté de la communication. Manon, par exemple, a rejoint l’aventure par curiosité. En quelques semaines, elle a bâti toute la stratégie de communication de la structure. Chez RPV, le dépassement de soi est central. Vers un E-Sport plus accessible « On a une équipe académique, avec de jeunes joueurs très talentueux mais qui ne sont pas encore mûrs pour la compétition. Ils ont besoin d’un cadre pour évoluer. On croit en eux. » Ce modèle va dans le sens des récentes évolutions du secteur. Riot Games, par exemple, propose désormais des formats de tournois plus ouverts sur League of Legend, Valorant et Teamfight Tatical, afin de permettre à tous de tenter leur chance. RPV eSport s’inscrit dans cette nouvelle génération de structures plus inclusives, plus humaines, plus proches du terrain. C’est ici, à Roubaix, que l’e-sport invente l’un de ses futurs possibles. RPV ESPORT